‹ La jeunesse blancheChapitre 25 sur 72 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

Les rangs d'arbres plissaient dans le brouillard des voiles En processionnant à l'horizon qui fuit; Et le cortège blanc des divines étoiles Écoutait le Silence et regardait la Nuit.

A peine entendait-on en de lointaines rues Les pas lourds d'un veilleur ou l'aboiement d'un chien, Et toutes ces rumeurs incessamment décrues Évoquaient une eau morte où l'on ne voit plus rien.

Et je restais longtemps, debout, sous vos croisées, Et mes yeux fatigués s'amusaient à saisir Le caprice des fleurs de fonte entrecroisées Aux dessins du balcon où montait mon désir.

Et me sachant tout prè s de vous dans la nuit calme. J'imaginais qu'un peu de mon âme en émoi Devait aller vers vous avec un bruit de palme Et qu'en ce moment-là vous rêveriez de moi 1

Page 1