‹ La jeunesse blancheChapitre 7 sur 72 · LE BERCEAU · texte numérisé non relu

LE BERCEAU

Car il sait comme nous que les pauvres sœurs frêles

Gisent mortes, dans leurs caveaux, Lui qui les aimait tant et qui comptait sur elles Pour voir, un soir d'été, comme des tourterelles, Lui venir des enfants nouveaux.

Puisqu'il en est ainsi, quoique seul et morose,

Moi je t'honore, mon berceau !

Et le temps ressuscite où dans la chambre close Tu dormais près du lit tel qu'une barque rose Qu'on amarre auprès d'un vaisseau.

Et j'évoque en pleurant la musique éphémère

De celle qui venait s'asseoir Et chanter en suivant le vol de sa chimère, Si doucement que c'est par sa chanson de mère

Que j'appris à parler, le soir!

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