‹ La jeunesse blancheChapitre 37 sur 72 · BÉGUINAGE FLAMAND. B · texte numérisé non relu

BÉGUINAGE FLAMAND. B

Oh î le bonheur muet des vierges s'assemblant I Et comme si leurs mains étaient de candeur telle Qu'elles ne peuvent plus manier que du blanc, Elles brodent du linge ou font de la dentelle.

C'est un charme imprévu de leur dire « ma sœur » Et de voir la pâleur de leur teint diaphane Avec un pointillé de taches de rousseur Comme un camélia d'un blanc mat qui se fane.

Rien d'impur n'a flétri leurs flancs immaculés, Car la source de vie est enfermée en elles Comme un vin rare et doux dans des vases scellés Qui veulent, pour s'ouvrir, des lèvres éternelles !

Cependant, quand le soir douloureux est défunt, La cloche lentement les appelle à compiles Comme si leur prière était le seul parfum Qui pût consoler Dieu dans ses mélancolies !

Tout est doux, tout est calme au milieu de l'enclos; Aux offices du soir la cloche les exhorte, Et chacune s'y rend, mains jointes, les yeux clos, Avec des glissements de cygne dans l'eau morte.

Elles mettent un voile à longs plis; le secret

De leur âme s'épanche à la lueur des cierges ;

Et, quand passe un vieux prêtre en étole, on croirait

Voir le Seigneur marcher dans un jardin de Vierges I

Et l'élan de l'extase est si contagieux, Et le cœur à prier si bien se tranquillise, Que plus d'une, pendant les'soirs religieux, L'été, répète encor les Ave de l'église.

Debout à sa; fenêtre ouverte au vent joyeux. Plus d'une, sans ôtersa cornette et ses voiles^ Bien avant dans la -nuit, égrène avec ses .-yeux Le rosaire aux. grains d'or des priantes étoiles!

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