LES SOLITAIRES. II
Alors il intercède : « O vous les jeunes filles Venez donc! aimez-moi! mes rêves vous feront Des guirlandes de fleurs autant que les quadrilles... » Elles répondent : non ! et lui part sous l'affront.
« Vous, mes sœurs, ô pitié ! vous les veuves lointaines. Qui souffrez dans le deuil et dans l'isolement ! Mes larmes remettront de l'eau dans vos fontaines. Et votre parc fermé fleurira brusquement... »
Non encor! — « Vous du moins les grandes courtisanes Portant dans vos cœurs froids l'infini du péché, Mes voluptés vers vous s'en vont en caravanes Pour tarir votre vice ainsi qu'un puits caché... »
Mais leur appel se perd dans la neige et la pluie ! Et rien n'a consolé de leur tourment amer Ces martyrs d'idéal que leur grande âme ennuie Et qui vivront plaintifs et seuls — comme la mer !