J LETTRE DE M. DE BERNY AU DIRECTEUR DE LA POLICE
Monsieur le Directeur général,
Je connais trop combien les momens d'un homme public sont précieux pour user légèrement de l'aimable
permission que vous m'avez donnée de me présenter chez vous à tout (sic) heure, surtout lorsqu'il s'agit d'une affaire qui me devient personnelle par l'intérêt que je porte à celui qu'elle concerne. Malgré ma réserve, si je n'étais retenu chez moi par une indisposition, heureusement peu grave, je ne me serais pas refusé au plaisir de passer quelques minutes avec vous pour avoir l'honneur de rappeler à vos souvenirs mon jeune protégé, Honoré Balzac. Ce n'est pas à lui que son tems d'épreuve paraît long; je l'apprends à se soumettre à tout et à s'y soumettre avec reconnaissance. S'il y a un impatient dans l'affaire et veuillez me le pardonner, Monsieur le Directeur général, c'est un vieux conseiller qui désire vivement le bonheur de ceux auxquels il s'intéresse et qui ne cesse de le faire que lorsqu'il lui est démontré qu'ils n'en sont pas dignes.
Hâtez donc, s'il vous est possible, Monsieur le Directeur général, le moment où je pourrai joindre, pour vous, le sentiment de reconnaissance à ceux de haute considéraavec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Directeur général,
Votre très humble et très obéissant serviteur
De Berny.
Paris, 27 mai 1826.
Cette lettre est écrite de la main de Balzac, M. de Berny n'a fait que la signer.
Pièce n° 4 du dossier des Archives Nationales.