LA VILLE DU PASSE
Soleil de la Jeunesse aux blessures saignantes Tu meurs ou tu t'endors aux bras noirs de la nuit ! Et dans le navrement de ces heures poignantes Le vol effarouché des Rêves blancs s'enfuit.
La ville du Passé s'efface ainsi qu'un rêve Sous la brume qui tremble en d'invisibles doigts, Mais un faisceau confus de Souvenirs s'élève Par delà le sommeil des pignons et des toits :
Campanilles ! clochers des choses de l'enfance, Dômes de la jeunesse ou l'Idéal s'endort. Beffrois, triomphateurs de la nuit qui s'avance Avec les boucliers de leurs grands cadrans d'or,
Tourelles de granit dominant les rafales. Toujours debout, chantant le Passé souverain, Et déléguant vers nous leurs cloches triomphales Qui traversent le ciel dans leurs robes d'airain !