TOTO
Revue des revues. Le numéro de février de VErmitage nous apporte le sommaire suivant : P. Berihon, la Décoration mo.
deme; Alber Jhouney, Vers ; R Boylesve, les Belles foUes d'écho ; Maffre de Baugé, la Veillée d'armes ; Edm. Pilon, Ad, Retté; Ad. Retté et Yebel, Vers\ S. des Gâchons, le Prince naïf.
Le Mercure de France publie la préface au livre de Jamblique sur les Mystères, de Pierre QuJUard, ainsi que des vers de Jhouney, Lorrain, Retté.
Notre ami Ch. Van Lerberghe, qui avait gardé pendant trop longtemps un silence regretté, vient de donner à la petite Stella quelques phrases mélodieuses, prose ou vers, intitulées : V Initiation matinale.
Dans la Société nouvelle, Georges Eekhoud étudie la pléiade shakespearienne, tandis qu*Emile Verhaeren casse des mots avec une furie insensée.
Le Magasin littéraire et la Revue générale publient des articles de Henry Bordeaux et de Firmin Vanden Bosch. A lire aussi la Nervie, Durendal, l'Art jeune et
Pages d'art et de science^ dont quelquesunes sont consacrées à une étude intéressante de Maurice Cartuyvels sur la personnalité d*Iwan Gilkin.
La Revue blanche est devenue bi- mensuelle mais n'a pas changé de couleur. A signaler la traduction de lettres d'Edgar Poe et une variation de Stéphane Mallarmé sur TAction, débutant par ces vers courroucés :
PETIT AIR (guerrier)
Ce me va hormis l'y taire Que je sente du foyer Un pantalon militaire A ma jambe rougeoyer
L'invasion je la guette Avec le vierge courroux Tout juste de la baguette Au gant blanc des tourlourous
Nue ou d'écorce tenace Pas pour battre le Teuton Mais comme une autre menace A la fin que me veut-on
De trancher ras cette ortie Folle de la sympathie
Les revues étrangères du mois se sont beaucoup occupées du mouvement littéraire belge.
Dans notre prochain numéro nous donnerons quelques extraits d'un article du professeur Van Hamel paru dans le Gids d'Amsterdam.
Pour le moment, traduisons quelques appréciations que M. Gérardy a déposées dans VAllgemeine Kunst-Chronik :
c( Camille Lemonnier, un des plus étonnants ouvriers de la prose française, haute et magnifique personnalité artistique, plus artiste que Zola, porte-drapeau de la littérature belge.
Georges Eekhoud, le Flamand, qui écrit comme Jordaens et Teniers peignaient.
Edmond Picard, grand orateur, magnifique tribun; un des plus hardis juristes de l'époque, et, à certaines heures (1111) délicat écrivain au style miroitant comme un prisme, w
La pléiade des psychologues wallons, parmi lesquels Demblon et Olin.
Les auteurs dramatiques. Charles Van Lerberghe, qui « a jeté par la fenêtre les nippes qui encombraient la scène française pour les remplacer par les décorations sévères de son goût, personnifie l'esprit
germanique qui a renversé — d'un trait — toutes les productions de Tesprit latin parvenu au terme de son évolution artistique ».
a Maeterlinck, auquel on a fait beaucoup de reproches, ce qui prouve quMl a apporté beaucoup de neuf. — Ses personnages ne sont d'aucun temps ni d'aucun pays : ce sont des abstractions de l'homme, le type absolu de l'homme tel que se le représen* taient Platon, Duns Scott et les réalistes moyenâgeux. L'émotion que donnent ses petits drames pour marionnettes est pro- ■ fonde au delà de toute expression. »
Richard Ledent. D'une grande puissance tragique.
EmileVerhaeren. Un des premiers poètes lyriques de Tépoque.
Giikin procède de Baudelaire, et Giraud, de Théodore de Banville.
Georges Khnopff, le frère du grand peintre, publié et inédit, et Grégoire Leroy de grand talent dont les œuvres vont sans doute paraître. »
Cette nouvelle du Moniteur :
M. A. Beernaert, ministre d'État, président de la Chambre des représentants, et M. Ch. Cardon sont nommés membres de la commission directrice des musées royaux de peinture et de sculpture de TÉtat, en remplacement de MM. Slingeneyer et Delebecque, décédés.
Beernaert? Est-ce celui dont la sœur a tant de talent? ■
Une pensée d'I.Will.
« Parfois — rarement — entre femmes, on va loin.
Une erreur de typographie nous a fait imprimer, dans le numéro de janvier der-
nier, au bas du sonnet L'Apôtre, la signature inexacte : Ch. Descamps. L'auteur de ce sonnet est M. le chevalier Edouard Descamps.
VTV
Bulletin bibliographique :
Maurice Donnay. — Le Prince naîf.
Strindberg. — Père. Le Paria. Traduction de Loiseau, avec une lettre d'E. Zola.
J. de Marthold. — Le Jargon de Fr. Villon.