MANSUÉTUDE
Mon frère, épargne-moi^ puisque je ne t" envie Ni ton butin sanglant, ni ta lutte sans trêve. Ce monde est un mirage^ une bulle qui crève; Je méprise ce songe et dédaigne la vie.
Vois ! mon âme au désir ne s'est point asservie. Que craindre d*un enfant qui s'isole et qui rivet Je te cède ma part d'une ivresse trop brève; Laisse à ses pâles fleurs ma jeunesse ravie.
Ta clémente pitié ne m'est pas une offense.
Aime-moi : ma faiblesse est ma seule défense; J'ai ceint mes longs cheveux de divines corolles.