SCÈNE III
PHILIPPE, .cui. .
J’approche... arrêtons-nous sous ce bois un moment. Je suis comme enivré d’air et de mouvement;
Il semble, traversant les campagnes sonores,
Que le printemps pénètre en moi par tous les pores I Tout le long du chemin les beaux jours oubliés Comme un vol de perdrix se levaient sous mes pieds; Ici même, oui, c’est là, je reconnais la place,
C’est là qu’un soir d’été Cyprienne un peu lasse... * Comme elle se troubla lorsque je la surpris Baignant dans le flot clair ses petits pieds meurtris! Ce jour fit dans mon cœur une métamorphose,
Et je crois voir encor dans l’eau ce marbre rose!... Est-ce pour m’accuser de lui manquer de foi Que ma jeunesse ainsi se dresse devant moi?
Hélas! il est trop tard, laisse-moi, doux fantôme!
Aux basses régions j’ai choisi mon royaume.
— Allons! pas d'élégie I en route. Le printemps N’est pas un conseiller à prendre en notre temps.