‹ La jeunesse blancheChapitre 69 sur 72 · LA PASSION · texte numérisé non relu

LA PASSION

J E dis comme le Christ au Jardin des Olives : « O Seigneur, mon âme est triste jusqu'à la mort! » Ayant beaucoup souffert, je n'ai pas de remord. Quand je trouve, le soir, que mes mains sont fautives.

Parfums de Madeleine, où vous répandez-vous? Il est enfui le temps où ma belle Jeunesse Passait — comme Jésus monté sur une ânesse Et sentant des rameaux caresser ses genoux.

Seigneur ! J'entends hurler une foule barbare !

Déjà plus d'un Judas m'a baisé sur le front

Et je sens dans mon cœur que ma Croix se prépare.

Mais, pour souffrir la haine et supporter l'affront, Seigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre Dans la mélancolique éternité du Livre.

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