‹ La jeunesse de BalzacChapitre 129 sur 155 · A M. SÉDILLOT · texte numérisé non relu

A M. SÉDILLOT

Mon cher cousin, faites tout votre possible pour que nous évitions que l'affaire arrive à la connaissance de mon pauvre mari, faites valoir ses 83 ans, qu'il ne peut se déplacer, etc., etc.; j'ai une procuration générale un peu ancienne, mais je puis encore m'en servir pour signer, dans le cas, comme autorisée. Évitons à ce bon père le chagrin qu'il ressentirait de tout cela.

Faites valoir que le bien est de mon côté, qu'il n'y a que moi qui peux répondre ou renoncer; mon mari n'a que des rentes viagères. On n'a pas besoin de sa signature ; dans sa convalescence, épargnons-le, le plus que nous pourrons.

Je m'en rapporte à vous sur tout ce que vous ferez, je vous le répète. Dites-moi quand il faudra aller à Paris; je veux ne pas même faire faire ici la procuration. S'il vous en faut une, j'irai chez votre notaire à Paris; je ne veux pas même aller chez le mien.

Adieu, cher cousin, la petite va un peu moins mal.

Vous feriez peut-être bien de demander à Honoré les reçus de toutes les sommes que j'abandonne, et dont je réponds: du reste, je m'en rapporte à vous sur tout.

[Balzac, née Sallambier.]

Lettre adressée à M. Charles Sédillot.

[Arch. de M. Sédillot.)

[79] A Monsieur Sédillot, rue des Déchargeurs, n° 10. Versailles, le 20 juillet à 11 heures [1828].

Mon cher cousin, nous recevons à l'instant votre lettre et m'empresse d'y répondre. Votre amitié et votre intervention dans notre malheureuse affaire est la seule consolation que je pouvais recevoir.

Je vous autorise, mon cher cousin, à prendre tous les engagements qui vous paraîtront nécessaires pour terminer l'affaire de mon fils aîné, comme vous le feriez pour

vous-même; m'engageant à reconnaître tout ce que vous ferez, notamment pour la renonciation aux sommes qui peuvent nous être dues, et pour la garantie de ma part du règlement d'ouvrages qui restent à faire, et qui doivent être employés aux payements arriérés des ouvriers. M'en rapportant entièrement à vous, j'attendrai votre avis pour me rendre à Paris signer toutes les conditions que vous aurez souscrites pour moi.

Recevez, cher cousin, et mes remercîments et l'expression de ma reconnaissance pour vos bons offices dans cette circonstance malheureuse.

Toute à vous, Balzac, née Sallambier.

(Arch. de M. Sédillot.)

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