LITANIES D'AMOUR
J E lui disais souvent : vous êtes ma Madone Et mon àme est un lis d'argent que je vous donne.
J'ai pleuré mes péchés comme font les pécheurs Et je suis maintenant digne de vos blancheurs.
J'ai le ferme propos, le propos salutaire De ne plus retomber en péché volontaire.
Je ne veux plus aimer d'autre vierge que vous Et suis l'enfant de chœur qui vous sert à genoux.
Je suis l'enfant de chœur qui passe, qui s'incline Sous votre souvenir vêtu de mousseline.
Quelquefois je vous donne, et cela m'est charmant, Des noms de litanie avec recueillement.
Je voudrais bien encore appuyer sur les pointes De vos souliers brodés, appuyer mes mains jointes.
Et j'enluminerai selon le rituel
Un poème d'amour qui vous soit un missel,
Un missel où, parmi de longues banderoles,
Des strophes tout en fleurs ouvriront leurs corolles.
Où vous verrez, sous l'or fluide des ciels fins. Mes aveux prosternés comme des séraphins,
Où je vous vêtirai d'une robe de moire
Pour que le temps futur vous garde en sa mémoire,
Et qu'à vous voir si belle entre des rameaux verts Sur le mystique autel qu'auront bâti mes vers