‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 23 sur 215 · PRIERE NAIVE · texte numérisé non relu

PRIERE NAIVE

Voici mon âme bien méchante Seigneur, et voye\ si je puis Comme un petit oiseau qui chante Entrer dans votre Paradis.

Pour vous j^ai délaissé mes fleurs Et l'or de mes vaines parures.

Et j'ai dit les chansons très pures Afin de vous plaire, Seigneur.

Cependant, quand on a connu L'orgueil des choses de la terre, Les douces chaînes du mystère Et les symboles ingénus

Font trembloter l'âme qui songe Aux folles joies du lendemain.

Mais le seul geste de vos mains Fana mes roses de mensonge.

Enfin vous ave:{ eu pitié De la petite enfant perdue.

Et la voici tout éperdue Mon Dieu, de votre charité.

Oh donne!(-lui la patience D'attendre la divine aurore Avec la sainte confiance Des bons dont la bonté s* ignore!

UAME EN EXIL

Quel pays même ensorcelé Aura la langueur infinie De tes vieux clochers désolés.

Petite ville à Vagonie;

Et quelle Reine aura la voix De la douce Enfant dont je rêve t.,.

Seule elle parle d'autrefois.

Et seule elle connaît mon rêve.

Pourquoi fuir cet exil amer Mais qui m'enchante tout de même, Alors que les voix de la mer Étoufferaient les chants que j* aime?

J'entends bien vos tristes conseils Orgueil, qui déchire!^ mon âme, Mais je préfère le sommeil Aux vaines gloires qui réclament,

Comme de pauvres orphelins.

Mes vœux et mes désirs candides :

Laisseif-moi suivre les chemins Avec Son Amour comme guide;

Ne me parle:ç plus de l'ennui Qui règne sur ma ville morte, J'ai clos sur mes songes la porte De l'espoir et la douce nuit

Où doit vaguer Vâme lassée M'enlise avec des soins pieux,..

Ah, que mon cœur mystérieux Vive en la paix de ses pensées !

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