‹ La jeunesse blancheChapitre 54 sur 72 · RENDEZ-VOUS TRISTES · texte numérisé non relu

RENDEZ-VOUS TRISTES

Le soir triste descend, tandis que les gouttières Sanglotent, et tandis que de grands corbillards Élégiaquement, vers les blancs cimetières, Leurs lanternes en feu, s'en vont dans les brouillards.

On tombe tout à coup à des mélancolies Si mornes, qu'on voudrait s'en retourner chez soi Ou bien dans une église où l'on chante compiles Entrer et raccrocher des lambeaux de sa Foi !

Et voici qu'on allume au loin les réverbères — Non ! on ne l'aime pas, celle qui doit venir! — Et voici que là-bas les vices impubères S'accouplent dans le noir que le gaz va jaunir.

On voudrait s'enfuir vite et rentrer dans sa chambre, Avec des haut-le-corps, quand on songe au roulis Des fiacres cahotant, dans le froid de novembre, Des amours de hasard sous leurs rideaux salis I

Oh ! les baisers furtifs dans l'ombre des impasses 1 Tout le passé revient : les mobiliers d'hôtel. Les noms prostitués égratignant les glaces, Et l'on songe en pleurant que le cœur devient tel,

Plein de charbons éteints, de tentures fanées, Et qu'aux heures de spleen, quand nous y retournons, Nous en trouvons aussi les chambres profanées Et le miroir d'amour tout balafré de noms !

mi^.

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