‹ La jeunesse comedie en cinq actes et en versChapitre 83 sur 88 · ACTE V. H · texte numérisé non relu

ACTE V. H

Mon mariage!

CYPRIENNE

Est-il prochain?

Je ne sais pas.

CYPRIENNE

Comment est la future?

PHILIPPE

Oh! ni laide ni belle.

• C YPH IENNE .

Mais très-bonne, sans doute, et très-spirituelle?

PHILIPPE

Je l’ai vue une fois à peine.

CYPRIENNE

Quelle dot? .

PHILIPPE

Cent mille écus.

CYPRIENNE

Voilà beaucoup dire en un mot.

Avec cent mille écus une jeune personne •

Est, sans plus d’examen, aussi belle que bonne.

Ce mariage-là n’a rien d’aventureux.

Je te fais compliment. Tu seras très-heureux.

PHILIPPE

Tu me méprises 1

CYPRIENNE

Moi?

Je pourrais me défendre ;

Mais tu n’as pas assez vécu pour me comprendre.

CYPRIENNE

Ah! je demande à Dieu de ne pas vivre assez Pour comprendre jamais tes calculs insensés]

Va, mes illusions me font moins de mensonges Que les réalités auxquelles tu te plonges;

Leurs déceptions môme et leurs déchirements Sont plus près du bonheur que tes contentements,

Car ce qu’il te convient d’appeler la sagesse N’est que la cicatrice, hélas! de ta jeunesse,

Et tu me fais l’effet de ces lâches soldats Qui pour ne pas servir se mutilent un bras 1

PHILIPPE

Ton mépris a raison, je suis un misérable!

Je pouvais épouser une fille adorable,

J’aimais, j’étais aimé..., j’aurais pu l’être au moins J’avais de quoi suffire à nos premiers besoins,

De quoi même être heureux et riche à la campagne! Puisqu’en effet Paris pour le pauvre est un bagne... Dieu m’accordait ainsi plus qu’il ne m’était dû;

Mais j’ai voulu doubler mon lot, j’ai tout perdu!

CYPRIENNE

Que veux-tu dire?

PHILIPPE

Quoi? ne sais-tu rien encore?

N’aurait-on pas reçu ma lettre?

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