‹ La jeunesse de Catherine de MédicisChapitre 34 sur 52 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

FRANÇOIS GDICHARDIN.

(Œuvres inédites.!

Côme l'Ancien et Laurent le Magnifique sont les deux grands de cette maison de Médicis, grands par la vigueur de l'esprit plus encore que par les biens de la fortune, laquelle d'ailleurs ne leur fut pas toujours constante. Pour qui se plaft à l'étude des caractères et des natures qui se sont appliqués à la politique comme un artiste s'applique à l'art, je connais peu de physionomies dans l'histoire plus intéressantes à voir que celles de ces deux hommes. Guichardin en a reproduit les traits avec un talent supérieur, et, dans une de ses œuvres, publiée seulement depuis deux années, dans son Histoire florentine depuis les temps de ce Côme jusqu'à ceux du gonfalonier Soderini, il consacre un chapitre à la mémoire de ces deux Médicis, que j'estime être l'un des plus beaux de toute son ouvre. Il s'agit ici des aïeux de Catherine; nous ne sommes, dans ce livre, que chez les Médicis, vl pour ces motifs, qu'on ne dira pas être sans valeur, il m'a semblé que ce n'était pa-- atteindre à des sujets

étrangers au fond principal du récit que d'essayer l'interprétation de cette grande page d'histoire.

Guichardin, dans sa diction si belle et dans ses périodes hardies , vous rappelle Tacite et Plutarque : il a de la grandeur de l'un et de la finesse de l'autre. Reportez -vous à l'édition originale pour connaître la beauté et la fermeté de ses aperçus '.

« La paix régnait dans Florence; étroitement unis étaient les eitovens dans l'État, et le gouvernement avait un tel pouvoir que nul n'eût osé le contredire. Le peuple se délectait chaque jour dans les spectacles, les fêtes et les nouveautés. Abondante en victuailles, la ville respirait le bien-être; toutes les industries florissaient; et comme les

1 Cette édition, très-belle et très-soignée, illustrée de notes par M. Canestrini , est toute récente et due aux soins des comtes Pierre et Louis Guichardin, possesseurs et héritiers directs de tous les papiers et autographes de l'immortel historien florentin dont ils portent le glorieux nom. L'ouvrage comprend déjà cinq volumes grand in -8°, parus à Florence, sous ce titre : Opère inédite cli Francesco Gnicciardini, illustrate da Giuseppe Canestrini, e pubblicate per cura dei conti Piero e Luigi Gnicciardini. (Firenze. Barljer) , Bianchi e Comp. , tipografi - editori , via Faenza.) Les matières générales des volumes déjà publiés sont les suivantes :

1er volume. Considérations relatives aux Discours de Machiavel sur la première décade de Tite-Live ; — Souvenirs politiques et civils; — Discours politiques.

2e volume. De l'administration de Florence; — Des changements et des réformes dans l'Etat.

3e volume. Histoire florentine depuis les temps de Came de Médicis jusqu'à ceux du qonfalonier Soderini.

Les Légations forment quatre volumes.

La Correspondance et quelques Œuvres diverses complètent cette publication si méritoire et si honorable.

lettres, les arts et tous les talents trouvaient accueil et condition, les natures d'élite et les esprits cultivés vivaient dans la prospérité. Florence donc à l'intérieur goûtait une tranquillité et un repos universels, et au dehors se sentait au suprême de la gloire et de la renommée. Pour avoir été en grande partie cause du salut de l'Etat de Ferrare, puis du Koi Ferdinand; pour avoir acquis à sa disposition entière le Pape Innocent ; pour être entrée dans une alliance étroite avec Naples et Milan; elle était regardée comme étant la balance de l'Italie entière, lorsque survint ce malheur si grand qui bouleversa toutes choses, et non - seulement apporta le désordre dans l'Etat, mais dans toute l'Italie. Et ce malheur fut que, dans le cours de l'an 1-491, Laurent de Médicis, atteint d'un mal jugé tout d'abord par la science comme étant de peu d'importance, et non soigné sans doute avec tout le soin qu'il réclamait, finalement, en avril 1492, passa de cette vie dans l'autre. Et cette mort avait été notée comme imminente d'après de nombreux présages : une comète avait apparu; on avait entendu les hurlements des loups; une femme en furie, dans Sainte-Marie Nouvelle, s'était écriée qu'un bœuf avec ses cornes enflammées avait incendié Florence; plusieurs lions s'étaient mis en fureur, et celui de tous le plus magnifique avait succombé dans la lutte; un jour ou deux avant la mort du Médicis, la foudre avait donné dans la lanterne du dôme de Santa-Liperata et en avait arraché des pierres énormes, qui étaient tombées du côté de la maison des Médicis; on retint aussi comme un dur présage que Lione de Spolôte, le premier médecin d'Italie, chargé de soigner Laurent, s'était, dans son désespoir, précipité dans un puits et s'y était nové, bien que cependant on ait dit aussi qu'il y avait été précipité.

» Laurent de Médicis avait atteint sa quarante-troisième

année lorsqu'il mourut; et il avait présidé au gouvernement de l'État pendant vingt-trois ans. Lorsqu'étaitmort, en effet, Pierre de Môdicis, son père, l'année 69, il n'avait que ses vingt ans; et malgré tant de jeunesse, et pour ainsi dire' sous la tutelle de messer Thomas Soderini et autres anciens dans la République, il avait pris en peu de temps un tel pied et avait atteint à une telle réputation , qu'il avait gouverné le pays selon ses intentions. Cette autorité s'était accrue chaque jour, el était devenue si grande avec les événements de l'an 1-478, à son retour du royaume de Naples, que l'on peut dire que Laurent vécut jusqu'à sa dernière heure gouvernant la ville selon sa volonté et son arbitre, absolument comme s'il en fût né maître et seigneur. Et puisque la grandeur de cet homme fut telle cpie jamais Florence n'a connu un citoyen qui lui pût être égalé, et sa renommée fut si étendue, après comme avant sa mort, il ne me semblera pas bois d'à propos, il me paraîtra même utile de décrire particulièrement ses qualités et ses habitudes. Si je ne me trompe, ce que j'en écrirai sera la vérité, non pas que le portrait que j'en ferai aura été dû à ma propre observation, puisque je n'étais qu'enfant au temps où Laurent mourut, mais parce que j'en ai référé à des personnages véridiques et dignes de foi et d'un jugement sûr. » 11 y avait en Laurent beaucoup et de très- illustres vertus; il y a eu aussi quelques vices, les uns naturels, les autres nécessaires. Il avait une telle autorité, qu'on peut dire que de son vivant, l'Etat n'a jamais été libre; car bien que pourvue de toutes les gloires et des félicités qui peuvent se rencontrer dans une patrie, celle-ci fut libre de nom, mais, en réalité et en fait, dominée par son propre citoyen. Les choses qu'il a faites, bien que méritant le blâme en quelques endroits, furent néanmoins trèsgrandes, et si grandes, qu'elles commandent l'admiration

plus encore à les examiner qu'à les entendre. C'est aux conditions du temps où il vécut, et non pas à lui-même, qu'il s'en faut prendre, si elles manquent de ces bruits d'armes, de cet art et de cette science militaires auxquels les anciens sont redevables d'un si grand renom. On ne lira point dans sa vie la défense admirable d'une ville, non plus que l'attaque remarquable et la prise d'un lieu fortifié, non plus qu'un stratagème habile dans un conflit, non plus qu'une victoire remportée sur l'ennemi. Mais bien que ses actions ne brillent point par aucun cliquetis guerrier, on trouvera en elles tous les signes et tous les indices du courage et des qualités qui se peuvent désirer et qui doivent apparaître dans la vie du citoyen. Aucun de ses adversaires, aucun de ceux qui l'ont combattu, n'ont refusé de lui reconnaître un esprit très -grand et rare. Avoir gouverné l'Etat vingt-trois ans durant, et toujours avec la croissance de son pouvoir et de sa gloire, n'est-ce pas là un témoignage? Insensé serait celui qui le nierait! Et surtout avoir gouverné pareillement Florence, ville au langage si libre, pleine d'esprits subtils et prompts à se tourmenter, et bavoir gouvernée en ne disposant que de moyens assez restreint- pour ne pas pouvoir satisfaire également tous les citovens, puisqu'il est nécessaire que si une part d'entre eux est admise aux bénéfices et aux largesses, l'autre en soit exclue! Quels témoignages encore de cette gloire que l'amitié et le grand crédit qu'il eut avec les Princes d'Italie et au dehors, avec le Pape Innocent, avec le Roi Ferdinand, avec le Duc Galéas, avec le Roi de France Louis XI, et jusque avec le Grand Turc et le Soudan. lequel, dans les derniers temps de sa vie, lui fit hommage d'animaux singuliers, girafe, lions et autres bêtes fauves; amitié qui n'avait d'autre source que dans l'extrême dextérité et l'esprit habile qu'il apportait à l'cn-

tretien de ses relations à l'étranger. Quels témoignages encore que ses discours en public ou en particulier, pleins de finesse et d'à -propos, en tant, de lieux et de circonstances divers, et surtout à la Dièfc de Crémone, où il se fit lant d'honneur! Quels témoignages enfin sont toutes les lettres qu'il a dictées, pleines de tant de sens et de talent qu'on n'en peut désirer plus; le tout paraissant d'autant plus beau, qu'une éloquence admirable et une élégance extrême dans l'expression accompagnaient ses pensées !

» 11 eut le jugement sain et d'un homme sage, sans qu'on puisse cependant le mettre au pair de son esprit, car plus d'une de ses actions fut téméraire. Après les affaires de l'année 78, si son attitude avait été sans colère avec le Pape et avec le Roi, lui auraient- ils déclaré la guerre? Mais avoir voulu agir comme se trouvant outragé et n'avoir pas voulu dissimuler l'injure reçue, étaient choses faites pour occasionner une guerre pleine de périls et de dommages pour la ville et pour lui. Son départ précipité pour Naples fut tenu pour une entreprise beaucoup trop hardie, étant allé se livrer ainsi aux mains d'un Roi plein de soupçons, de nulle parole et son plus grand ennemi. Et, bien que la nécessité de la paix pour l'Etat et pour lui l'excusât, néanmoins l'opinion fut qu'il aurait pu conclure cette paix en se tenant à florence, avec plus de sûreté pour sa personne et non moins d'avantage pour les conditions.

» Il fut avide de gloire et de prééminence plus qu'aucun autre, eu quoi l'on peut lui reprocher d'en avoir poussé trop loin le désir pour des choses relativement minimes; car il ne voulait ni en poésie, ni dans les jeux, ni dans les exercices, qu'on lui comparât aucun de ses concitoyens, s'indignanl contre qui agissail autrement. Pour les grandes

affaires, cette vanité de la gloire était extrême en lui, puisqu'il voulut être l'égal de tous les Princes d'Italie et lutter de pair avec eux en toutes choses, ce qui déplut fort au Seigneur Ludovic. Toutefois, in universum, louable fut cette ambition, et elle fut cause que son nom et sa gloire furent célébrés en tout lieu, hors même d'Italie, car il fit en sorte «pie de son temps tous les arts fussent plus florissants à Florence qu'en aucun autre Etat. A Pise, il érigea sur de nouvelles bases une université de droit et un enseignement pour les arts; et comme on lui démontrait que, pour beaucoup de raisons, il n'y pourrait concourir un nombre aussi grand d'étudiants qu'à Padoue et à Pavie, il répondait qu'il lui suffirait que le Collège des Professeurs surpassât les autres par le mérite; aussi y entendit-on les leçons magnifiquement rétribuées des hommes les plus célèbres et les plus érudits de l'Italie, car il n'était peine qu'il ne prit et dépenses qu'il ne fit pour les attirer près de lui. Ainsi fleurirent les humanités avec messer Ange Politien; les études grecques avec messer Demetrius et Lascaris; les sciences philosophiques et esthétiques avec Marcile Ficin et maître Georgio Benigno, Pic de la Mirandole, et autres esprits éminents. Il tenait en la même faveur les vers, la musique, l'architecture, la peinture et la sculpture, et tous les arts intellectuels et industriels; en sorte que la ville regorgeait de tous les plus beaux produits, abondants d'autant plus que Laurent étant universel, savait les juger et les apprécier, et qu'il distinguait les inventeurs, qui tous, pour mériter son suffrage, luttaient et rivalisaient à l'envi l'un de l'autre. Il trouvait une aide dans son infinie libéralité, et par elle il comblait de bien-être les hommes de valeur et il leur fournissait tous les instruments nécessaires à leurs professions : ainsi lit-il lorsque, voulant fonder une bibliothèque grecque, il envoya Lascaris, homme de grand

savoir et professant les humanités à Florence, rechercher jusqu'en Grèce les livres anciens.

» C'était à cette même libéralité qu'il devait et son renom et ses amitiés chez les Princes, car ce lui était coutume de ne négliger aucune occasion de magnificence pour s'attacher les grands et les puissants; en sorte que. multipliant à Lyon, à Milan, à Bruges et dans les endroits où étaient ses comptoirs, les dépenses pour ses libéralités et ses dons, tandis que ses bénéfices diminuaient sous la gestion d'hommes aussi peu suffisants que Lionetto de Rossi, Thomas Portinari et autres, les comptes étant mal rendus, son aptitude au commerce étant plutôt faible, il atteignit plusieurs fois à un tel désordre qu'il fut à la veille de faillir, et que, pour se venir en aide, il dut recourir aux deniers de ses amis et aux deniers publics. Ses besoins, l'année 148i, furent si grands, que, pour ne pas voir sa faillite déclarée, force lui fut d'emprunter au Seigneur Ludovic quatre mille ducats et aliéner pour une somme égale sa maison de Milan, donnée à Côme, son aïeul, par le Duc François, chose qu'il faut croire n'avoir faite, eu égard à sa nature aussi magnifique que libérale, sans les larmes dans les veux.

» Il était d'un naturel superbe, au point que non-seulement il n'aimait pas à rencontrer d'opposition, mais il voulait encore qu'on s'en rapportât à lui sans réserre, usant en matières importantes de paroles brèves et incertaines. Dans l'ordinaire de la conversation, agréable et charmant; dans sa vie habituelle, plus civil que somptueux, sauf dans ses festins, avec lesquels il honorait fastueusement les nobles étrangers qu'il accueillait à Florence. Il lut libidineux et tout porté aux femmes, assez constant dans ses amours, durables quelques années. De l'avis d*un grand nombre, cet excès de ses passions lui affaiblit assez le physique pour qu'il en mourût jeune

APPENDICES ET COMMENTAIRES. 22i

peut-on dire. Son dernier amour fut pour liai tholomée de' Nasi, la femme de Donato Henri, de peu de beauté, mais douce et distinguée; et il en était si épris, qu'un hiver, cette femme étant dans l'une de ses villas, il partit de Florence en poste à cinq ou six heures de la nuit, avec plusieurs des siens, et l'alla trouver, pour la quitter cependant à une heure si peu avancée, que le matin même il était à Florence. Louis de la Stufla et Butta de Médicis, ses compagnons, s'en plaignirent; elle s'en aperçut, et les mit en une telle disgrâce dans l'esprit de Laurent, que, pour lui plaire, il envoya Louis ambassadeur au Soudan et Butta au Grand Turc. Chose folle, quand on considère qu'un homme de tant de grandeur, de réputation et de prudence, âgé de quarante ans, fut épris à ce point d'une femme de peu de beauté et plus âgée que lui, qu'il en arriva à de folles extrémités et à des choses que l'on estimerait déshonnêtes même chez tout homme jeune.

» Il fut réputé par quelques-uns de nature cruelle et vindicative, en raison de la dureté dont il usa dans l'affaire des Pazzi, quand il emprisonna de jeunes innocents et qu'il interdit le mariage à des jeunes filles non plus coupables, et cela après tant de meurtres accomplis en ces mauvais jours. Cependant cette entreprise avait été si cruelle, qu'il n'y a pas lieu de s'étonner de son ressentiment extraordinaire, et on a vu aussi qu'adouci avec le temps, il permit à ces jeunes filles de se marier, et consentit à l'élargissement des Pazzi avec condition de se retirer hors du territoire; on a pu voir aussi que dans d'autres procès il n'avait usé d'aucune cruauté et ne s'était point montré sanguinaire. Mais ce qui fut en lui moins supportable et plus inquiétant que tout autre sentiment, ce fut la suspicion. Elle ne tenait pas tant à son naturel qu'à la connaissance qu'il avait d'avoir à gouverner une cité jouissant d'institutions libres

Dt dans laquelle il était nécessaire que ce qui se décidait fat approuvé par des magistrats, selon les statuts de la commune, et avec les apparences de la liberté. Aussi, dès qu'il commença de prendre pied dans l'État, il tendit a faire ses dépendants tous les citoyens qu'il savait ou par la noblesse, ou par la fortune, ou par l'autorité, ou par la réputation, avoir acquis l'estime publique. Bien qu'à de tels hommes , s'ils étaient de maisons et de souches dévouées ;i l'Etat, il leur accordât largement les places, les charges, les ambassades et autres honneurs; néanmoins, ne se fiant point à eux, il faisait chefs des scrutins et des impôts, et des commissions secrètes, des créatures à lui, qu'il mettait eu réputation, bien que sans qualité aucune pour la mériter hors de son appui. Ainsi fut créé Antonio di Bernardo, qui d'artisan qu'il était fut promu à la gestion du Monte, avec une telle autorité qu'on peut dire qu'il gouvernait les deux tiers de Florence; ainsi s'éleva Messer Giovanni, chancelier des Riformagioni ', fils d'un notaire de Prato Vecchio, qui fut à ce point dans sa faveur, qu'ayant passé par toutes les charges, il serait devenu gonfalonier de la justice; messer Barthélémy Scala, fils d'un meunier de Colle, étant chancelier de la Seigneurie, fut fait gonfalonier, au grand scandale et dédain de tous les gens de bien. En somme, bien que des hommes de grande qualité sociale intervinssent dans les affaires, néanmoins, dans le conseil des Cent, dans les scrutins, dans les directions de l'impôt, il y mêlait force hommes de peu, avec qui il s'étail ménagé toute intelligence, qu'il avait fait patrons et mai très du jeu.

» Cette même inclination à la suspicion lui fit veiller à ce que beaucoup de citoyens, jouissant d'une autorité personnelle, ne contractassent pas d'alliances entre eux, et il s'ingéniait à les apparenter de manière à n'en point

avoir ombrage, ef, en somme, la chose en était venue à ce point qu'il ne se Cuisait point Je mariage, plus que médiocre, sims qu'il y participât ou qu'il y consentit. Pour que les ambassadeurs qu'il envoyait au dehors ne sortissent point du cercle de ses volontés, il ordonna qu'à Rome, à Naples, à Milan, résidai un chancelier payé par l'Etat, qui lin au service de l'ambassadeur, et il tenait avec lui compte a part, et était informé privémenl de tous les laits courants. Je ne veux pas mettre au nombre de ses soupçons le soin qu'il prenait de se faire accompagner d'un grand nombre d'estafiers armés qu'il favorisait de donations d'hôpitaux et de lieux sacrés, sous prétexte (pie la conjuration desPazzi l'y avait autorisé; néanmoins ce n'était point choses pertinentes à une ville libre et a un citoyen privé, mais plutôt à un tyran et à une ville asservie. 11 tant toutefois reconnaître que, si, sous lui, la ville ne l'ut pas libre, il eut été difficile de rencontrer un maître meilleur et mieux lait pour être aimé. Par son inclination et sa honte naturelles, Florence lui a dû île grands biens, et par nécessité de domination, quelques maux , mai-. modérés et limités selon les circonstances. Peu d'inconvénients sont résultés île son autorité, et, bien que ceux qu'il avait dominés se soient réjouis de sa mort, néanmoins les hommes d'Etat, voire même ceux qu'il avait blessés quelquefois , la déplorèrent . incertains qu'ils étaient OÙ en \ iendraient les choses dans une si grande mutation. Celte mort fut singulièrement pleurée par l'universalité des citoyens et par le menu peuple, auquel, sans cesse, il avait procuré I abondance, les plaisirs, les divertissements et les fêtes. Combien aussi elle fut pleurée par tous ceux qui, en Italie, excellaient dans les lettres, en peinture, en sculpture ou en tous autres arts, soit parce qu'il les avait appelés à lui avec des émoluments considérables, soit

parce que les autres princes les tenaient en considération plus grande, ceux-ci craignant que s'ils ne savaient pas les retenir, ils ne s'en allassent à Florence, près de Laurent.

» Il laissa trois enfants mâles; Pierre, l'aîné, d'environ vingt et un ans; messer Jean, le Cardinal, qui peu de semaines avant sa mort avait reçu le chapeau; puis Julien, encore enfant. Il fut de stature moyenne, laid dévisage et très-brun; cependant son air était noble, sa prononciation était rauque et de peu d'agrément, car il semblait qu'il parlât du nez.

» Beaucoup se sont demandé lequel fut meilleur, ou Côme ou lui, car Pierre, bien que supérieur à eux en piété et en clémence, leur fut à n'en pas douter très-inférieur en tous les talents. Dans cette question, il me paraît que l'on peut conclure que Côme avait plus de fermeté ci de jugement , car ce fui lui qui fit sa position , et après qu'il l'eut faite, il en jouit pendant trente années avec sécurité, l'on peut même dire sans contradiction, car il a su soutenir la rivalité des Neri et des autres qu'il pouvait redouter, sans venir à rompre avec eux et sans en paraître inquiété. Au milieu de toutes les occupations de l'Etat, Côme ne négligea pas ses intérêts commerciaux et privés, et il les administra même avec une attention et un savoir-faire si grands que sa situation privée était plus grande encore que sa situation publique, toute dominante cependant qu'était celte dernière. Force ne lui lut pas d'avoir affaire aux deniers publics, non plus qu'à usurper ceux de- particuliers. Dans Laurent, il n'y eut point un si grand jugement, bien qu'il n'eût qu'à veiller a la conservation de sa fortune trouvée toute faite! Et s'il la conserva, ce ne lui pas sans d'étranges dangers, tels que ceux de la conspiration des Pazzi et du voyage à Naples. Dans le commerce et dans l'administration de ses intérêts, il ne sut pas se

gouverner : mené à mal, il fut contraint de se prévaloir du public, et peut-être, en certaines choses, du bien privé; ce ne fut pas sans grande honte et ce lui fut un grand tort. Mais en lui abondaient l'éloquence, la dextérité, et une aptitude universelle à se délecter de toutes les choses intellectuelles et à les favoriser.

» De l'un et de l'autre, la magnificence fut très-grande, mais en façons diverses. Côme édifia des palais, des églises, dans sa patrie et dehors, et fit des choses durables, propres à manifester sans cesse la grandeur de son renom; Laurent entreprit au Poggio, à Gajano, une construction magnifique qu'il ne finit pas, prévenu par la mort; et bien que par elle-même ce fût une chose grandiose, néanmoins, eu égard à tant et tant de constructions de Côme, on peut dire qu'il ne construisit rien, mais il fut grandement libéral, et, par les dons et la munificence, se valut les plus étroites amitiés chez les Princes et s'affectionna ceux qui l'approchaient. Pour ces raisons, on peut, à mon sens, décider que, toutes choses bien considérées, Côme fut un homme de plus de valeur, mais que, par les qualités et la fortune, l'un et l'autre furent si grands, que depuis la décadence de Rome jusques aujourd'hui, il ne s'est pas rencontré en Italie un citoyen qui put leur être comparé.

» La nouvelle de la mort de Laurent aussitôt apprise à Florence, car il était mort à Carregi , dans sa villa , un concours nombreux de citoyens alla visiter Pierre de Médicis, auquel, étant l'aîné, appartenait la succession. Ses funérailles furent ensuite célébrées dans la ville, sans pompe ni faste, mais avec tout le peuple assemblé, chacun portant un signe de deuil, chacun manifestant qu'un père du peuple et de l'Etat n'était plus. Et comme durant sa vie, à tout bien examiner, Florence avait été heureuse, et qu'après sa mort elle tomba en des calamités et des

épreuves immenses, tout s'accorda pour accroître le regret qu'où avait de lui, et rehausser plus encore la grandeur de son nom '. »

1 Simiti fiorentina dei tempi di Cosimo di Medici a c/uelli del Gonfaloniere Soderini ; chapitre tx ; de la page 82 à la page 94. Opère inédite di Franeesco Guicciardini , volume III.

Commynes, qu'il fait toujours bon à entendre quand il s'agit de jugements, d'avis et d'opinions, consacre dans son livre YII (chapitre vi de ses Mémoires) des lignes notables à l'endroit des Médicis. « Ayant occasion de parler de l'une des négociations qu'il eut à besogner avec Pierre de Médicis en 149V, au temps de nos guerres en Italie... :

« Eulx parlans, dit-il, par le commandement de Pierre » de Médicis, homme » jeune et peu saige, filz de Laurent n de Médicis, qui estoit mort et avoit esté des plus saiges n hommes de son temps, et conduisoit cette cité comme » seigneur, et aussi faisoit le filz : car ja leur maison avoit » ainsi vescu la vie de deux hommes pàravant, qui estoient » Pierre, père du dict Laurens, et Cosme de Médicis, qui •) fut le chief de ceste maison et la commencea, homme '> digne d'estre nommé entre les très gratis. Et en sou cas

1 Commvnes avait déjà négocié pour le Roi de France avec des .Médicis seize ans auparavant. Louis XI l'avait envoyé, l'an Ii78, en avril, à Florence, et on sait, d'après certaines de ses lettres récemment trouvées dans les archives de Toscane et de Milan, qu'il y était encore en juillet de la même année. Les recherches de M. Eugène Renoist, à ce sujet, méritent d'être appréciées et louées. De son côté, M. Kervyn d • Lettenhove, de 1 Académie royale des sciences et lettres de Belgique, prépare en ce moment un recueil de pièces inédites relatives à Commynes, et nous ne doutons pas qu'il consacrera aux voyages et missions du grand écrivain de nombreux et désirables éclaircissements •

(jiu cstoit de marchandise, estoit la plus grant maison » que je croy qui jamais ait esté au monde; car leurs » serviteurs ont eu tant de crédit soubz couleur de ce nom » Medicis, que ce seroit merveilles à croire ce que j'en av » veu en Flandres et en Angleterre...

» Il semble que ceste lignée vint à faillir, comme on » faict aux royaulmes et empires; et rauctorité des prede- » cesse urs nuvsoit à ce Pierre de Medicis, combien que » celle de Cosme, qui avoit été le premier, fust douce et )) amyable, et telle que estoit nécessaire à une ville de «liberté. Laurens, père de Pierre, dont nous parlons à » ceste heure, pour le différent dont a este parlé en aucun n endroict de ce livre, qu'il eut contre ceux de Pise f et » autres, dont plusieurs furent pendus (et y fus en ce » temps-là), avoit prins vingt hommes pour se garder, par » commandement et congié de la Seigneurie, laquelle com- » mandoit ce qu'il vouloit. Toutesfois modereement gou- » vernoit ceste grant auctorité (car, comme j'ay dict, il » estoit des plus saîges en son temps); mais le fils cuvdoit » que cela luv fust deub par raison, et se faisoit craindre » moyennant ceste garde, et faisoit des violences de nuict » et des bateries lourdement, de leurs deniers (à lui) com- » mis : si avoit faict le père, mais si saigement qu'ilz en » estoient presque contens. »

1 L'annotateur de l'édition des Mémoires de Commynes (édition de la Société de l'histoire de France) dit avec raison : « Nous croyons qu'il faudrait lire des Pazzi , bien que toutes les éditions portent Pise.

Voici le texte des considérants par lequel Côme l'Ancien fut déclaré Père de la Patrie, le 20 mars 1464 Ce décret reçut une consécration nouvelle l'année suivante, après la mort de ce glorieux homme :

Cosmus Medix Pateb patrije ex publico decrefo1 : Quam grata? debeant esse respublicae, prudentissimî viri, erga eos cives, qui bene de sua patria meruerunt, ex antiquorum litteris et monumentis, facile intelligi lieet; quorum teinpestate, consuetudinem fuisse tradunt in bene inoratis, beneque constilutis civitatibus, ut praestantibus virtute vins, ac praeclare de sua patria meritîs, publici deferrentur honores, qui ad celebrandam eorum memoriam pertinerent. Nam et in Graecia ab Atheniensibus, Thebanis, Lacedaemoniis, Rbodiis, et in Italia a Romanis li une niorem sic servatuin accepinius, ut fréquenter aliis in foro statuas, aliis sepulchra in campis, aliis, aliud honoris genus ob bene gestam rempublicam ex senatus populique auctoritate décernèrent. Censebant enim nihil esse in bac vita praeclarius, nihil excellentius, nihil sanctius, quam in administranda republica patriae suae pietatem , officiumque praestare. Vos autem , prudentissimî cives, qui originem Florentini generis in Romanos refertis, non soluin oportet, sed etiam decet in decorandis civibus vestris, qui bene de republica meriti sunt, majorant vestrorum consuetudinem imitari. Sed si fuit unquam civis ullus,cui aut in vita aut in morte iusti honores habiti sint, procul

1 Archives de Florekci . Carte strozziane, lilza L0.

dubio Gosmo Medici ob egregia in rempublicam mérita, maximi amplissimique debentur, qui paucis ante mensibus vita functus et autoritatis et prudentiae suae ingens nobis desiderium reliqnit. Erepta est enim nobis humanitas, sapientia, virtus illius optimi patris, in quo omnia bona reperiebantur, quod ab bominibus expeti soient. Nain ut omittamus illius opes, nobilitatem generis, parentes, maiores, qui bello et pace magna bénéficia in hanc rempublicam contulerunt, ut postbabeamus etiam amicos, affines, famam , dignitatem, muneraque praeterea, quibuscum natura vehementer ornaverat, alia majora sese offerunt nobis, quibus maximae ac verissimœ laudes continentur, libéral itas,magnificentia, sapientia, doc trina,animi magnitudo, constantia, gravitas, fides, caeteraeque virtutes eiusdem generis, quae sibi, atque huic urbi famam, ubique gentium peperere. Verum, praestantissimi cives, ante omnia in ocnlis, atque animis vestris habere vos decet illius perpetuum studium in libertate servanda, a morem et propensam voluntatem in repnblica tuenda, atque in ea tranquillitate locanda , quam sapientes viri , optimis rernin publicarum gubernatoribus, propositam esse voluerunt. Semper enim, ut scimus, ille optimus pater de sainte reipublice cogitavit, semper liuic patiiœ opéra, consilio, diligentia adfuit, et quod mi ru m videri débet, in gravissimis periculis civitatis, saepe togatus et inermis, armatos exercitus auctoritate et prudentia sua ex finibns vestris [nostris ('?)] eiecit. Vidimus aliquando potentissimos hostes finie reipublieae arma inferre, eadem civibus, incendia agris patriae denique tam pulchrœ, tamque egregiae servitutem minari. Vidimus ex altéra parti' Cosmum veluti optimum gubernatorem huins navis magno animo his tempestatibus obviam ire, ex maxiinisque periculis civitatem eripere, ac in eam tranqnillitatem perducere, qua nec major

erat , nec tutior a suis civibus expetenda. Repressi sunt eniin consilio suo potentissimi hostes, gravissima bella restincta, pax non solum per omnem Italiam parla, sed etiam veterum amicoruin societate firmata; ipsi denique cives talem concordiam, consensionemque amicorum in republica gerenda consequuti sunt,qualem nunquam maiores nostri videre potnerunt. Haec cum ita sint magnifici ac excelsi domini priores libertatis et vexillifer justitiae prudentissimi viri, civitatis nostrae, cum horiuu beneficiorum non velint esse immemores, gratiam si parem [si non parem (?)] meritis suis, eain tamen quam possunt, referendam putant; idque honoris genus tribuendum arbitrantur, quod maxime ad nomen illius honestandum, et amorem suoruin civium indicanduni pertineat. Quare ita censent cura Cosinus Joannis filins Medix sunnna atque amplissima bénéficia in fempublicam florentinam bello et pace contulerit; seinperque patriam suam omni pietate conservavcrit . adiuverit, auxerit, eique magno usui et gloriae fuerit, usqne ad supremum vilae dieni , placere ex vestra auctoritate et huius ordinis sententia decerni, ut deinceps Pater patrt.e vocitetur, atque hoc egregiuin nomen, publicis institutionibus inscribatur, iiupereturque deceinviris, quibus huius honorandi cura publiée coinmissa est, ut hoc decretuin, ubicumque eis visuni fuerit honorificentissimis verbis scriptum locetur, idque extet ad perpetuam suorum meritorum suaeque pietatis meinoriam, et grati populi testimonium et posterorum exem- [iluin, quod eos excitet, alacrioresque redtlat ad libertatem patriamque tuendam, cmn viderint vos quam grati, quamque memores sitis erga eos cives, qui de republica bene mereantur.

DONATIS ACCIAIOI.I 5.

\x Ifartii IVi'».

De la nécessité d'un recueil complet des documents en tous genres de la provenance des Médicis.

Je voudrais voir la commune de Florence aux temps sans doute prochains et assure'ment heureux où les finances de l'Italie permettront à ses communes des dépenses aussi pacifiques que celles qui ont pour objet les arts et les lettres, voter la publication complète de tous les documents relatifs aux premiers Médicis, documents de tout genre et de toute nature, papiers commerciaux , papiers de famille , papiers politiques , lettres, mémoires, conventions et inventaires. Je voudrais que ladite commune nommât une commission dont ferait partie tout le personnel si érudit et si distingué de ses notables archives d'Etat si glorieusement rétablies — disons fondées — par l'honorable commandeur F. Bonaini. Que la commune de Florence puisse entendre un tel vœu ! Rien ne lui fera plus d'honneur, car alors, après l'édification d'un si grand monument historique, il sera possible de composer, comme il convient qu'elle le soit, une histoire véridique et complète de cette maison célèbre pour avoir été si active dans 1 industrie, dans le commerce, dans la politique, dans les lettres et dans les arts. Il y a à Florence des travailleurs et des compulseurs méritants, d'une érudition solide, d'une patience éprouvée, d'une intelligence longtemps exercée; emplovez-les et rétribuez avec largesse leurs fatigues et leurs labeurs. C'est du patriotisme le plus

pur que de travailler à produire tous les titres nécessaires à répandre la lumière sur l'histoire de la patrie. Si cruelles que puissent être certaines pages, il les faut révéler. Ce qu'on veut aujourd'hui dans et pour l'histoire, c'est la vérité. Rien n'est à dissimuler ni à être réservé. Manifestez le bien comme le mal. Ce qu'on vous demande, ce sont les pièces authentiques produites sans commentaires, sans réflexions, rapportées avec ordre, précision et sécurité. Alors il vous naîtra des historiens; car ils auront de quoi bâtir et construire sans la crainte continuelle de s'engager dans l'erreur, -ans la nécessité si vaine de chercher de misérables ressources dans les conjectures. Alors se prononceront des jugements irréfutables, et vous aurez glorieusement pris part à l'anéantissement et à la dispersion de l'erreur, du préjugé, des fausses idées, des interprétations incertaines, et des traditions folles, dont tant de livres sont pleins. (Ju'elle a laissé de richesses manuscrites, cette Italie municipale du quinzième et du seizième siècle ! Et que de vigoureux esprits ont écrit de grandes et curieuses choses en matière politique, demeurées enfouies dans des cartons devenus chose publique, comme sont ceux des archives d'Etat, ou demeurées chose privée près d'illustres familles ! Avec la paix, — car elle a ses gloires, la paix, — cherchez comme jadis la gloire dans les lettres , produisez ce qui veut la lumière : c'est le plus grand honneur faire à la liberté, et c'est le témoignage le plus sûr dont vous puissiez user pour manifester au monde que vous tenez ferme enfin cette liberté si longtemps , si àprement et si ju-tement convoitée!

Les Médicis revinrent ensuite, et peu de temps après, Jean, âgé de trente-sept ans, fut élevé à la plus haute dignité de la chrétienté , le 11 mars 1513.

De nombreuses lettres furent écrites par les Médicis dès leur rentrée à Florence l'an 1512, à la fin d'août. Julien de Médicis, le meilleur de tous et celui qui mérita d'être regretté, annonçait ainsi son retour dans sa patrie à l'illustre et ingénieuse marquise de Mantoue, Isabelle d'Esté, qui l'avait accueilli diverses fois pendant le temps de son exil.

(i 111™ et Exma Dna Obserma,

» Io so ben cbe Y. Exa se allegrerà de ogni comraotlo et bene mio, corne di vero Src suo, et pero la aviso corne con satisfactione et contento di tucta la città di Firenze Monsr Rœo padrone et fratello mio et io domane sene tornamo in patria, et in casa nostra, et a questo effecto son venuti qui mandati da quelli Magci et Excmi Sigri tre oratori. Infiniti cittadini son venuti qui a congratularsi con noi de tanto ben nostro, del quale sono certissmo Y. Exa dover pigliar piacere grande insieme con lo Ulmo Sre suo consorte, et pero li mando aposta et présente boino mio informata délie particularité di queste cose nostre. Pero non dico altro a quella se non che quanlo più posso me li offero et raccomando, ricordandoli cbe di tanto ])iù potrà V. Ex* valersi et servirai quanto io più potrô in casa mia cbe nel lungo exilio. Alla mia Yl"1 Aida et al mio Equicola me raccomando et a tucta la sua virtuosissima corte... si fa cl

Mocrison ' vero servo di V. Ex,ia. Servitor Jelianus de Medicis 2. » Ex Prato, die ulta Augusti 1512, hora viiij noctis. E. Ex. V.

Julien de Médicis aussi fut celui qui reçut le premier, de Rome, la nouvelle de l'élection du cardinal Jean de Médicis, son frère, au pontificat; il en eut avis le jour même , et avisa le chef de sa chancellerie , Messer Ardinghello, par ce billet dont voici la teneur :

« Piero amicissimo. In questa hora che siamo a hore ri d î nolte in circha, avemo adviso chôme questa mattina a hore 13 in circà è stato creato et puhlicato nuovo pontelice El Reverendissimo quondam Cardinal de Medici mio Signor Padrone et fratello dal che per nostra consolatione me e parso darvene adviso. Et bene valete. Florentiae, xi mardi; hora 3 noctis 1513.

» Juliano de Medicis3.

» Speclabîli viro Petro Ardinghello Civis Florentînus amie ho mio. »

1 Nom de comédie ou fictif qu'il avait sans doute porté à la Cour de l'Isabelle.

- Archives de Mantoue, E. xxvn. Voyez aussi dans l'intéressant ouvrage de M. Eugène Benoist, Guichardin, historien et homme d'Etat italien au seizième siècle (Paris, Durand, 18G2), les pièces justificatives. Commissione data a Messer Francesco , oratore in Hispagna, die xxm januarii mdïi (more toscano).

3 Archives de Florence, Carte slrozziane , 3, B. L. 138. Il y a de nombreuses lettres de Julien et Laurent de Médicis dans ce registre.

Faits particuliers aux Médicis, depuis l'avènement du Pape Léon X jusqu'aux négociations entreprises avec Clément Vil pour te mariage de Catherine.

A dater de ce jour, on peut dire que l'histoire des Médicis se passe à Rome, et quelle est dictée par les volontés du pontife qui y règne sous le nom de Léon X. Pour bien connaître ce curieux pontificat, ce n'est pas dans les livres écrits jusqu'à ce jour qu'il faut en chercher les appréciations plus ou moins justes, mais c'est dans les dépêches originales et pour la plupart inédites jusqu'à présent, dues aux nombreux envoyés des cours d'Italie près Sa Sainteté. Les dépèches du protonotaire Caracciolo sont aux archives de Milan, celles de Gabionetta, archidiacre de Mantoue, et d'autres de Mario Equicola sont aux archives de la maison de Gonzague, et c'est à elles et à tant d'autres, toutes italiennes, qu'il convient de se reporter pour entrer dans la vie intime et politique de Léon X. Je voudrais que tant et de ^i intéressants documents fussent réunis et publiés. Nous avons formé ici un sommaire chronologique destiné à faciliter les recherches relatives aux Médicis depuis la création de Léon X jusqu'à l'époque des négociations du mariage de sa nièce Catherine de Médicis. En matière de recherches, la précision des dates est d'une importance extrême, et elle est du plus grand secours pour le bonheur et la rapidité des découvertes. C'est

à quoi nous avons particulièrement pensé en réunissant chronologiquement renonciation des faits et le texte de certains documents italiens inédits jusqu'à présent.

1513. Du 11 au 20 mars. — Julien de Médicis se rend de Florence à Rome, auprès de son frère le Cardinal, élu Pape à la date du 11. Rome est pleine de Florentins; il n'est ni office ni bénéfice qu'ils ne demandent. Aucun d'eux n'en a encore obtenu .

Bembo, Sadolet, Bibbiena sont en cour. Mario Equicola y est arrivé le 19 mars.

23 mars. — « La santità di Nostro Signore sta sana et non opéra ochiale, si leva ad bona hora, siccome era gia di suo costume, da audientia grand issima e gratissima, disna in publico e poi da di novo audientia, fa cantar sino a lhora cbe vanno Cardinal i li quali ogni di fanno congregatione, cbel tuto se comunica con loro Signorie. » (Equicola.)

Les cardinaux favoris sont Aragon, Yolterra et Sienne.

Les cérémonies de la promenade du pontife à Saint- Jean de Latran sont merveilleusement préparées , et Messer Mario Equicola écrit à ce propos les détails suivants â la marquise de Mantoue :

« Signora Mia Ex%

» Nel borgo non era se non uno arco con lettere Leone X. P. M. laudatarum arthim restitutori. Il ponte di Santo An,;elo lutto parato di tapezaria : al line verso Roma uno arco grande con lettere Leoni X. P. M. qui se ipsum iussendo omnia vicit. In tela li era pinto un Papa cbe univa

li christiani, che gente le era d'intorno che brusavano et spezavano arme, alabarde, et spate : de sopra doj gran Leoni et doj imaginj che una teneva la mitra in una mano, in laltra la palla, et laltra lechiavi, et similmente la palla : in bancho era quel D. Augustino Gisi con versi, olim habuit Cyprù sua tempora, tempora maiorum olim habult, sua nunc tempora Pallas , et con imagini grande. Pero qui avanti eran doj vinti superbissimi con letlere Leoni X. P. M. cives (jentilesque, etc.

» Et nel mezo Mirabilis Deus in sanctis suis : Eravi Saul con lettere et versi et tante altre tavoloze per la strada di Monte Jordauo, che séria uno straciar lo calamo, et le orecchie de V. S. In casa del Volterra ve era uno fusto pieno d' imagini, et Teste antique chel più bel spectaculo non si potea far. Similmente in casa di Rossi : ho fatto copiai- tutte le cose poste le portaro in Mantua. Intratanlo ad V. S. me recomando.

» Servo,

» Mario Equicot.a. »

In Romn , xj di Aprile 1513 i.

15 avril. — Messer Jules de Médicis, fds bâtard et posthume de l'oncle du Pontife (et plus tard Pape sous le nom de Clément VII), est fait archevêque de Florence.

Julien de Médicis, alors chef suprême à Florence, où

1 Mario Equicola. Il était d'Alveto, dans le royaume de Naples. Fut le maître d'Isabelle d'Esté et plus tard secrétaire de ses commandements. 11 remplit diverses missions, et connut la Cour de Borne et la Cour de France. Il a beaucoup composé. Sa vie est encore à écrire, et elle serait un sujet à dissertation très - curieuse sur la Cour lettrée de Mantoue au temps de l'Isabelle. On trouvera différentes lettres de lui, écrites de divers endroits, conservées dans les Archives de Mantoue.

APPENDICES ET COMMENTAIRES. 2't3

ou ne l'appelle autrement que il Maynifico, est appelé à Rome, où il arrive le 7 mai.

Négociations en cour de Rome pour réavoir Parme et Plaisance; messer Hieronimo Morone vient à Rome pour en traiter. L'insuccès des armes de Louis XII en Italie, â cette époque, remplit de joie le cœur du Pontife, très-antifrançais alors. « "Xostro Signore non ne fa demonstratione alcuna, ma in secretto la conoscer lanimo suo de non voler francesi per conto alcuno. » {Gabioneta.)

26 septembre. — Jules de Médicis, Innocent Cybô, neveu du Pape, et Rernardo Dovizii da Bibbiena ' sont créés Cardinaux.

1514. 9 janvier. — Départ du Pape pour Viterbe, Montefiascone et Corneto, avec dix-huit cardinaux, pour assister aux grandes chasses du Cardinal Farnèse. « Qui in Roina si fa no mascare e feste asai, imo più che il se piepara moite belle comédie e rapresentationi per il ritorno del Papa e per questa invernata non si dara opéra ad altro che a solazi e piaceri. » (Chiet eyato.)

30 janvier. — Retour du Pape à Rome.

20 février. — Le Cardinal de Gurck parlant du mode de négocier du Pontife avec l'Ambassadeur de Mantoue, dit : « Ponit res in magno taberinlo. »

12 mars. — Le Pape marie une Ridolfi, sa nièce, au seigneur de Piombino. Bruit d'un mariage pour messer Julien de Médicis.

2 mai. — Tremblement de terre dans Rome : ruines de la Maison d'Adrien.

ïl juin. — État d'incertitude politique dans laquelle est

1 Bernardo Dovizii, né à Bilibiena en Casentino en 1470, l'ami et le familier du Pontife. Légat en France en 1518, mort en 1520. Il pratiquait Raphaël, aimait les arts et les lettres, fut l'auteur d ■ la comédie de la Calandra, représentée au Vatican.

le Pontife. Monsignor Louis de Canossa, évêque île Tricarico1, est envoyé en mission secrète ou en France ou en Savoie.

Messer Serapica est le camérier le plus intime du Pape; « atteso la grandissima et unicha intrinsechezza che ha el Pontefice cura Mr Serapicha. »

Laurent de Médicis (le futur père de Catherine), alors dans sa vingtième année, était comme le maître et le seigneur dans Florence; une lettre adressée de cette ville à la marquise de Mantoue, en date du 3 juin 1514, donne cette indication, qui est presque un lahleau : « Ritornassimo a casa a piede per il merchato vecchio et novo, intrando in Santa Liparata et Santo Joanne. Incontrassimo il magnifico Lorenzo catervato da più de cento citadini, che lo accompagnavano a palazo. Lui con dui veghii inanti al paro, ma in megio era perô il più vecchio, veslito col lusso alla fiorentina, parmi veder Messer Joan Bentivolio quando andava a Palazzo : havea cerca octo stafferi, che da ogui canto de la via la accompagnavano con arme : è honorato et obedito corne sel fusse Signore... » (Codelovo.)

19 juin. — Julien de Médicis se rend à Florence poulies joutes et cérémonies.

15 octobre. — Sa rencontre à Viterbe avec l'Isabelle d'Esté, marquise de Mantoue2, qui se rend à Rome.

3 novembre. — Préoccupations du Pape pour les affaires

1 II fut plus tard Evêque de Baveux et Ambassadeur pour le Roi Très-Chrétien à Venise. La bibliothèque de Vérone possède de nombreuses lettres et dépêches écrites par lui et restées inédites.

2 La marquise de Mantoue avait quitté sa résidence pour son voyage à Rome le 5 juin 1514, elle fut à Milan en juillet, août et septembre, et en octobre en Toscane. Elle arriva à Rome le 15, fut à Naples en décembre, revint à Rome, ci fui de retour à Mantoue eu mars 1515,

turques et pour celles des Bentivoglio, dont il désire le rétablissement dans Bologne.

16 novembre. — Acquisition que fait le Pape de la ville de Modène à l'Empereur, au prix de quarante mille ducats. Grande surprise que cause cette nouveauté.

30 novembre. — Bruit d'un mariage qu'aurait fait contracter le Pape, en Espagne, pour Laurent de Médicis, son neveu.

2 décembre. — Mission de Bembo à Venise.

9 décembre. — Julien de Médicis recevra le bâton de général de la sainte Eglise, et se rendra ensuite en Piémont pour y épouser, en grande pompe, Philiberte de Savoie.

1515. 10 janvier. — La nouvelle de la mort du roi de France Louis XII arrive à Rome. Confirmation des bruits d'un mariage espagnol pour Laurent de Médicis. Rupture morale du Pontife avec les Vénitiens. Bembo est de retour de sa mission. Chasses continuelles du Pontife à Campo Salino et à sa terre de la Magliana.

4 février. — « Monsignor Cainerlengho me lia dito e certato cbe questi di, essendo No'stro Signore in castello, che fu alli 20 del passato, firme li capituli del parentato de Spagna Ira li quali sono quelli che la maestà cattolica promette di darli per dote stato nel Reame per x mille diirati, et el Papa promete 100 mille ducati da comprar u no altro stato per aduncta et essendo questo vero como tengo per certo che sia, se po credder quello me stato dito. Hozi Nostro Signore ha fatta la liga cum la Cesarea Maestà e Re di Spagna stipulata e firmata sotto colore perenno délia storia antiqua de voler far guerra contra infedelli, subjecto pertinente a un Papa. » [Gahioneta.)

Messer Alberto Pio da Carpi était alors en négociations continuelles et secrètes au palais, avec le Pontife.

20 avril. — Julien de Médicis est à Rome avec Phili-

berte de Savoie, sa femme. « Et parmi conoscere in lei nna singularhonesta modestia e humanité, di bellezza nondico.»

6 mai. — Le Pape a quitté Rome pour se rendre à sa villa de la Maiana avec les Cardinaux de Ferrare, Aragon, Sienne, Julien de Médicis et Laurent, venu de Florence.

C'est l'époque des négociations curieuses engagées entre l'Empereur, le Roi d'Aragon, le Duc de Milan, Florence et les Suisses, pour former ligue contre la France et Venise. Le Cardinal Jules de Médicis est envoyé Légat à Bologne, et Laurent de Médicis élu général des milices florentines pour les nécessités de la guerre engagée, mais rapidement terminée par le fait de la victoire de Marignan , le 14 septembre. Nouvelles négociations entre le Pape et la France pour un accord entre eux (22 septembre.)

29 septembre. — « La Maestà Cesarea ha mandato qui un suo secretario in posta a la santità di Nostro Signore quel si dimanda messer Àlovse Borgognono per intender la volonta de Sua Santità circà lo acordo in Franza e promette mîrabitia in casu discordiœ. » Canossa, évéque de Tricarico, négociait et traitait alors avec le Roi de France, dans Milan, pour hâter cet accord, lequel, en effet, fut accompli, et décida de la prochaine entrevue du Pontife et du Roi à Bologne.

18 octobre. — Laurent de Médicis portera le traité au Roi avec une suite nombreuse, et lui présentera deux mille bras de brocart d'or.

2i octobre. — Son départ de Bologne pour Milan.

2 novembre (.Milan). — h Jeri ogni santi Sua Maestà andô alla chiesa maggiore di Sancto Ambrogio accompagnato da tutti signori francesi e italiani. Ragionamento più d' una ora col Magnifico Lorenzo. »

10 novembre. — u 11 Ma;;0 Lorenzo a Pavia ha preso licenza del Re e si diceva che landava in posta dal Papa. »

Machiavel termine son livre « du Prince >> et le dédie à Laurent de Médicis.

Novembre. — Le Pape est à Florence", se rendant à Bologne pour l'entrevue.

8 décembre. — Il entre dans Bologne, où le Roi, arrivé le 9, est reçu au Consistoire le 10. Les conférences furent de peu de durée, et le Pape revint à Florence avec Julien et Laurent de Médicis le 22 du même mois.

1516. Janvier. — Maladie extrême de Julien de Médicis. Connaissant les intentions du Pape son frère contre le Duc d'Urbin François-Marie de la Rovère, de qui sa famille avait été l'hôte au temps de son exil, il fait instances, sur son lit de mort, auprès du Pontife afin que Sa Sainteté s'arrête dans l'exécution de pareils desseins. Mais le Pape l'a refusé, disant : « Che attendi pur ad guarire e non se metta fastidio de altra cosa. »

12 février. — Le Pape était encore à Florence, lorsque vint la nouvelle de la mort du Boi d'Espagne , ayant fait son héritier universel l'Archiduc Charles, qui fut plus tard l'Empereur de ce nom. Le Boi de France écrivit alors la lettre suivante à Jouirent de Médicis, lettre curieuse et qui laisse entrevoir ce dont le Boi Très-Chrétien avait pu traiter, entre autres choses, avec le Saint-Père dans son entrevue de Bologne : « Mon cousin, présentement av sceu pour vérité la mort du Bov Darragon, que Dieu absoille. Jescrips a notre Sainct-Pere le Pape affin que Sa Saincteté ait en mémoire et souvenance ce quelle me promist dernièrement a Boulongne comme savez, je vous prie tenir la main que le plustost que faire se pourra sa dicte Saincteté se declaire, car la matière requiert scelerité. Mon cas sera

1 Voyez De ingressu S. P. Leonis X Floreutiam descriptio Paridis de GrdSsis et nolij illustrata a Doroinico Moreni.

prest bientost, jay envoyé quérir mon cousin Prospère Collonna qui aydera bien a laffaire, je tiendray le royaume de Sa Saincteté et je accompliray entièrement ce que Iuy ai promis, et quant a vous, me trouvères tousiours prest a vous faire plaisir ainsy que vous dvs a mon partement, je vous prie de recbef prandre mon affaire a cueur et cognoisses par effaict que aurez faict plaisir à ung Roy qui le recognoistra. Et adieu, mon cousin, quil vous ait en sa garde. A Tarrascon, le iiiip jour de février.

» François.

» Deneufville. »

19 février. — Départ du Pape pour Rome.

•4 mars. — Voyage de la Duchesse d'Urbin à Rome pour supplier le Pontife de renoncer à ses entreprises contre sa maison. — 6 mars. Sa première audience. — 10 mars, u Per la terza volta la Duchessa è stata a N. S. Sua Santità si è inonstrata più austera e difficile , non stando salda in proposito, variaudo el parlare de volta in volta in omiie parte, salvo che in quella de voler castigar esso Signor Duca ove sta fixo e immobile corne un saxo. » (Carlo Agtietlo.)

En nulle occasion plus qu'en celle de l'affaire d'Urbin, le Pape Léon n'a rendu plus manifeste et plus sensible l'extrême ambition qu'il avait de dominer en Italie et de donner un duché à son neveu Laurent de Médicis. Les supplications de la Duchesse d'Urbin ne furent d'aucun effet sur l'âme du Pontife : elle quitta la Cour de Rome entre le 9 et le 20 avril, pour apprendre, à peu de jours de là, que l'ambition de Léon \ à l'endroit de la possession d' autrui était irrévocable. Laurent de Médicis fut élu gonfalonier de l'Église : « Nostro Signore fa tante provision! che non se po expectar altro che la ruina et exterminio de questo povero gioviue Duca de Urbino passato. »

19 mars. Lettre adressée à la marquise de Mantoue par le Cardinal Dovizii da Bibbiena, pour lui annoncer la mort de Julien de Médicis :

« Magro M. P. Tolomeo mio, » Io risposi ultimamente alla lettera di V. S. et le dissi corne el Sor Ioliano stava gravissimo. Piacque poi a N. S. Idio quella sera medessima che fu alli xvn di questo ad hore quattro di notte quella candidiss" anima cbiamar ad se, lasciando tutti uni altri in tante lacrime, et sospiri, quanto forse apieno creder non si puô. Hoggi si son fattc le exequie molto bonorate. Tutto bieri stette il corpo suo nella chiesa di S. Marco ove per vederlo concorse tutta la citlà di Fiorenza, cbe mai non si vide la maggior cosa. E un seculo cbe non mori mai in questa città persona che fosse più grata universalmente a ogniuno, ne délia quale la morte più dispiacesse a ciascuno. La Illma olim sua consorte è tanto afflicta, cbe non è possibile consolarla in parte alcuna, dispostiss" secoudo cbe Ici mi dice, a non pigilar mai più marito. Non ba voluto partirsi di questa Abbatia di Fiesole, ove è morto il marito : expecteva il Co. di Ginevra suo fratello per rimenarla in Savoja, et N. S. anchora mandera in compagnia sua dui o tre Prelati... » Pr° ut Fr. B. Car1'9 Se Me in Portici. » Fesnlii, die xix Martii 1516. »

1517. 18 janvier. — Départ de Laurent de Médicis, nouvellement créé Duc d'IIrbin, pour Florence, avec tous les autres capitaines. Un ambassadeur, annonçant sa présence à Rome, disait : « El novo Duca de Urbino è qua e fa grandissima pompa et e fatto gran signore, e capo di tutta questa faction gelpha. » Et ce même observateur des cboses qui se passaient à Borne et qui en écrivait au Marquis

de Mantoue, beau-père du légitime Duc d'Urbin, déclaré si injustement déchu par le Pontife, lui adressait ce conseil, que lui dictait la politique plutôt que le sentiment : « Signor Illm0 Nostro Signore è giovine , el Sor Duca de Urbino giovine, Dio ha mandato la occasione de unir li animi nostri in perpetuo et pigliar la via a una medema fortuna, seguitamola, lei stia constante e perseveri, per che Nostro Signore e Monsignore Reverendissimo de Medici quale e de grandissima fede et auctorità, lo desideranno, et a questo modo V. S. conseguirà ciô che la vorrà, et Nostro Signor ultra la naturale inclination sarà sforzato a pensar a tuti li comodi et augmentide V. E. » (Gabîoneta.)

28 février. — Affaires intérieures. A la mort du Cardinal de Saint-Pierre aux Liens se présente la question de la chancellerie pour le Cardinal de Saint-Georges, et celle de la dignité de camerlingue pour le Cardinal d'Aragon ; le Cardinal de Médicis, Madonna Alfonsina, et le nouveau Duc d'Urbin, en avaient écrit au Pape des lettere affocade pour détourner le Pontife du choix qu'il voulait faire : « Il Papa fece il terribile. »

30 mars. — La guerre d'Urbin continuait, et ce jour fut celui de la bataille de Mondano, où fut blessé le Duc Laurent, conduit alors à Ancône pour y être soigné , d'où il revint à Florence trois mois après, en juillet. C'est à cette époque que doivent remonter les premières négociations en France pour le mariage du neveu du Pape, entreprises et soutenues par le Nonce Stafdeo et Paul Vettori, l'un et l'autre en résidence à la Cour de François Ier.

L'idée de marier un parent du Pape en France n'était du reste pas nouvelle dans l'esprit du Roi, car il avait de lui-même exprimé cette intention à Laurent de Médicis dans une lettre qu'il lui avait adressée d'Amboise l'année

précédente, en septembre, à l'occasion du compliment qu'il lui adressa sur sa prise de possession du titre de Duc d'Urbin conféré par le Pape son oncle. « Mio eugino, avait écrit le Roi, io ho saputo chel Ducato di Urbino insieme con le sueappartenenzeet siinilmente la prefecturadeRoma ve stata data et ne siate stato investito per Nostro St0 Padre et per il St0 consistorio di Roma per il cbe ne sono stato si gioioso corne se il bene fusse venuto al più proximo parente che io habbia. Iddio per sua gratia ci voglia manteuerelungamente in lutte le félicita e prospérité et spero con laiuto del Creatore e del nostro Santo Padre il Papa e de nostri buoni amici e collegati voi havete ancora più grande e grosse cose, il che per la parte mia niolto desidero e di aiutarvene a mio potere et anchora di maritarvi a qualche bella et buona dama di grande e grosso parentado et mia parente affine che lamore che io vi porto si augumenti et

rinforzi più forte » (26 septembre, Amboise1). Et

Laurent de Médicis, en répondant au Roi, disait : « Quello che la M.V. dice del darmi donna huinilmente e quanto posso ne la ringratio et corne del numptio di Nostro Signore e dallo oratore fiorentino quella debbe haver inteso. Io non ho altro desiderio che pigliarla per le nxani délia Maestà Yostra, etc. » (6 octobre-).

17 octobre. — Mandat de procuration de Laurent de Médicis pour la négociation et la signature de son contrat de mariage.

1518. Dernier jour de février, à Amboise. — La Reine de France, entre quatre et cinq heures du jour, met an inonde un fils auquel le Roi destine le Pape pour parrain.

Décision, à cette époque, de la cérémonie du baptême et du mariage de Laurent de Médicis avec Madeleine de

1 Archive:; do Florence, Carte strozziane, !(. - Archives «le Florence, id,, ibid.

la Tour d'Auvergne. On avait hésité longtemps à la Cour sur le choix d'une fiancée; de nombreux partis se présentaient pour divers princes d'Italie; un familier du marquis de Mantoue avait écrit précédemment les détails suivants sur les deux jeunes femmes que le Roi voulait marier et dont l'une fut Madeleine, que le Duc d'Urbin épousa : « Madamosella di Bologna putta di xvi anni di bona indole et volto piu presto bello che sodo. La forma sua si po chiamar stata : è humana e gentil et quiète in effetto, si corne si monstra nel volto, ha boni modi et gratiati, persona conveniente alla età, ella è nutrita in corte non molto superbamente ne sumptuose, et stassi contenta de dni o tre donne al più in corte, magna continuamente con la Regina alla tavola, et più da altri è istimato che da lei istessa, et credemo séria putta che se lassara governare : non ha molti grandi parenti di la casa sua de Bologna, perche lei et un altra sorella sono restate herede de tutti li béni del pâtre per la morte de soi et per quanto intendemo essa ha de entrala di stato dodecimillia franchi danno che la rortara seco a marito et la sorella che è maritata nel Duca di Albania. Alquanto piu dentrata ha per esser la prima, la quai quando mancassi senza figlioli corne se dice potria accadere, per esser tanto grossa questaltra, succederia a tutta la hérédité che séria circa vinti otto in trenta millia franchi lanno dintrata, secundo intendemo, ma non lhavemo perho per ccrto, la casa sua è nobile et li soi erano Signori de Bologna terra grossa et forte in Pieardia, ma per esser cascata in mani de donne, il Re passato pigliô la terra in se et li ricompensatti in altri terre è castelli de liquali ne cavano la detta entrata, havendo lei le terre et Stato suo separato da quai di la sorella.

» L" altra è una figliola de la Regina di Navarra, la-

t] Liai a quattro figlie, una tic quali è bellissima secondo intendo. Il parentado è nohile dal canto del pâtre che è de Albretto et la maire è di Fois laquai è Regina di Navarra corne herede del Re suo paire , ma non gode al Reame se non una piccola particella di qua li monli Pircnci perche 11 Catholico Re 1' occupa et tiene e per quanto si po intender sono in gran povertà secundo la condiction de Régi per essor forausciti et havendo ricercato il Re X° che essa Regina venga in corte instato da lambasator fiorentino per il parenta che voria far il )l° Lorenzo pigliando una de soi figliole, lei ha risposto che la non ha modo di poter venir in corte, aspettando forsi chel Re li doni il modo, pur è detto che almeno la mandara le figliole, si che pensati che dole si potria sperar da coslei, et che spesa temere da colui che la pigliasse per moglie essendo nala di Re et nulrita regalmente et per conséquente li voria vivere.. Ambosa. 1516. 24 novembre1. »

Il mars. — Laurent de Médicis revient de Rome à Florence pour se préparer à partir pour la France, où se doivent faire les cérémonies de son mariage.

10 avril. — 11 est arrivé à Roanne et se rend à Amboise, où est la cour.

25 avril. — Cérémonies du baptême du fds de France, dont le Duc d'Urbin est l'un des parrains et représente la personne du Pape, son oncle.

2 mars. — Cérémonies du mariage du Duc d'Urbin, Laurent de Médicis, avec Madeleine de Boulogne et d'Auvergne.

Détails envoyés par un témoin vénitien, Bernardino Ghiozo, à Ser Antonio Bataglia, à Venise, sur la cérémonie du mariage de Laurent : u Aviso corne el secondo del présente fu facto el maridazo del Ducha di Urbino in

1 Archives de Mantoue, E. xv, 3.

una chiesia poi la messa dove el Re gli condnsse la sposa a brazo, e poi ancora simelmente la condusse a la casa de la Regina, la quai disnô con la prefata Regina et lo Ducha disnô a la sua caméra, et la sera el Re fece uiio banchetto et fece fare una gran sala di asse alta braza do di terra con le girlande de busso involtato per tutto coperte, poi le sole di tapezarie et similmente tutto circondato con dui capuzelli di brocato d' oro l' uno da uno canto, et 1' altri da l'altro di la dita sala al mezo di la tavola stava lori a canto a lui, da nian drita gli stava lo Ducba de Orbino, poi el Cardinal Roissy, poi lo ambassador del Santo Padre, poi lo Cardinal de Bourges, poi lo Ambassator de Spagna, poi lo Cardinal de Bourbon, poi lo Ambassator sive segretario di lo Imperadore , poi lo Ambassator florentin, poi quel di Ferrara, quel di la Illma Signoria non veera per esser amalato alhora. Ma adesso è risanato, e da la man slancha stava lo Re di Navara, poi Monsignor di Lanson , poi Monsignor lo Contestabile, poi Monsignor di Vandomo, poi lo Ducba di Lorena, poi Monsignor di Ginevra, poi Monsignor di Nevers e poi Mons' di Saint Paul; poi soto l'altro capuzelo stava la Regina, et con essa stava apresso la matre del Re : la matre consorte di Monsignor di Lanson, la Ducbessa di Orbino, la consorte di Chateaubriant , quale e sorella di Mons' de Lautrecb , et moite altre gentildone, et magnando si sonava di molti varii suoni , cbe veramente il Re lia fato grande bonore al prefato Ducba di Orbino, et steteno a tavola circà bore 3, poi balorno altre bore do, et poi la Regina condusse la sposa al lecto, dove lo Ducba e stato laudato di aver bene lavorato lo possesso'. »

1 Extrait des Diarii de Marin Sanuio conservés à la Bibliothèque de Saint-Marc à Venise. Anno 1518.

19 mai. — Le Roi quitte Amboise pour aller au voyage de Bretagne, et le Duc d'Urbin est en sa compagnie pour quelques semaines; il a présenté à Sa Majesté trois coursiers, dont un turc, recouverts d'étoffes d'or pour la valeur de 2,000 écus.

25 mai. — Le Roi étant à Tours, le Duc dTrbin va en poste à Amboise pour y voir la Duchesse, et rejoint ensuite la Cour.

0 juin. — Entrée à Angers du Cardinal Légat Bernardo Dovizii da Bibbiena, Cardinal de Santa-Maria in Porlico.

25 juin. — Le Duc d'Urbin quitte la Cour et se rend à Amboise pour y prendre la Duchesse, et visiter ensuite ses possessions en France acquises par mariage. Avant du partir, il avait été le médiateur de l'envoi par le Pape des deux tableaux de Raphaël , la Sainte Famille et t Archange saint Michel.

Août. — Le Duc et la Duchesse d'Urbin quittent Lyon pour se rendre en Italie, à Florence.

20 août. — Sont à Bologne, le 30 à Poggio, et le 7 septembre entrent à Florence.

30 septembre. — Laurent de Médicis se rend auprès du Pape, à Montefiascone, et revient promptement prés de la Duchesse sa femme.

La nouvelle Duchesse avait amené avec elle une maison presque entièrement française et aussi complète que celle dune princesse régnante. Une feuille des cartons des Strozzi nous en précise le détail :

S vint-Chart, gouverneur ;

Gonzelles, gouvernante des demoiselles;

Six demoiselles;

Gillette, fille de chambre;

Pages ;

Debouschet, aumônier et chapelain;

Puysguillon, maître d'hôtel;

Vanderacher, maître d'hôtel;

Grenelles, écuyer d'écurie;

Cheyssac, maréchal;

La Guesle, échanson;

Le jeune de Villemontets , écuyer tranchant;

Saturnin Botsset, trésorier secret;

Bartholomeo Serisitio, secrétaire et intendant des

dépenses ; MiCHELET, marchand, fourrier des logements: Geillerme, valet de chambre; Rebeqiet, valet de chambre 3 Un estafier;

Pierre Maréchal, économe; Le Bergier, cuisinier; Herpin, sommelier; Rurerto, Florentin, secrétaire.

Un passage d'une dépêche de l'Ambassadeur de Venise Marco Minio près la personne du Pontife, indique que la nouvelle de la grossesse de la Duchesse d'Urbin était venue de France à Sa Sainteté : 14 juin 1518, de Rome : « Da poi

cssendo stato eu m Sua Santità, me disse

pretereà per lettere eh' cl haveva de Franza corne credevano chelaDuchessad'Urbino fusse gravida, ma non affirmavano questo. Me alegrai euin Sua Santità, la quai demonstrava baver grandissima satisfattione et desiderio de ditta gravidanza, et in questo se dilata dimostrando délia satisfattione che si ha délia posterità. Da poi questi ragionamenti li dimandi si el Signor Duca seguiria la Clirislianissima Maestà in Bretagna , etc., etc. » — Autre, 22 juillet : u De Franza haveva adviso el Papa corne il Duca era giunto nel

slato délia moglie cum la quai se ne ritorneria de qui, tenendo il camino per terra et chè cosi l'haveva consegliato per maggîor commodilà délia moglie1 ... »

Décembre. — Commencement de la maladie de Laurent de Médicis. Le 21 de ce mois, il se fait transporter à la villa Sassetti, sur les collines de Montughi. Est ramené dans Florence en avril , au moment des couches de la Duchesse.

" 1519. 13 avril. — Madeleine de la Tour d'Auvergne, Duchesse d'Urbin, accouche d'une fille, qui fut Catherine de Médicis.

16 avril. — Baptême de la Duchessina dans l'église de San-Lorenzo.

18 avril. — La maladie de la Duchesse, sa mère, se déclare.

28 avril. — Mort de la Duchesse, et lettre du Duc, son mari, malade lui-même, pour en annoncer la nouvelle à Home au Cardinal de Santa-Maria in Portico. Mais l'avis en était parvenu le jour même à Rome, car, à cette date précise, l'Ambassadeur vénitien Marco Minio avisait ainsi la Seigneurie : « 28 aprile , Roma.... La illustre Duchessa de Urbino è morta, par non fusse ben purgata dapoi il parlo. Lo illustre Ducha ancor lui si sente alquanto gravare, mai si ha potuto risanare del tutto, si dubita per la morte de la Duchèsa non habia perovare perché grandemente l'amava : per tanto la Santità del Pontefice ha manda to di Fiorenza il R° Cardinal de Rossi , in quai questa matina è partito per le poste 2. »

1 Dépêches de l'Ambassadeur Minio. (Papiers et documents pos- 3i ?dés pat M. Rawdon Brown à Venise.)

'-' Copies des dépêches de Marco Minio , chez M. Rawdon Brown,

à Venise.

A mai. — Mort du Duc d'Urbin, Laurent de Médicis, père de Catherine.

L'Arioste, le célèbre auteur de VOrlando, que le Duc de Ferrare avait chargé de se rendre en mission de condoléance auprès de Laurent de Médicis, au reçu de la nouvelle de la mort de la Duchesse sa femme, arriva le jour même de la mort du Duc; aussi écrit-il à son Prince les lignes suivantes : " Illustrissimo mio Signor, Hor hora , che son xix hore, son giunto in Fiorenza, et ho trovato che questa mattina il Duca d'Urbino è morto. Per la quai cosa sono assai in dubbio di quello che ho a far e perché andar a condolermi de la morte délia Duchessa non so con chi; maximamente che mi par che la morte del Duca importa tanto, ch' abbia fatto scordare il dolore délia Duchessa. Finalmente mi risolvo di aspettare nova commissione da Vostra Excellentia, et in questo mezo starmi nascoso con messer Pietro Antonio, acciô parendo ch' io mi condoglia col Card1 de Medici et con quel de'Rossi, de quali F uno o 1' altro s' aspetta oggi o domattina '. »

Machiavel a cru devoir résumer en quelques lignes, conservées originales dans les Carie Slrozziane, les qualités de ce Médicis; mais comme ces lignes étaient destinées à être mises sous les yeux du Pape, oncle du Prince dont il est question ici, il est permis de se demander si le caractère de Laurent n'est pas décrit ici d'une manière exagérée pour la part du bien :

u Io non voglio lasciare indietro di dar\e nolitia del modo del procedere del Magnifico Lorenzo, che è suto iufino ad qui di qualità, che gli ha ripieno di buona speranza tucta questa città; et pare che ciascuno cominci ad riconoscere in lui la felice memoria del suo avolo; perché

1 Voyez Opère m mon, t. II, |>. S.).).

Sua Magnificentia è sollecita aile faccende , libérale et grato nella audienza, tardo et grave nelle risposte. El modo del suo conversare è di sorte che si parte dagli altri, tanto che non vi si riconosce drento superbia, ne si mescola in modo che per troppa familiarité, gêner i poca reputatione. Con i giovani suoi ecpiali tiene taie stilo, che non gli aliéna da se, ne anche dà loro animo di fare alcuna giovinile insolentia. Fassi insumma et amare et reverire, piultosto che temere; il che, quanto è pin difficile ad observare, tanto è pi ù laudabile in lui.

» L'ordine délia sua casa è cosi ordinato, che anchora vi si veggha assai magnificenza, et liberalita, nondimeno non si parte da la vita civile. Talmente chè in tucti e progressi suoi extrinseci et intrinseci, non vi si vede cosa che offenda, o che sia reprensibile , di che ciascuno pare ne resti contentissimo. Et benche io sappia, che da molli intenderete questo medesimo mi è parso di scrivervelo, perché col testimone mio ne prendiale quel piacere che ne prendiamo tucti noi altri, e quali continuamente F observiamo; et possiate, quando ne abbiate occasione, farne fede per mia parte alla Santità di Nostro Signore1. »

4 mai. — La- nouvelle de la mort du neveu du Pape parvient à Rome le jour même, et le lendemain, 5 du mois, l'Envoyé de Manloue rapporte en ces termes les impressions douloureuses de Léon X, si cruellement frappé par des malheurs si rapides : « Eri me transferite a palazzo e benche tuti aditi fusseno reclusi per la nova de la morte del Ducha Lorenzo, niente de meno per benignità del Nostro Signore, per amor de Vostra Eccelenza, incontinente fui intromesso, la quale subito me piglio

1 Archives de Florence, Carte Slrozziune, filza 381 , inserto 13, d'après l'original autographe.

per la mano dicendomi con gran pietà che Fera pur morto suo nepote e cum gran confidentia si sfogô asai eu m me, ... H disse che Dio non bavera mai abandonato quella in ogne fortuna e che era comune opinione de tutta la corte che Dio havesse fatto questo per ben suo, me respuose che Dio e Nostra Madonna e li Santi Apostoli sapevano quai fusse stata sempre la sua volonta e bon animo suo, benchè qualche volta se havesse lassato vincer a la carne como fanno gli altri siche de omnibus rengratiava la bonta divina demostrando al fine de tutti li ragionamenti uno grande animo e non prosternato.

» Hozi essendocum M. Pietro Ardinghello quai fu secretario del Duca Juliano, et quale è quello che fa tutte le expeditione secrète intesi da esso che essendo questa mattina a bon hora cum Nostro Signore la Santita sua, dapoi lungi discorsi de la morte del nepote disse queste parole : Dominas dederat, Do minus abstulit, et subiungendo che ringratiava Dio de ciô che piaceva alla Maestà Sua a che como homo de la casa de Medici haveva sentito grandissimo dolor de vedder la posterita de casa sua quasi a modo extincta, ma como Papa Leone era contentissimo perche Dio lo aveva cavato de servitu de principi de li quali non ha più de bisogno, ma essi si ben de lui, cum moite altre parole tendenti che non vuole più pensar ad altro che alla Exaltatione et utile délia Sede apostolica.

» Cum Monsignor R° de Medici non ho potuto far quello che me scrive V. E. per esser andato a Firetize dove starà qualche mesi, me sta detto che S. Ra Signoria era in opinione chel Duca Lorenzo sposasse quella villana da Santo An;;elo loco vicino qua a Roma xx itiilia, de la quale essendo fantescha di Madonna AJfonsina sua matre ne hebbe uno figliolo maschio quai è vivo per che la predetta Madonna Alfonsina non habia voluto consentir per non

voler per auora una villana sua fantescha. Ancora non si sa <lie habia fato testainento e che dispositione habia fatto de le cose sue; de questa morte « multi gavisi sunt et n multi contristabuntur ' . »

12 mai. — La nouvelle de la mort de Laurent de Médicis arrive le soir à la Cour de France.

15 mai. — Le Roi envoie un de ses gentilshommes au Pontife, pour se eondouloir de la mort du Duc d'Urbin et le prier de penser à marier sa fille Catherine au fils bâtard de Julien de Médicis, pour l'investir du duché d'Urbin.

Mai. — Départ de Rome du Cardinal Jules de Médicis, créé Légat en Toscane, pour aller prendre le gouvernement de Florence. Il v séjourne jusqu'en octobre, et vient momentanément à Rome, y amenant Madonna Alfonsina, grand'mère de Catherine de Médicis, et Catherine ellemême, ne comptant alors que six mois.

12 juin. — Dimanche, à une heure et demie, nait Cosimo Giulano Romulo de Médicis, fils de Giovanni délie Bande nere et de Maria Salviati, à qui les destins réservaient de devenir le second Duc de Florence le 21 juin 15:37, et le premier Grand-Duc de Toscane par bulle du Pape Pie V, le 27 août 15G93.

19 août. — Mort du Cardinal de Rossi, l'ami dévoue et intime du Pape, représenté dans le célèbre tableau de Raphaël, u II Cardinal de Rossi è passato ail' altra vita, una sua bona abbatia che è in Fiandra estimati chel Cardinal Salviati l'havera. Un altro assai buon beneficio che

1 Archives de Mantoue; E. xxv, Roma. Dépêches de Gabioneta, Archidiaconus Mantuœ.

- Voyez Giornale Storico detjli Arc/tir ii di Toscana , anno II, 1858, p. 13; Alcuni fatti tlella yioviuezza di Cosimo I di Mediii illustrât] con i document! contemporanei.

credo sia in Savoia havera Monsignor de Medici. El Papa ha pianto e piange e dice publicamente che la moite del fratello e quella del nepote non si dolsero pin di quello che se habbi fatto questa '. » (Gabioneta.)

27 août. — Des nouvelles viennent de Florence affirmant an Pape que sa nièce, la jeune Duchesse d'Urbin, Catherine de Médicis, est à toute extrémité. <> Heri venne nuova che quella puttina restata dal M0 Lorenzo stava per morir e credo che a quest' ora la sia morta. El Papa ancor di questo ne ha mostrato despiacer assai, atteso al modo che Sua Santità tiene in simil cose che suole passarsi assai legiermente. » (Baldassare Castiglione.)

2 septembre. — Autres nouvelles de Florence annonçant que la santé de la jeune Duchesse est à la veille d'être rétablie.

11 septembre. — Le Cardinal de Cortone part de Rome pour aller remplacer à Florence le Cardinal de Médicis.

C'était le temps des négociations si actives de l'élection à l'Empire, à laquelle aspiraient le Roi de France et le Roi d'Espagne. Rome y avait la main, et cette note sur les intentions et les inclinations du Pontife se rencontre dans une dépêche de l'Envoyé de Mantoue, le célèbre Castiglione : « Francesi solicitano quanto che possano il Papa che se declari et offeriscono assai e se mettono moite gelosie. 11 Papa de natura sua e pur inclinato a Spagnoli che a Francesi, aborisce et ha in odio e terni questo nome de imperator massimamente in costui che è tanto poten'e. » Alberto Pio da Carpi était alors chargé, en Cour de Rome, des intérêts français, « maneggia le cose de Francia et sera questo Ambasciator résidente del Re Christianissiino. »

1er octobre. — Arrivée du Cardinal de Médicis à Rome.

1 Archives de Mantoue, xxv, Borna.

29 octobre. — La preuve de la présence de Catherine à Rome est dans l'extrait curieux de cette dépêche de l'Ambassadeur de Venise : « Heri ritoruai a palazo per esscre cum la Santità del Pontefice e ritrovai Sua Santità che vada audientia... Dapoi me fece chiamare. Io le disi che era venuto a far riverentia et alegrarme de la sua ritornata incolume et cum optima dispositione de corpo corne la vedeva et che aveva differito a far questo offitio, per non esserlî molesto. Subito me rispose « Sapemo che heri fussi » qui ma convenissemo s tare cum ^ladonna Alfonsina et « Recens fert œrumnas Danaûm » et queste parole, le dise cura le lacrime neli ochii et me dise alcun cose in questa materia et che la puta al quondam D. Lorenzo era bella e grasota '.

1520. — Le Pape et la Cour romaine avaient passé la fin de l'automne et les premiers temps de l'hiver dans les divertissements et les plaisirs à la mode sous ce pontificat, c'est-à-dire en représentations de comédies antiques et en chasses au cerf, tant à Corneto, chez le Cardinal Farnèse, qu'à la Magliana, cette belle et somptueuse villa des Médicis; mais Léon fut attristé dans ses joies par la mort soudainement arrivée de Madonna Alfonsina, mère de Laurent et grand'inère de Catherine. « Lunedî di sera M" Alfonsina monte, et il Papa in questa hora faceva recitare una comedia. — Essa fu sepulta al Popolo, nullo adhibito honor per che cusi ordinô nel suo testamento in el quale ha lassato suo herede la Santità di Nostro Signore. In la hérédité sua de cose immobile se sono ritrovati xi mille ducati et polize per A mille argenti, per x mille zoglie cum altre belle cose per 100 mille e più2. »

§ février. — Florence ayant prié le Pape de rappeler

1 Papiers el documents véritiens possédés par M. Rawdon Brown.

2 Archives de Mantoue, E. xxv.

de ses fonctions de gouverneur de l'Etat le Cardinal de Cortone, le Cardinal de Médicis reçoit charge de l'y remplacer, et part de Rome pour se rendre à Florence.

Le même jour, le Cardinal de Sainte-Marie in Portico, revenu de sa légation de France, fît son entrée publique dans Rome, et reçu en consistoire public, selon l'usage, le 11, il prononça en consistoire secret la relation pertinente aux affaires qu'il avait négociées.

7 avril. — Mort inattendue de Raphaël d'Urbin.

10 avril. — Mort d'Augustin Chiggi, grand financier de Léon X.

7 mai. — Arrivée à Rome du Duc d'Albanie, beau-frère du défunt Laurent de Médicis et oncle de Catherine. Le Pape le reçoit avec de grands honneurs, et lui donne accueil au Vatican , dans les chambres qu'occupait le Cardinal Cybô (appartements du Pape Innocent).

17 mai. — Arrivée à Rome de l'Ambassadeur de France, Monsr Du Pin.

13 octobre. — Départ du Pape pour Monterosato, lieu de plaisance du Cardinal de Médicis.

24 novembre. — Voyage du Pape à Corueto pour les chasses habituelles. Le Cardinal de Médicis vient de Florence avec une suite de 300 chevaux, pour se rendre ensuite à Rome avec le Pontife, et séjourner auprès de lui jusqu'à l'Epiphanie.

Novembre. — Maladie et mort du Cardinal Dovizii de Ribbiena.

29 décembre. — Projet du Pape de se rendre à Florence et d'y déclarer le mariage entre sa nièce Catherine et le fils bâtard de Julien de Médicis, llippolvte « de la quai cosa V" Eccellentia puô fare de molti discorsi e iudici de moite cose che poteriano in futurum succedere. » (Gabioneta.)

APPENDICES ET COMMENTAIRES. 2fi.")

1521. Mars. — Tourments et inquiétudes que cause Martin Luther à Léon X. « Il Papa sta con molto fastidio délie cose di Martino Luther et l'estima assaissimo. » (Casliglione.)

Les vers du Pasquinio étaient alors recherchés dans les cours d'Italie, et Castiglione donnait à cette époque, à la marquise de Mantoue, cette information : « Li versi che quclla mi domanda di Pasquinio non se haveranno insino al ii di de maggio, perché cosi è la usanza; de quelli che gli an ni passati , non sapreî dove trovarne uno : perché ordinariamente fanno, corne foco di paglia e scritti e dati fora, non si riveggon più, perche in vero al più délie volte sono ancor quasi corne cose fatte ail' improviso '. »

10 avril. — Entrée du Cardinal de Lorraine.

8 mai. — Alliance de Léon X avec Charles-Quint et les Suisses.

Mai. — Le Duc d'Albanie, oncle de Catherine, convoite près la Cour de Rome le titre et la charge de gonfalonier de l'Église, ayant pour concurrent le marquis de Mantoue.

28 juin. — Léon X était redevenu acerhe ennemi des Français : « Anchora Sua Santifà se dolecte in concistorio de moite cose gli hanno fatto francesi contra Ihonor suo e de la Sede apostolica in modo che scopramente non manchara dogni opéra per la ruina loro. » (Castiglione.)

1er juillet. — Consistoire dans lequel le Marquis de Mantoue est nommé gonfalonier de l'Église.

Mort du Cardinal de Saint-Georges.

Le Pape passe une partie de l'automne à la Magliana, et il y apprend le 25 novembre, avec un plaisir indicible, l'expulsion des Français que Lautrec commandait à Milan, laquelle eut lieu le 19.

1 Archives de Mantoue ; E. xxv.

27 novembre. — Indisposition du Pontife. Consultation des médecins.

29 novembre. — Les affaires sont suspendues. « Questa poca di indispositione di Xostro Signore tiene intenebrati tutti noi altri e non lassa che si possi negotiare ne far cosa alcuna. » (Castiglione.)

2 décembre. — Baldassare Castiglione annonce, par la lettre ci-jointe, la mort de Léon X, advenue dans le cours de la nuit précédente. On retrouve dans la forme et le style de cette dépêche, si brève qu'elle soit, l'élégance et la distinction habituelles au célèbre et populaire auteur du Corteyiano :

u Illustrissimo et Exm° Signor et Patron mio. Heri e questa notte ho scritto a V. E. coine Nostro Signore stava in gran periculo délia vita : hora gli aviso corne pur questa notte aile nove bore è passato contra la espeltatione de ognuno, cioè che dovesse morir cosl presto. Tutta questa corte è consternata. Hoggi sono otto giorni che ritorno dalla Magliana con tanta allegrezza (secondo che diceva Sua Santità) quanta fu quella quando fn fatto Papa. E venegli incontrô tutto il mondo a congratularci, e li fanciulli con rami d'oliva in ma no. Hoggi sera un altra pompa molto diversa da quella. Cosi fa la fortuua de quelli tralti quando gli piace. Nostro Signor Dio rompe li nostri vani dissegni corne allai piace... In Roma, al secundo di décembre MDXXI, due hore i nanti giorno, de V. S. I. fedellissimo servitor.

» Baldassare Castiglione '. »

La leltre suivante, du môme jour, adressée à la ^Marquise de Mantone, sa souveraine, est plus précise encore :

1 Archives de Mantuuc, E. xxv, Borna.

« Il Pontefice si confessé heri devotissimamente e stava in termine che ne li medici ne altri pensavano che Sua Santità dovesse morir, almeno questi di. In un subito li manche la virtù : è cosi se ne andô : è parso il più strano caso del mondo : domenica passata hebbe la nova délia presa di Milano è questa altra domenica è morto : la infirmita è stata doppia tertiana, ma sempre tanto legiere che non è mai stato persona che se ne habbia fatto caso, excetto chel sabato venendo la domenica cbe è quella notte aliéné la virtù in quanto se diria un Pater Noster : li cadde mirabilmente. Pur la dorninica mattina stava tanto bene cbe non pareva che li fosse un suspetto al mondo e cosi stelle infino a l'Ave Maria, che li comincié un poco di freddo e a quella hora che di sopra ho detto si spazzo. Tutta la notte hebbe affano assai de non voler star coperto : altro accidente non havea di sete, ne doglia di core ne di testa : talhor alienava un poco : queste grandezze mondane fano cosi e già cominciasi a preparar qualchuno che spera il Papato, ma chi siano non lo dico à V. E. perché poco mancha che non siano tutti... di Roma il 2 di décembre MDXXI.

» Baldassare Castiglione '. »

1522. 12 janvier. — Trois jours après l'élection du nouveau Pontife Adrien VI, le Cardinal de Médicis quitte Rome pour retourner à Florence; il est en juillet à Bologne, ayant jusqu'alors conservé le titre de Légat. Conjuration dite de 1522. — Retourne à Florence en octobre 2.

1 Archives de Mantoue, E. xxv, Roma.

- Voyez dan.s le Giornale storico degli Archivii Tbscani, année 1859, 4. Document! délia congutra fatta contro il Cardinale Giolio Medici, publiés par l'érudit C. Guasti.

2fi8 APPENDICES ET COMMENTAIRES.

1523. 18 avril. — Le Cardinal de Médicis habite Careggi, ayant demandé dès janvier, an Pape, à résider continuellement en Toscane. — Il tient auprès de lui Blesser Pietro Aretino.

14 septembre. — Mort du Pape Adrien VI. 19 novembre. — Le Cardinal de Médicis est élu Pape et prend le nom de Clément VIL

1524. 18 mai. — Entrée à Florence du Cardinal de Cortoue, chargé du gouvernement de la Toscane. — Hippolvte, fils naturel de Julien, y arrive, présenté et reçu comme un héritier des Médicis.

2 septembre. — « Due giorni sono entré in Fiorenza il Signor Ippolito ' a mezza hora di notte : non volseno li andasse a incontrarlo. La mattina seguente che fu Mercore andô a visitare la signoria vestito alla fioientina, accompagnato da molti cittadini a pie sempre : cosi andô a torno per la terra. E stato visto molto volentieri e si ne aspetta buona speranza, è di gentile aspetto, buonissimo parlare e modestissimo '. »

Les années 1524, 1525 et 1526 se passent, pour le Pape Clément VII, en négociations aussi inconstantes dans les effets que variées dans les formes, et qui mériteraient qu'on leur consacrât une histoire particulière sous le titre de Manéyes politiques du Pape Clément VII. Les archives de France, d'Espagne, d'Angleterre, et toutes celles des anciens États d'Italie abondent en documents d'un intérêt

1 Le fils naturel de Julien de Médicis, et cousin de Catherine, élevé à Rome avec elle, et celui que plus tard elle eut voulu épouser. Mais il fut lait cardinal en i-"ï29. bien qu'il n'eût aucune inclination pour les ordres. Il mourut à Itri, dans le rovaunie de Naples, en iô.'iô, empoisonné, dit-on, par commission d'Alexandre de Médicis, Duc de Florence, son cousin.

2 Archives de Mantoue, E. xxvn. Firenze.

extraordinaire. La diplomatie universelle avait l'œil fixé sur Rome, et jamais époque ne fut plus féconde en tergiversations singulières, traversées elles-mêmes par des faits d'une importance et d'une conséquence insolites, se résumant d'ailleurs en ceux-ci :

a 1523. Reprise de possession du Milanais par François II Sforza, et retour des armées françaises en Italie avec l'amiral Bonnivet. Siège de Milan. Le parti de l'Empereur soutenu contre le Roi, par Charles de Bourbon. — 1524. Défaite de Bonnivet et sa retraite de la Lombardie. Nouveau retour des Français après le soutien de la lutte contre les Impériaux, en Provence. Union, puis désunion du Pape et de l'Empereur. Le Pape se tourne du côté des Français. Lutte ouverte en Lombardie. — 1525, 24 février. Bataille de Pavie. Le Roi prisonnier. — 1526, 17 janvier. Traité entre l'Empereur et le Roi dans Madrid. Retour du Roi en France. Guerre nouvelle en Lombardie. Siège de Milan par les Impériaux, et prise de la ville le 24 juillet. Affaire du Pape et des Golonna, appuyés par l'Ambassadeur impérial (20 septembre). Charles de Bourbon marche sur Rome. — 1527. Guerre active des Impériaux contre le Pape. Trêve du 25 mars, puis sac de Rome le G mai. — 1528. Guérie dans le royaume de Naples. Défaite des Français. — 1529. Guerre dans le Milanais; la paix de Cambrai (5 août). Négociations à Bologne, entre le Pape et l'Empereur, et la ligue perpétuelle des États Maliens avec l'Empereur, les Florentins exceptés '. —

1 « Pace più funesta, dit Giuseppe Gampori, d'o{;ni crudel guerra ail' Italia. » La paix du Bologne, étudiée avec conscience et sangfroid, serait un des beaux sujets d'étude politique qui pourraient être traités en ce moment. Une base excellente pour un tel trava i' est le « Maneggio délia pace di Bulogna (1529) ir.i Clémente VII, Carlo V, la Reppublica di Venezia, e Francesco Sforza » par le Do(;e

1530. La coronation, dont on peut dire que la cérémonie lut la journée finale de cette terrible période de la vie politique et militaire de l'Italie , déchirée et ruinée plus qu'elle ne l'avait jamais été depuis l'invasion des Barbares '. »

1525. — Peu de temps après la journée de Pavie, le Pape fait quitter Rome à Alexandre de Médicis, fils naturel de Laurent, à Catherine de Médicis, pour rejoindre Hippolyte et le Cardinal de Cortone à Florence. Éducation de Catherine confiée à Madoima Clarice Strozzi, dans le palais des Médicis de la Via Lanju.

1527. 2(3 avril. — Tumulte dans Florence contre les Médicis et leurs partisans. Tentatives du Cardinal de Cortone, appuyé par le Duc d'Urbin et l'Ambassadeur de Venise, pour empêcher l'éclat d'une révolution.

11 mai. — La nouvelle du ;>ac de Rome arrive à Florence et fait reprendre courage à la faction adverse aux Médicis.

16 mai. — Succès de cette faction, du en partie à la faiblesse du Cardinal - gouverneur des jeunes Médicis déclarés exilés.

17 mai. — Départ des deux Médicis, Alexandre et Hippolyte.

Niccolô da Ponte, publié dans !<■ volume IX des lielaztoni degli Âmbasciatori Veneti, p. 141 à 2V7.

1 François Sforza annonçait ainsi de Bologne aux Milanais la date désignée pour cette cérémonie si pompeuse : « Et per che la Cesarea Maestà ni ha fatto intender che alli xxmi di questo (febraro) che c il suo giorno natale e nel anal ha recevuto infinité vittone, e per prender la corona sua del imperio, ci siamo risoluti non part ii si de qui -in che non sia segoitta la coronation e di S* M in laqnale intervenerano il S. Doca di Savoia Sr Marchese di Mautua e Monferato. »

Faction des Ottimati dominante avec Niccolô Gapponi.

Mai. — Catherine de Médicis, qui avait été envoyée dès les premiers troubles à la villa de Poggio Caiano avec Madonna Clarice Strozzi sa tante, est enlevée de cette villa des Médicis par ordre de la Seigneurie, et confiée aux Nonnes du couvent de Sainte-Lucie, dans la Via San Gallo.

Madonna Clarice l'en retire de sa propre autorité, puis, redoutant une sédition plus violente, la reconduit au cloître qui fut sa résidence jusque vers la fin de cette année 1527.

Décembre. — Catherine est retirée du cloître de Sainte- Lucie pour être confiée à celui de Sainte-Catherine de Sienne, où le sieur de Velv, ambassadeur de France, obtient de la Seigneurie de la retirer pour la conduire au couvent des Mur aie.

1528. 7 décembre. — Entrée de Catherine de Médicis dans ce couvent dit délia Santissima Annnnziata délie Murate.

1529. 17 avril. — - Avec l'exclusion de Niccolo Capponi, et l'élection de Francesco Carducci, le parti des modérés succombe , et la faction démocratique — Arrabiali — est au pouvoir.

29 juin. — Traité de Barcelone, conclu entre Clément VII et Charles-Quint, lequel promet sa fille naturelle Marguerite à Alexandre de Médicis.

Hippolvte de Médicis est créé Cardinal.

Armements des Florentins.

5 août. — Paix de Cambrai entre l'Empereur et le Roi, qui ne comprend pas les Florentins dans ses articles.

12 août. — Charles-Quint s'embarque en Espagne sur les galères d'Andréa Doria pour se rendre en Italie. Il arrive à Gênes et se rend de là à Plaisance, Reggio et Modène, se dirigeant vers Bologne, où devait avoir lieu

l'entrevue avec le Pape, la négociation de la paix et le couronnement.

Le Prince d'Orange, sur l'ordre de Charles-Quint, à l'instigation de Clément VII, se prépare à envahir la Toscane.

Août. — L'Empereur arrive à Gênes; les Florentins lui envoient quatre ambassadeurs, dont la mission fut sans succès.

Septembre et octobre. — Premiers temps et apprêts du siège de Florence, dont la défense est acharnée.

5 novembre. — Entrée de l'Empereur à Bologne, où il trouve le Pape Clément VII.

1530. — Continuation du siège de Florence. Épuisement et famine. Longueur extraordinaire du siège de la ville.

22 février. — Charles-Quint reçoit du Pape la couronne lombarde, et le 24 la couronne de l'Empire.

22 mars. — L'Empereur quitte Bologne, et arrive le 25 à Mantoue.

9 avril. — Retour du Pape à Rome.

20 juillet. — Salvestro AJdobrandini est chargé de retirer Catherine de Médicis du cloître des Murale, que l'on considère comme trop partial pour les Médicis, et elle est conduite au cloître des Nonnes de Sainte-Lucie.

12 août. — Florence, épuisée, consent à traiter avec Ferrante Gonzaga, qui avait succédé au Prince d'Orange, et avec Baccio Valori, commissaire de Clément VIL Elle ouvre ses portes, et en septembre, le retour des Médicis est décidé.

Octobre. — Dès les premiers jours, Catherine de Médicis est retirée du monastère de Sainte-Lucie et conduite à Rome, près de Clément VIL Elle avait alors onze ans et six mois.

1531. 12 mai. — Avis du prochain retour d'Alexandre

de Médicis avec l'Évoque de Vasone et les autres procuratori ponte fici qui étaient partis en septembre pour Augsbourg et pour les Flandres, afin de rendre hommage à l'Empereur, qui avait déclaré cet Alexandre chef de la république de Florence '.

1er juin. — La Seigneurie élit quatre Ambassadeurs pour aller au-devant du Médicis (alors fait Duc di Gitta di Penna).

3 juillet. — Arrivée de Mussetola , ambassadeur de l'Empereur à Florence, pour installer le Médicis, qui entre le 5 et prend possession, « Al v di présente, el Duca Alesandro entrô in Fircnze honoratissimamente, smontù in casa sua el di seguente andô a visitar la Signoria in Palacio, el Sor Mussetola fece un orationc corne oratore Ce»areo, costituo el predetto Duca primariodi questa republica corne erano stati Cosmo , Lorenzo, et altri soi predecessori. (G. Andreasi.)

1 lies Archives de Milan renferment de très-intéressantes dépêches sur le séjour de l'Empereur dans Augsbourg et dans les Flandres. Ces documents méritent une attention particulière. L'Envoyé était Bernardinus Ghilinus.

Pièces et documents consultés, relatifs aux négociations du mariage de Catherine de Médlcls.

Ces documents sont très-nombreux et appartiennent à des archives de différents Élats. L'indécision du Pape, ses tergiversations, son instinct inné à ne jamais donner une réponse positive aux négociateurs, ont occasionné un nombre infini de dépêches qu'il serait d'ailleurs inutile de reproduire en entier, tant elles sont pleines de redites ou de détails déjà connus. Nous ne signalerons donc ici que les passages qui nous ont paru mériter quelque intérêt, soit parce qu'ils touchent à la personne même de Catherine, soit parce qu'ils mettent à jour le mode et la façon ambigus avec lesquels le Pape, son parent, traitait cette affaire dite le marlarje de sa nièce.

Dès 1524, au mois de mars (Catherine n'ayant encore que six ans) , apparaît pour la première fois dans les documents le projet de la déclaration d'un mariage entre la petite Médicis et le second fils de France. Le Roi Très-Chrétien avait alors un puissant intérêt à se concilier l'esprit du Pape, et il avait cherché à séduire sa politique en caressant son ambition au moyen d'une alliance grosse de promesses. Castiglione, toujours digne de créance et le mieux informé de ceux qui approchaient Clément VII, dit, a la date du 30 mars : « Il Signor Alberto (da Carpi) offerisce al Papa per parte del Christianissimo di far Re di ?Sapoli llippolito, figlio del M" Juliauo, et la fiy/lo/a del Duca Lorenzo,

darla al secondogenito et farloDuca dî Milano'. » La confusion des événements avait ensuite détourné le cours de ces négociations, qui furent reprises six ans plus tard, vers la En de 1521).

Pendant l'hiver de 1530, Francesco Gonzaga, Ambassadeur de Frédéric, Marquis de Mantoue, avait donné suite à quelques ouvertures pratiquées par son collègue Malatesta auprès du Pontife, à Bologne, pour une alliance à contracter entre Catherine et son Souverain; mais elles furent tôt abandonnées à la suite d'une conversation qu'il avait eue le 18 janvier avec l'Evêque de Vasone, confident de Sa Sainteté pour ses affaires de famille, lequel répondit : « Che ben era vero che quando Sua Signoria ne parlé col

1 Baldassare Castiglione était alors à Rome, pour la troisième fois, au service de son souverain le marquis de Mantoue; il partit peu de temps après Nonce du Pape en Espagne, et y mourut. Il est l'un des plus célèbres Italiens qui à cette époque aient honoré les belles-lettres et les négociations diplomatiques. Son goût pour les arts lui valut l'étroite amitié de Raphaël. Né en 1468 à Casatico, près Mantoue, il fut chargé d'une mission en 1506 auprès du Roi d'Angleterre, fut un des hôtes les plus assidus de la célèbre Cour d'Urbin, et fut envoyé à Rome, Ambassadeur de Mantoue, en 1519, au mois de mai; sa première dépèche est du 27 de ce mois. Parti pour Mantoue pendant l'hiver de 1520, à l'occasion de la mort de sa femme, il revint à Rome au mois de juillet, et y résida jusqu'en février 1523. Revenu à Mantoue, il repartit pour Rome en novembre, pour y saluer Pape celui qu'il avait tant connu comme Cardinal de Médicis et près duquel il resta jusqu'au 8 octobre de l'année 1524. En 1525, au mois de mars, Baldassare C;istiglione partit Nonce du Pape auprès de Charles-Quint, alors en Espagne, et mourut en avril 1529, à Tolède. Les Archives de Mantoue renferment de nombreuses dépèches, la plupart autographes, dont un grand nombre ont été publiées à Padoue en 1769, par Serassi.

Pontefice retrovô Sua Santità meglio disposta et più pronta à questo partito che ad alcun altro cbe li fosse apparso, per li respetti che gia anche sono slati scritti, ma se propose il passarsene per hora senza farne altra demostration ne pratica, per esser la putta in Firenze in un monasterio, et non nelle forze de Sua Santità che corne si havesse punto di sentore di questo mottivo, non è dnbio che Fiorentini non facessero di Loi quello che anche F altro di vi scrissi. » Le but et le désir de la Maison de Mantoue aurait été d'obtenir avec la main de la Médicis la possession du petit État de Garpi, occupé alors par le Duc de Ferrare. Mais telle n'était pas l'intention du Pape, dont la volonté n'était pas moins grande de bien doter sa parente. « Perché Sua Santità, ajouta l'Evoque, la ama molto teneramente et la tiene cara al possibile et ch'el sia il vero, Vasone me ha giurato che una délie cause de far ingrossar tanto maggiormente 1' animo di Sua Santità verso Fiorentini et accendersi in più sdegno et odio contra de loro è stata lo haverli denegato de darli nelle mani questa firjliuola, che infinité volte Sua Santità gli ne ha fatta instantia ma mai non la hano voluta compiacer di modo che gli è parsa troppostrana si mil renitentia tanto înjusta et deshonesta et fuori d'ogni termine de humanité. » (Francesco Gonzaga.) Les précieux documents conservés aux Archives de Milan dénotent que le Roi de France avait réentrepris la négociation du mariage de Catherine avec l'un de ses fils. Il n'a ait pas alors proposé le Duc d'Orléans, son second fils, mais Charles, son troisième. Le Pape avait recommandé le secret le plus entier, dans la crainte que sa divulgation ne persuadât aux Florentins de tenir la jeune héritière sous une surveillance plus jalouse. Le Cardinal de Gramont, présent à Bologne, et qui accompagna ensuite le Pape à Rome et s'y tint jusqu'en octobre, eut dans ses mains tout le

manc'ge de cette alliance. Un concurrent plein d'ardeur alors, et le seul dangereux pour le fils de France, était le Duc de Milan François II Sforza, et la négociation de sa demande et de ses propositions fut confiée au Protonotaire Georgio Andreasi , dont les dépêches contiennent à la fois l'historique de toute cette affaire en Cour de Rome, tant pour la part de son Souverain que pour celle du Roi Très- Chrétien. C'est à ces dépèches que nous avons dû les détails successifs dont voici, pour ainsi parler, le résumé chronologique :

1530. 30 juillet. — Conversation de l'Envoyé de Milan (Andreasi) avec le Cardinal Salviati relative à la demande formelle de la main de Catherine pour son Souverain. Le Cardinal entre dans des considérations politiques à l'égard de la France, dont le Roi fait traiter le projet de mariage pour le Duc d'Orléans. Le Duc de Milan peut cependant espérer, car il a les sympathies du Pontife. Obligations à la plus grande réserve et au silence absolu, la jeune fille étant encore aux mains des Florentins rebelles.

13 septembre. — Nouvelle de l'arrivée du Duc d'Alhauy, oncle de Catherine de Médicis et son tuteur du côté de sa mère, u El Duca de Alhania vene per concordare con Nostro Signore soprà li frutti percepti del stato délia nepote de Sua Santità e sua, et anche per parlai- de marital la nel Duca de Orliens, la quai pratica, per quanto intendo serra vana. N. S. ha ordinato farla conduire a H orna. » (G. andreasi.)

17 septembre. — Florence est abattue et rendue. Les instances du Duc de Milan ont lieu d'être plus vives. Il y va de tout son intérêt de se marier et de laisser au Duché un héritier. Audience du Pontife donnée à ce sujet à Andreasi. Il lui importe d'en parler à l'Empereur, auquel il n'a jusqu'à présent communiqué que la demande faite par

le Roi de France. La prudence de cet Envoyé lui indique que cette réponse est une fin de non-recevoir. Il n'a point dit au Pape les choses piquantes que lui avait précisées le Duc son maître, pour le cas où la réponse du Pape manquerait de franchise, car il sait trop combien le Duc aura besoin du Pape dans les occasions les plus diverses. « La risposta del Imperatore, dit-il, à Sua Santità soprà la pratica del Duca d'Orliens, fu che conoscendo Sua Santità per sua prudentia a quai camino mira el Ghristianissimo con questa oblatione de parentella, se sapera bene governare senza che Sua Maestà li dia la norma de quello habbia da fart', ma se remette assolutamente al'giuditio di Sua Santità la quai con sua solita solertia se governarà prudentemente. Et revoltando poi el parlare al suo oratore dice che stia ben attento à quello seguirà più avanti et advisi con diligentia '. »

20 septembre. — L'Envoyé de Milan était aux écoutes du Vatican, et dès les premiers jours où Clément VII songea à dominer de nouveau Florence avec un gouvernement de famille, il en fut avisé. Ce passage de sa dépêche a de l'intérêt : « IIo inteso parlar fia denli da un huomo da bene che Xostro Signor tratta de redur Firenza in feudo sotto la casa de Medici, cominciando con el Duca Alexandro quai è stato mandato a César più per questo che per altra cosa. Non 1' ho per causa certa, ma lo credo in bona parte per qualche corrispondentia che ne ho havuto poi. Supplice V. Exa far la tenir ben sécréta, perché o vera o falsa, la potria suscitai- molti mali offitii coino credo che la farà si> per caso la voi'rà poner in executione Firenza cou Ferrara. Potriano anchora con l'adiutto de chi cerca garbuglii causai- gran foco in Italia, quod Deus averlat2. »

1 Archives de .Milan. (Carte^io Roma , 1530.)

2 /,/., ibid.

5 octobre. — Le Cardinal île Gramont est à la veille de partir. Le Comte Pierre-François dePontremoli demeurera en qualité d'Ambassadeur pour le Roi jusqu'à l'arrivée de celui qui aura été désigné.

Même date (autre dépêche). — Le Pape se joua d'abord des propositions que lui fit le Cardinal de Gramont touchant le mariage de sa nièce. Ce fut une façon pour lui de promener la question et de connaître à fond les intentions du Roi en demandant une héritière que Sa Sainteté feignait de croire de trop humble naissance : « Sua Santità rispose non creder che Sua Maestà attendesse a tal cosa se non per burla, allargandosi quanto più posseva da la pratica et lei (il de Gramont) tanto più instava, dicendo che la nepote di Sua Santità era nobilissima et oltrà la sua heredità, Sua Santità gli potria aggiunger Parma et Placentia, al che Sua Santità meggio in colera rispose che ne a ley ne ad alcuno homo di casa sua un merlo di quello di la giesia. Sua Signoria Reverendissima disse che corne Ei clesiastico, laudava quello suo bono concetto, ma che s'haveria possuto dar contracambio équivalente altrove alla giesia, instando et pregando Sua Santità che gli facesse gratia de darli sua parolla perche teneva carissimo che gionto che fosse in Francia subito la conclusione. Sua Santità non li volse dar parola, giocando sempre sul largo '. »

Entre cet avis du départ effectué de Rome par le Cardinal de Gramont pour la France et celui de l'arrivée à Rome du Duc d'Àlbany, venant de France, la jeune parente du Pape, Catherine de Médicis, était partie de Florence et avait fait son entrée dans cette même Rome à la date du 12 octobre : « Heri venue la Signora Duchessa nepote di

' /</., ibid.

ÎS'ostro Signore qui in Roma et sta alloggiata in palazzo di Medici. îo non llio per ancor vista, ma intendo esser stata assai grande e bella ' . »

5 octobre. — Une autre dépêche (celle de l'Envoyé de Milan) dit : « Doman deve intrar la Sa nepote del N. S. allogiara in casa del S. Jacobo Salviati por baver la compagnia de Ma Lucretia moglie del predetto Salviati quai è fenuta molla donna da bene et de ottimi costumi. »

28 octobre. — Dépêche très-curieuse de l'Envoyé du Duc de Milan. Son entretien avec le Pape sur le mariage de Catherine demandé par la France. Sa Sainteté maintient que la chose lui paraît être une plaisanterie de la part du Roi. Messer Andreasi termine par quelques détails sur la personne même de Catherine, désignant les personnes attachées à sa maison dans Rome.

Illmo et Exmo Sor et Patrone mio unico.

Heri trovandomi con N. S. mi fece cadere in proposito dirli che V. Extia per risposta de la prima lettera ch' io gli scrisse sopra la resolutione de la pratica del Matrimonio de sua Nepote se contenta va expettare la resolutione che doveva venire dal Imperatore per aviso del Duca Alexandro, ma che la desiderava bene quanto più presto la fosse venuta la ne fusse chiarita. Sna Santità disse che la credeva non dovesse tarda re; et gionta me ne daria notitia perché oltra la prima instructione havea anchora fattoli scrivere conforma mente che con instantia se volesse chiarire de la mente de Sua Maestà sopra questo passo, del quale haveva anchora fatto scrivere per altri in adiuto di questa mater ia. Il che al mio juditio è stato per mezo de

1 Archives de Mantoue. Dépêche île Francesco Googaza, 13 <><•tobre 1530.

questi oralori faccniloli gelosia de] Xm0 per conto del Duca d'Orliens suo figliuolo. Io dissi a Sua Santità havere inteso che la havea data qualche speranza con bone parole al Revmo Agramonte. Sua Sla non lo negô, ma disse : « SaresÙ tu di parère che recercandone il Chrislianîssimo una nostra Nepote per moglie de uno suo figliolo gli la dovessemo necjare? » Io respose che in caso che la recercasse per volerla, el parère mio séria de darglila, ma che io pensava che li effetti fossero contrarij assai da le parole. Sua S,a disse che la era de quella inedema opinione, et perô havea resposto al predicto Agramonte che non voleva che la tencssero cosi simplice che la non cognoscesse che la sua Ts'epote non era recercata da Sua M,a Christianissima per volerla , ma per molti rispetti che alhora non gli occorreva dirli , ma in ispecie chel non era partito pare per uno figliolo de Re, ma se conveneria più per uno servitore, et respondendo el predetto Agramonte che contentandosene Sua Maestà corne se contenta chel partito ex'a assai pare, Sua Santità respose che la non vedeva se non parole, ma che ^edendo de li effetti, à quali la potesse prestare fede che la parlaria d'un altro modo. Io allora disse : se adunque venesse resolutione dal Imperatore, Sua Santità haveria poi anchora ad aspettare risposta dal Ghristianissimo. Essa mi rispose che non perché è certissima quella pratica essere per hurla, et perô non restaria uno ponto per questo ad risolversi con vostra Exceilentia havuto el consenso da Cesare : M' è parso dehito fare sapere a vostra Exceilentia questo poco di più, adciô che la sappia quello che s' è agit.ito doppo che fu scritta 1' ultima mia sopra questa matei ia.

Corne per altre mie scrissi la predicla Nepote di Sua Santità è quà yià qualche di. La ho vista due volte a cavallo, ma non a mio modo per darne juditio; per la età

m' è parsa assai grande, de belleza eonveniente, senza alcuno fuco , dico netissima de beletti , biancha di sua natura, grassotta nel viso, ma a me pare molto tenei'a, ne credo se potesse congiongere con uno homo convenientemente ehe non gli corresse spacio de uno anno e mezo almanco dal di de hoggi; se dice essex*e di bon sentimento, et de ingénia molto acuta, et accorta per la eta. Allogia in la casa del Duca Alexandro. Quando cavalca è aeeompagnata da paggi del predicto Duca con li suoi cavalli grossi et altri Gentilhomeni, et con el Vescovo de Forli mastro di casa del Revermo Medice cbe va in sua compagnia hora cbe el Vescovo Tornaboni cbe 1' ba condutta da Firenza, et al mio credere ha la cura sua, si trova indisposto. Cavalcano anchora con essa tre matrone florentine di età. Baso la mano de vostra Exlia et in sua bona gratia bumilmente me ricomando. Rome, xxvm octobris MDXXX.

De vostra Illma et Exma S.

Humil"10 servi 10 Zonzo André asio.

Allô Ilh" et Exmo Sn et Patronc mio unîco lo Sor Duca de Milano, etc. '.

Jusqu'alors, on peut dire qu'en fait de négociations pour ce mariage, la question en avait seule été posée, mais qu'elle n'avait pas été traitée. Le Cardinal de Graniont avait rempli le premier office, le Dm d'Albany, oncle de Catherine, s'occupa du second.

& novembre. — Arrivée du Duc d'Albany et son entré» dans Rome. Les voitures des Cardinaux et des Ambassadeurs, de César et du Roi de Hongrie, \<>nt à sa rencontre.

1 Archives de Milan. (Carteggio Roma, 1530 : chiffres «le l'Àtidreasi.)

Il vient ambassadeur du Roi Très-Chrétien; est logé au Monte Jordano.

10 novembre. — Le Duc d'Albanv s'entretient continuellement avec le Saint-Père, et le presse beaucoup pour consentir au mariage de sa nièce.

15 novembre. — Entrée de Don Pietro délia Cova, Ambassadeur de l'Empereur. Son audience. Arrive chargé d'instructions, parmi lesquelles quelques-unes touchant le mariage projeté de la Médicis.

1(3 novembre. — « Lo Signor Duca d'Albania hyeri alla Signora Duchessina présenté doni di gioie manilie et altre galanterie di valuta che passa — ducat i et di più gli fa fornire tre achinee bellissime con richissimi fornimenti che bastarebbono a ogni gran Regina corne forse ella sara, pero che secondo io intendo si tratta '1 maritaggio di lei per il Re di Scocia non senza volunta del Re Christianissiino, è cosa che facilmente puo riuscire eccetto che se rimanesse per non dar sospetto et ombra al Re Anglico et credo ancor che l'Imperator non lhavesse molto caro ne gli piacesse Iroppo1. » (Fabritio Pereyrino.)

18 novembre . — Le Pape donnait ce jour plus d'espoir au Duc de Milan pour obtenir la main de Catherine, allant jusqu'à dire : « E se non chel cognosca chel saria impossibile tenere la cosa sécréta lhaveria già conclusa sécréta mente 2... »

27 novembre. — Changements et mutations à prévoir dans l'esprit du Pontife. Le Cardinal de Mantoue étant arrivé à Rome, peut-être a-t-il demandé la main de Catherine pour le Prince son frère.

1531. — Catherine de Médicis put connaître, pendant

' Archives de Mantoue. E. xxv. Roma. Diuersi. - Archives de Milan. (Carteggio Andreasi.1

son séjour à Rome, cette année-là, ce qu'il en étail des fêtes, en cette ville, à l'époque du carnaval, signalées en ces termes par l'Envoyé de Milan : « Ancora che se mora de famé e di sete per la mala stasone del recolto del présente anno, per la perdita grave e générale fatta dal diluvio et per ossidione che fano sette fuste de mori per tutta questa spiaga , tum dopoi se comincia a far maschare, che fu alli v del présente, se vedeno tante feste, conviti di Cardinali con far amazzar tori , giochi de cane, correr li palii soliti, preparamenti de comédie et altre simile cose de tal modo che par che ad ogni uno sia tornato un altro cor et un altro animo ma per eiô non cessa la carestia de ogni cosa de sorte che par cosa miraculosa quella alegria fora de tempo e di ragione '. »

25 février. — Les demandes du Duc d'Albany au Pontife étaient exorbitantes. Giovanni Robio, envoyé du Duc de Milan au Roi de France, et qui avait causé longuement avec le Nonce, rapporte dans sa dépêche : « Esso Duca di Albania non è mancato di diligentia et Sua Santità gli ha dato sempre orechie, perô corne de cosa che non potesse seguire... E se Vostra Eccelentia vol che li scriva de le chimère del Duca de Albania per satisfattione sua li dire che esso aveva preposto maritandose la nepole di Sua Santità nel figliolo del Christianissimo, Sua Santità li dovesse dare in dote Parma et Piacentia, Regio et Modena, et nominava Pisa et Ravenna, et chel Christianissimo fosse tenuto adîuttore chel Duca nepote di Sua Santità se facesse Re de Tôscana. Nostro Signore ha resposto mai essere per alienare alcuna cosa applicata alla giesa poi non volere assentire ad ulla cosa contro la capilulatione di Rologua , di manera che quando se ne parla

1 Archives de Milan. (/</., ibid.)

pare se facia per uno spasso1... » Cependant, bien que le Pape ait constamment feint île ne pas prêter une oreille trop bienveillante à la demande, Sa Sainteté en usa différemment avec le Cardinal de Gramont, nouvellement envoyé de France à Rome.

10 mai. — Entrée à Rome du cardinal de Gramont.

L'activité donnée aux négociations fut telle, que dès le 3 juin suivant on en venait à dire dans Rome que le Pape était tellement lié par la promesse qu'il avait faite de la main de Catherine, qu'il ne se pouvait plus dédire sans occasionner de grands troubles.

4- juin. — Le mariage avec le Duc d'Orléans est admis en principe, mais le contrat rencontre encore des difficultés. Le Roi voudrait que la jeune Médicis fût aussitôt envoyée en France, quoiqu'elle ne fût pas encore en âge d'être mariée. Le Pape s'y refuse absolument. « ISostro Signore non volendo dar la nepote in la loro mano sin cbel Duca di Orliens non ha compito la età di posscr contrahere per verba di présente. Et la instrnctione del di Gramonte non si extende ad contrarier nisi per verba de futuro 2. »

17 juin. — Départ du Cardinal de Gramont pour la Fiance, où il arrive le 2 juillet.

19 juin. — L'Envoyé du duc de Milan en France lui donne avis que les nouvelles de Rome sont toutes favorables au mariage.

Pietro Francesco de Pontremoli, parti le 10 de Rome avec les dépêches, doit rapporter les réponses du Roi Très-Chrétien sur tous les articles.

23 août. — Arrivée de PEvêque d'Auxerre à Rome comme ambassadeur, pour appuyer le Duc d'Albany.

1 Archives de Milan. (Carteggio générale. Francia.} - Archives de Milan. (Cart. Romù..)

26 août. — Audience curieuse donnée à l'Envoyé du Duc de Milan, dans laquelle le Pontife explique ses doutes et ses inquiétudes. Il ne voudrait, en somme, dire ni oui ni non à aucun des prétendants, dans la peur de mettre le feu à l'Italie, et de suscitera Rome de nouveaux ennemis. Toute la dépêche du Protonotaire est en chiffres, et telle en est la traduction :

« Intendendosi chel Duca de Albania col Vescovo de Usccra (^î/xerre)OratoreFranccse novamentegiontoinstavanoimportunamente Sua Santa ad volere de présente fare il matrimonio de la nepote col Duca de Oriens per verha de futuro, lassando essa nepote qua, et con tutti li altri partiti che ricerchava Sua Sanu non rebattendo alchuno. Et sopra ciè havendo amplo mandato de concludere cerchavano acuratamente venire alla conclusione con animô che se publicasse immédiate li Caesarei non ben securi che li grandi partiti che offeriscono essi Francesi non potessero fare prevaricare Sua Santa fecero dispositione de reparare in opposito. Et comenzando con il Musetola, et la maliua sequente per il Borgho, poi con il Mayo et ultimo per il Revmo Osma non mancorno ogniuno d'essi separatamente de fare quello bono officio che sia possibile per interrumpere tutto il tractato in questa materia. A me parse ben lassare procedere tutte queste digestione de materia prima * che comparesse ad Sua San'3 per vedere se possibile fusse liavere qualche bona resolutione. Slando in questa expectatione gionse la de vostra Exclia de 19 con uno Gapitulo, quale infeso me cohorto il di sequente andare ad Sua San'4. A la quale havendo facto intendere con quelle più accomodate parole che mi parseno convenire ad questa proposito il continente in essa zifra , Supplicai ad Sua San" che se dignasse darme qualche resoluta resposta per possere consolare vostra Exclen,ia del suo intenso et justo desi-

dcrio, ad fine chc la potesse accomodare alla sua bona voluntà. Alla quale in ogni caso la se voleva eonformare. Sua Sta respose che vostra Extia non era sola che ricerchasse questa resolutione la quale era difficile et periculosa ad chiarirla cosi con essa, corne anche con Francesi : perché undîque erant angustie discorrendo che li predicti dui Oratori Francesi la stringevano con tutte le vie del mondo ad venire alla conclusione, lassando hora ad parte el volere la nepote in Franza, et ogni altra difficultà, ne parlando de alchuna cosa se non del puro matrimonio. In exensatione del quale per non possere chiarire la posta per molti respetti, gli hayeva risposto che non gli pareva bene di farlo se non in tempo chel Figliolo fusse in età légitima di possere contrahere validamente. In la quale se hora se gli trovasse non gli denegaria essa nepote per conduira poi dove volessi fatto il matrimonio. J\la perché gli corre tempo, et le gelosie che ha ogni Principe et Potentato de Italia che non gli sia perturbata la quiète in la quale hora se ritrovano, non possono stare senza suspecto

de questa Parentela, ànchora non conclusa. Et

? che de presenti Genovesi et Venetiani l'ha-

vevano già motegiato de suspetto. Tamen chel dubita sel venesse hora ad alchuna conclusione, chel séria abhorrito da tutti corne destruttore de la pace et quiète de Italia, et temeria, che non gli havesse ad succedere ad damno ultra il carico, non ha voluto in questo nominare lo Imperatore per non accendere più foco, perché havendo già datoli il consenso, pareria che hora el disentesse dal già approbato, quale perd fu pensato ad bonofine, credendo con questo niezo de parentella unire il Ghristianissimo in pace, et ben unito con sua Maestà, almeno per qualche tempo nel quale se potesse stabilire meglio le cose de Italia, assettare la secta Lutherana, et fare qualche provisione a le cose

del Turclio, per pace o per guerra : Ma vedendo che quello che se credeva dovesse essere causa di pace era fomento di rixa, et di guerra, fa liora mu tare opiuione per contrario; che se vol esse hora resolvere ad concludere cou vostra E.\lia il matrimonio, veneria ad condure il Cliristianissimo ad una desperatione manifesta, per la quale el non lassaria alchuna cosa intemptata per fare apizare foco in tutti li loci chel potesse a danno de Christiani, ultra che la dubita che a sua Santità levaria la obedientia, et faria de li altri mali quanto gli ne potesse venire in mente per tutte le vie del mondo. Perho pareva bene ad sua San10 lassare partire prima il Duca de Albania di quà. Il quale per monstrare de fare qualche cosa insta assai questo matrimonio più che de laltro, havendo più qualche louga confidentia si per la aftinità, como anche per havere pratichata la cosa più longamente con sua Santità. Io gli dixi : « Adunche per havere risolutione bisognarà expectore chel venesse la età de questa Duca de Oriens : Et poi in caso chel venesse al uffetto nui saressimo exclusi. » Sua San,a disse credere che non. Ma che la credeva non se possere resolvere al manco fin che lo Imperatore non venesse in Italia, per la presentia del quale potria essere che sua Santità se resolvesse in bene per nui. Io penso che sua Santità voglia per scolto lo Imperatore per monstrare che per satisfactione d'esso, et per levare in tutto la gelosia alli Principi Italiani era stata necessitata ad concludere cou vostra Ex"a questa parentella, a ciô che Francesi se la comportassent più facilmente per fugire la rottura con esso, incolpando la nécessita. Questo è quanto io ho possuto cavare da sua Santità. Hora lentarô li Gesarei et Salviati et altri per intendere qualche cosa più ultra s' el sarà possibile : bencliè mi persuado possere havere poco più ultra parendome che sua Santità se sia largata assai confi-

dentemente circa lo effetto conclusivo se ben la se havesse retenuto qualche particulari in se, etc. 4. »

17 septembre. — Le Due d'Albany se prépare à quitter Rome sans emporter aucune conclusion.

27 septembre. — Départ du Duc d'Albany pour France, où il arrive le 15 octobre.

14 octobre. — Lettre très-rationnelle du Duc de Milan à son Envoyé à Rome, par laquelle il montre de vouloir abandonner la demande, la voyant engagée à ce point du côté de la France. Il a trente-huit ans, la nièce du Pape en a treize. S'il obtient sa main, le Roi lui cherchera querelle, comme à quelqu'un qui aurait enlevé la femme de son fils.

30 décembre. — Sa Sainteté prend plaisir à ne pas se résoudre « vedendo anche che la nepote più presto guadagna andando inanti per qualche anni che la perda presuponendo sempre che vivendo Sua Santità non gli possi mancare partito conveniente ». (G. Andreasi.)

1532. 15 février. — Catherine assisteanx fêtesdu mariage du Signor Gagnino Gonzaga avec la fille du Signor Palavicino, neveu de Jacques Salviati : « El conyito s'è fatto questa mattina in casa de! Révérend0 Salviati dove habita anche il padre e la matre con qa figliola erano li Rrai Ravena, Ursino, Gesarino, Ridolfi, Mantua, li dui Oratori Cesarei , el Francese, el Cavalier Casale et Firentino, con la sposa era la Signora Duchessa, la moglie del Signor Sciarra Colonna, la sposa del Cesarini , la Signora consorte del Oratore Rurgo. » (G. Andreasi.)

Avril. — Changement de gouvernement dans Florence.

16 avril. — Résolution du Pape d'envoyer Catherine de

1 Archives de Milan. Copié sur le déchiffrement original. Ex /Uns D. Georg. Andreasii. Romse, die 2(> augusti 1531.

Médicis à Florence, son frère naturel Alexandre de Médicis y étant le chef dn Gouvernement. « Fatta la festa di San-Marco, partira la Duchessa per Firenze. » Elle dut quitter Rome dans les derniers jours de ce mois, et depuis elle n'y revint jamais plus.

15 mai. — Hippolyte de Médicis, persuadé par le Pape, consent à rester Cardinal avec de grands bénéfices, et le 20 juin est nommé Légat contre le Turc, en mission près l'armée impériale en Hongrie. — 26 août. Son entrée solennelle à Ratisbonne, où il est rencontré par le Roi des Romains.

4 septembre. — L'Empereur aurait voulu s'opposer, à cette époque, aux conclusions du contrat de mariage entre la jeune Médicis et le fils du Roi de France, prétendant « che nulla lo fa più star nelle sue chimère che la pastura che gli da Sua Santità ». (Georgio Andreasi.)

Octobre. — Projets et négociations d'une nouvelle entrevue du Pape et de l'Empereur. Don Pietro délia Cueva négociait à Rome les grandes questions qui étaient pertinentes à cette Cour, et avant tout la question du Concile.

1er novembre. — L'avis parvient à Rome que l'Empereur viendra à Bologne pour s'aboucher de nouveau avec Sa Sainteté.

18 novembre. — Départ de Sa Sainteté pour Bologne par le chemin des Romagnes.

10 décembre. — Arrivée de l'Empereur Cliarles à Modène venant de Mantoue, où il était depuis le 6 novembre.

12 décembre. — Son entrée à Bologne '.

1533. 4 janvier. — Entrée à Bologne des Cardinaux de Tournon et de Gramont, accompagnés au Consistoire par

1 Voyez dans VÂrchivio slorico italiano, t. VI de ['Appendice, p. 189, Le curieux commentaire historique Carlo Vin Modena, par le Marquis Giuseppe Campori.

tous les autres Cardinaux présents. Le séjour du Pape et de l'Empereur dura jusqu'au mois de mars.

27 février. — Traité signé à Bologne par le Pape et l'Empereur.

28 février. — L'Empereur part de Bologne pour Modène, puis pour Beggio, voulant aller à Crémone, Pizzighetone, Lodi, Pavie, Vigevano, Vallenza, Alessandria et Gênes, où il fit son entrée le 30 mars.

22 mars. — Le Pape, parti de Bologne pour Ancône le 10 mars, va à Lorette, d'où il part le 25, prenant la route de Camerino, pour venir ensuite à Borne à petites journées par Todi et Cività-Castellana.

3 avril. — Retour du Pape dans Rome; sa rentrée sans aucun cérémonial.

29 avril. — Le Cardinal de Gramont, retenu malade à Ancône, s'était fait porter à Rome et y arriva ce jour.

3 mal. — Sa longue audience avec le Pape, accompagné du Cardinal de Tournon, pour traiter de la prochaine entrevue de Nice avec le Roi Très-Chrétien.

25 mal. — Consistoire tenu sur la convenance ou la nécessité de cette entrevue : « Caesar secondo ho inteso rende alla lettera de Sua Santità soprà questa sua rechiesta havergli detto el parer suo in Bologna, ma poi chel par a Sua Santita voler andar, se reinette a lei, recordandegli ad voler mantenire la quiète d'Italia et de osservare quelle parole che la gli disse poco avanti de la sua partita da Bologna. El timor del concilio causa tutte queste impertinentie. » (G. Andreasi.)

7 juillet. — Départ du Cardinal de Gramont pour France.

17 juillet. — Le voyage de Sa Sainteté à Nice est résolu. Le Pape enverra la fiancée en avant, et Philippe Strozzi, chargé de disposer toutes les choses qui lui seront nécessaires, est parti pour Florence.

19 juillet. — On dit à Rome que la dot de Catherine sera de cent mille ducats comptants, des joyaux pour trente mille, parmi lesquels un rubis acheté jadis par le Pape Jules, des vêtements, des tentures de lit, des crédences et autres choses, le tout compris pouvant s'élever à la somme de deux cent mille ducats.

~2\ juillet. — Un ayis parvient en Cour de Rome que le Roi Très-Chrétien, parti de Lyon, est tombé gravement malade. On désire vivement ici que le voyage de Sa Sainteté soit empêché pour divers motifs, les uns politiques, les autres privés. Le Cardinal de Gramont parle d'aller à Florence pour accompagner la Duchesse et s'embarquer avec elle pour Nice. On dit qu'à l'instance de la République de Venise, Catherine renoncera à son titre de Duchesse d'Lrbin et à ses prétentions sur cet État.

29 juillet. — La date du départ de la fiancée pour Livourne et la Spezzia sera, dit-on , dans douze jours, le rendez-vous étant indiqué à Nice pour le 3 septembre.

6 août. — Lettre de la Duchesse de Camerino à la Marquise de Mantoue pour la prier de faire broder à Mantoue les robes et parements de la fiancée :

« Illma et Eccraa Sig" mia Opma,

» Ependo io venuta qui in Firenze per ordine di N. S. per accompagnar la Eccma Madina d'Orliens in fino a Niza, ho trovala S. E. molto sfornita di tutte cose necessarie, et maxe per la persona sua et per lo suo vestire, et per non si trovar qui maestri che sappino lavorar di recami che sieno al proposito, siamo state forzate mandar costà due vesti, et due sottane a farle recamar, et acciô che delta Madama sia ben servita ho voluto usar questa prosuntion et villania di drizzar questo messo a V. E. che so, che è lanta la sua humanità et cortesia che la si dignerà ammet-

fermi la sensa, et cosj le mando detti vesti et sottane supplicandola che clla mi facci gratia di farle dar a qualche huon maestro, che le lavori secondo la intromessa Poliza, et mando anche tre lib. d'oro, due lib. d'argento, et due lib. di seta : et si per sorte non bastasseno per far fare talj lavori, qnella sevogli dignar farmelo intendere, che se mandera pin; et se fosse anche costi qualche bel lavoro di seta nera o di cremesino d'oro et di seta, quella mi farà gratia di farli dare al portator di questa, che posta dinari da pagar il tutto, et detti lavori hanno da servir per lenznoli, et per mosehetti. Et di gratia V. E. mi perdoni s' io uso tanta prosuntione, che corne ho detto la sua grande humanilà et la servitù che le tengo ne son cagione, et cosi reverentemente le bacio le manj. Et perché la prefata Madama ha da partir di certo, bisognaria che le veste fnsseno lavorate il più tosto, che fusse possibile, acciô se le potesse portar con esso Ici : quand o non si potesseno far a tempo, dareroo ordine poi che se le port i no a Niza.

» Serva Duchessa di Camerino. »

Di Firenze il vj di Agosto 1533.

Alla Ilh" et Ecc™ S™ mia Opm3.

La Sig™ Duchessa Isabella di Mantova '.

12 août. Rome. — Un retard sera apporté au départ du Pontife et à celui de Catherine. Les lettres de France manquent, et le Cardinal de Tournon est dans l'incertitude sur ce qu'il doit faire. Il s'engage des paris dans Home sur la volonté qu'aurait le Pape de ne plus effectuer son départ. On parie quinze pour cent.

15 août. — Nouvelles du prochain embarquement en

1 Archives de Mantoue. E. xxvii. Firenze. Divers!.

France du Duc d'Albany avec soixante-dix gentilshommes, pour venir prendre sa nièce à Florence et la conduire solennellement à Nice. Pour la première fois, on dit dans Rome que le Pape n'ira pas à Nice, mais à Toulon où à Marseille, l'Empereur avant obtenu du duc de Savoie de contester l'élection de Nice pour l'entrevue du Saint-Père avec le Roi de France.

28 août. — Le comte de Tonnerre est envoyé à Florence par le Roi, pour visiter la jeune Duchesse et lui offrir des joyaux.

1er septembre. — Catherine de Médicis quitte Florence et va à Poggio-Caiano, le 5 à Carrare, et le 6 à la Spezzia.

3 septembre. — Nouvelle reçue à Rome de la présence du Duc d'Albany, arrivé à la Spezzia avec dix-huit galères, trois navires et six brigantins. C'est à Marseille qu'auront lieu l'entrevue et les cérémonies. A la fin d'août, Catherine avait été atteinte d'une fièvre, et on avait craint à Rome qu'elle dût retarder son départ pour la France. Andreasi écrit : « La Signora nepote di Sua Santità non pué partire de présente per indisposilione fébrile cbe novamente gli è venula, non scio se la allegria del sponsalitio et consumation del matrimonio che se gli apropinqua la fara miraculosamente guarir. »

6 septembre. — Mort de Jacopo Salviati à Rome, âgé de soixante-treize ans. Toute la Cour le regrette. Sa femme et lui avaient été chargés de prendre soin de Catherine de Médicis pendant son séjour à Rome.

9 septembre. — Le Pape effectue son départ à la vingtième heure (style ancien), pour aller ce premier jour all'Isula, possession des héritiers de Giordano Ursini, à neuf milles de Rome. Il est le 20 à Poggibonsi, le 21 à Castel Fiorentino, le 22 à Pise, où il séjourna dix jours. Le 1 octobre il fut à Livourne, et s'embarqua le 5, salué

dans sa traversée, à Portovenere, parle Prince Doria el les galères d'Espagne. « Sua Santità s'iinbarcô alegra e di bona voglia, con essa si trovorno ad imbarcarsi questi Reverendissimi Siena, San Severino, II Camerlengo, Santa Croce, Tournon, Ridolfi, Trivulzio, Pisani, Medici quali si trovarono allô convito de la festa di santo Cosmo celebrato in Pisa per Sua Santità seoondo il costume antico di sua familia. » (G. André asi.)

«La corte di Sua Santità, écrivait Agostino Spinola, per quanto si è stato scritto è molto magra et vi vanno solamente xm Cardinali tra li quali il Medici, e inolto bravo, havendo tutti li paggi vestiti in casacbe di veluto verde appomellate a la Turcbesca, con tela d'oro in campo bigio, capelli délia medema foggia, et arcbi ancora : e si stima habbino anche lecimiture '. »

7 octobre. — Sa Sa-inteté s'arrête à Villefranche jusqu'au (J.

13 octobre. — Andreasi, en écrivant de Rome que Sa Sainteté avait envoyé au Duc d'Orléans, par le comte de Tonnerre, une riebe et belle croix montée en jovaux et en perles, fait cette remarque sur la munificence exceptionnelle du Pontife pour cette occasion : u Ultra di cio ho inteso doppo sua partita cbe lha portata una infinité di bellissime cose per présentai", il che è parso troppo estraneo, perché le due volte che vene a Bologna Sua Santità non fece provisione de alcuna cosa onorevole per sua persona, ne per donar corne se la fusse ita ad dir la missa a Viterbo et bora non ha studiato in altro che de andar et comparer pomposissimo facendo provisione de moite e ricche cose donative, non scio se li serano grandi recompensate et per esser in tuto alieno da sua natura ne ho

1 An liivcs de Mantoue. E. xxi. Genova.

voluto far motto à V. E. hora che lho inteso da asai bon loco aQnchè la sapia quanta sia diferentia da far una cosa volontaria ad una forzata1. »

11 octobre. — Samedi. Après un jour et demi de navigation, depuis Villefranche, le Pape arrive à Marseille et descend dans une villa en dehors de la ville, où le Grand Maître vint lui présenter les clefs.

12 octobre. — Entrée solennelle de Sa Sainteté.

13 octobre. — Le Roi le vient saluer avec les Princes ses fils et six des principaux gentilshommes de la Cour.

14 octobre. — Sa Sainteté tient un consistoire public pour recevoir la Reine et les Princes.

23 octobre. — Entrée de Catherine de Médicis comme fiancée du Duc d'Orléans. Le Roi reçoit le Pape à souper.

26 octobre. — Cérémonie du contrat de mariage entre Catherine de Médicis et le Duc d'Orléans.

28 octobre. Mardi. — Cérémonie de la bénédiction nuptiale.

20 novembre. — Embarquement du Pape à Marseille pour retourner à Rome.

28 novembre. — Retour à Rome de F. Guichardin, qui avait accompagné le Pontife à Marseille et avait rédigé le contrat de mariage de Catherine.

10 décembre. — « Gionsi nostro signore x del présente circà xxn bore in Roma, cou buonissima valetudine, corne se tornasse de la sua vigna2. »

1 Archives de Milan. (Carteggio générale. Roma.)

2 LL, ibid.

Extraits des documents diplomatiques français relatifs aux négociations du mariage de Catherine.

Les documents français traitant des négociations ouvertes entre le Saint- Siège et la Cour de France pour arriver aux conclusions du contrat de mariage entre Catherine de Médias et le second fils du Roi sont peu nombreux. Les pièces les plus intéressantes à connaître devraient être les dépêches adressées de Rome par le Duc d'Albany d'une part et le Cardinal de Gramont d'une autre. Nous n'avons rencontré ni les unes ni les autres. Il y a lieu de penser que les dépêches du Cardinal doivent se trouver, soit en minutes, soit en copies, dans les papiers de l'illustre maison de Gramont , conservés par M. le Duc de Gramont, Ambassadeur de France près la Cour d'Autriche. La curieuse lettre au Roi écrite en avril 1530 par l'Evéque de Tarbes, nous montre assez, tout le parti que l'on pourrait tirer d'une telle correspondance, si elle était connue et publiée ' .

1 Cette belle et curieuse lettre a été publiée dans le tome Ier de Y Appendice à Y Archivio storico italiano, 1842-1844, p. 473. La conversation que le Cardinal eut avec le Pape an sujet des affaires d'Italie et de celles de Florence en particulier est rapportée avec une vivacité et un entrain qu'on est peu habitué à rencontrer dans les dépèches françaises a cette époque.

Les quelques pièces que nous avons pu trouver appartiennent à des registres du fonds Clérambault et du fonds Béthune au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Ce ne sont que dépêches assez confuses, dues à un secrétaire de France, Nicolas Raince, résidant alors à Rome pour y traiter les affaires et en écrire selon que l'occasion le requérait. Nous les avons rapportées ici comme pièces et preuves à l'appui nécessaires plutôt que comme documents diplomatiques empreints d'un intérêt véritable.

« Je vous puis bien dire, Monseigneur, et soubz vostre correction, que, considéré ce que jay veu et entendu par le passé, je n'auroys creu que nostredit S' Père et mondit Sr d'Àlbanye eussent pu estre si bien ensemble, ne que Sa Sainteté y eust prins si bon goust et se feust tant ouvert à luv, mais il l'a trouvé si cbault au service du Roy et en si grant désir de les veoir eulx deux en parfaicle et bonne amytié, quil luy porte une parfaicte foy, et en viendra peu d'autres qui soient inieulx à propoz : ce que jay bien voulu, Monseigneur, vous escripre pour mon devoir et pour le service du Roy, pour ce quil est ainsy. Et encores hier soir, après que le secrétaire d'Escosse eut esté depesché et prins congé de Sa Sainteté, s'entra en quelque propoz des affaires, sur lequel Sa Slé entra en parolles de Madame d'Urbin, me demandans si javois faict faire ses armes, et que je n'oublyasse dv faire mectre celles du Duché d'Urbin; et sur telles paroles fut devisé de luy faire aprendre à parler françovs; et Sadile Sainteté, parlant à mondit Sr d'Albanye, de son propre mouvement, dict que le cas advenant quelle eust d'estre conduicte en France, quil la mectroit plustost entre ses mains que de nul autre; ce que

je crov bien, Monseigneur, quil nauroit pas si facilement faiet avant que mondit Sr d'Albanye veinst par deçà, et croy aussi , Monseigneur, quil le doist pour ce que encores nagueres sest escript icy que à la Court se disoit que Sa Sainteté ne 1 a lu v bail leroit jamais entre ses mains, car depuis deux jours Sadite Sainteté ma tenu ce mesme propoz et dict franchement quil la luy bailleroit très voulontiers et qui] auroit plaisir quil la conduiseist, et est merveilleusement content de la peyne que prend souvent mondit S* d'Albanye daller visiter Madame sa niepee et la mener aux stations et pardonnances de ce quaresme; et disnent souvent lesdits Sr Duc et Ducbesse de compaignie avec Sa Sainteté. Jay bien voulu, Monseigneur, vous en faire le discours dessusdit, ayant entendu de Sadite Sainteté quil aura plaisir qu'on en soit encores adverty

» Monseigneur, je prie à Dieu le Créateur quil vous doint très bonne et longue vve.

» De Rome, ce mercredv matin xxne jour de mars 1531. » Vostre très humble et très obéissant serviteur, » Nicolas Raince'. »

" El la ebose de quoy ils cherchent le plus de scavoir est si le mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame d'Urbin sortira effect, et si laboucbement du Pape et du Roy et de l'Empereur se fera, de quoy ilz sont en une anxiété, crainte et peur la plus grande du inonde, et depuis que la nouvelle est venue icy de la coronation de la Revue, leur Ambassadeur va la taiste baissée et se monstre tant estonné qu'on s'en apperçoyt, car ilz avoient semé icy et aussy s'estoit escript de Ferrare et par aucuns Italiens quy sont en Court que ladite coronation se différoit

1 Lettre au Grand Maître. Fonds Béthune, 3040, à la Biblothèque impériale. Manuscrits.

et que le Roy nestoit en propoz de la faire, estant mal content de l'Empereur, se voullant rompre avec luy. Vous ne pourriez croire, Monseigneur, les estranges sortes de nouvelles que telz gens vont sèment et qui aussi s'escripvent de la Court, tant plaines de malignité et chouses faulsement contronvees, que si la prudence navoit lieu par deçà et la bonne disposition en quoy continue notredict Saint Père, cela pourroit estre cause bien souvent de tout plain de petites fascberies à quoy par Monsr de Come est bien obvvé par le bon office quil faict continuellement par ses lettres, et encores a faict dernièrement par celles du quatriesme de ce moys, qui est venu fort bien à poinct et mesmement pour le long temps quil y a quil nest riens venu du Roy ne de vous, Monseigneur. Pareillement mondit Sr d'Albanye continue de son cousté si très bien envers nostredit Saint Père pour le service du Roy et pour entretenir Sa Sainteté, qui lentend et voyt de jour en jour plus voulontiers, que toutes ces cboses ensemble sont ung bien gros service, car tout plain d'autres qui sont importunement et quasi a loute heure aux aureilles de Sa Sainteté ne faillent pas de faire leur possible pour tousjours entretenir, allécher et tirer Sadite Sainteté de leur cousté, combien que les ministres imperiaulx nont riens de l'Empereur leur maître qui soit de conséquence depuis le xvne jour de février, sinon bien peu de chouse du dernier dudit movs, et nen a pas plus nostredit Sainct Père des siens '. »

« Monseigneur, Nostre S1 Père a veu et entendu bien au long ce quil a pieu au Rov escripre à Monseigneur le Duc d'Albanye des xmje février et xvije mars, et ne pouvoit Sa Sainteté avoir eu plus grant contentement et satis-

1 Nicolas Raînce, secrétaire. (Fonds Bé thune, 3040.)

faction que d'avoir veu et entendu les bons propoz ausquelz il plaist audit Sgr continuer envers Sa Sainteté, qui je vous prometz , Monseigneur, nen faictz pas moins envers Sa Majesté; mais cest de si très bonne sorte quon ne pourroit mieulx souhaiter; et quant au faict du mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame d'Urbin, sa niepce,je ne faictz aucun doubte selon le propoz que encores ce jourd'huy matin il a pieu à Sa Sainteté m'en tenir à son lever, sil y avoit icy mandat et povoir pour y besongner et confeser par escript que Sadite Sainteté ne feust tout prest d'y procéder, sen estant tant avant tleclaire l'Empereur quil ne sen peult plus retirer, et scayt très bien notter cela, et que tel marcbant ne se dovt laisser aller sans estre prins au mot, et desja par autres deux fovz je l'ay trouvé en ceste oppiuion, comme jescriptz a Monseigneur R.me de Gramont par une myenne lettre hier

soir

» Seullement diray, Monseigneur, soubz correction, que seroit trez bien a propoz avant le partement dicy de mondit Sr d'Albanve donner quelque cbose de ferme et sceur arrest quant au faict dudit mariage, si cest cbose que Ion congnoisse estre selon la fin à laquelle Ion vouldroil tendre, et au propoz du bien et service du Roy, comme se persuadent beaucoup de gens de bien estre; et ce, Monseigneur, pour obvier à tout plein de cas qui ne sont pas fondez sur pillotiz, puisque aultrement je ne puis dire, nayant chiffre, laissant cela à mondit Sr d'Albanve, qui est informé ' . »

« Monseigneur, hier, après le disner de Sa Sainteté , mond. Sr d'Albanye, qui de présent est logé au palais, se

1 Nicolas Raince, secrétaire à Rome, au Grand Maître en France, 14 avril 1531.

trouva devers icelle, et me feit luy faire lecture de ce que avoit apporté le chevaulcheur d'ècurye avec les lettres dud. premier de ce movs. Sa Sainteté trouva le tout tant bon, et eu demeura si très satisfaict que plus ne pourroit, mesmement du dernier article de la response faicte à Mr de Praet, qui est totalement conforme à l'intenlion et fin de Sadite Sainteté et aux propos qu'il a faict tenir à l'Empereur, que Sa Sainteté a eu merveilleusement grant plaisir quil ait pieu au Roy et à Messeig™ de son Conseil les trouver bons, et sur toutes choses s'est grandement contenté que led. Sgr se soit délibéré d'envoyer par deçà Monseig' Reverendmc de Gramont, et vous puis assurer, Monseigneur, que cela a rendu Sa Sainteté tant certain du bon vouloir que le Rov a d'estre son bon et vray amv, quil en est de présent sans aucun doubte ne scrupule, et tant joyeulx que plus ne pourroit, et tient la chose du mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame sa niepee pour totalement arrestée et faicte, et hier, sur le soir, me demanda encores de rechef, par deux fois, si je n'avois pas leu en la lettre du Rov que mondit Seigr Reverendme de Gramont apporteroit les mandats et pouvoirs pour le faict dudit mariage, et l'attend Sa Sainteté en singulière dévotion, et subito me donna charge commander de sa part sur l'heure de faire ordonner le logeiz de mondit Seig' Révérend1"0 de Gramont au palavs, le plus joignant de mondit Seig' d'Albanve que faire se pourroit, et a trouvé fort bon que aussy il ait pieu au Roy que mondit Seig' d'Albanve soit et demeure icy pour quelque temps, affin de négocier avec ledit Reverendme de Gramont, et par ensemble avec Sa Sainteté1. »

1 Nieolas Raince au Grand Maître, 14 avril 1531. (Fonds Clérambault, 46.)

« Monseigneur, depuis le xxne du moys passé que je vous av dernièrement escript nest pas survenu grant chose de nouveau, et de ce peu quil y a ne faictz aucun double que Monseigneur d'Albauve, bien informé de tout, nescripve au long au Roy et à vous et mesmement des propoz encores euz avec nostre S' Père, tant sur le faict du Turcq et du Concilie que du mariage que vous scavez, qui nest seullement que par manière de deviser et entretenir Sa Sainteté en la bonne disposition en quoy il continue, en attendant Monscig. le Cardinal de Gramont, sur le retardement duquel sescript de Court et se dit aussi par deçà tout plain des beaulx propoz accoustumez par Mess1*, qui vont devisant sur les choses du monde1. »

Stipulations du contrat de mariage entre Catherine de Médias et le Duc d'Orléans, proposées par le Roi.

Nostre Sainct Père et le Roy Très Chrestien, et un ehascun deux de sa part, jureront et promettront en bonne fov et parolle ascavoir de procurer effectuellement le mariage de Mgr d'Orléans, fils puisné du Roy Très Chrestien, et de Madame Catherine, Duchesse d'Urbin, niepce de nostredit Saint Père, pour iceluy contracter et consommer entre eulx quand ils seront parvenus a laage pour ce faire.

Apres que les presens articles auront esté concluz, arrestez et accordez entre lesdits Seigneurs et leurs procureurs ayans pouvoir suffisant quant à ce, et les espousailles par parolles d'avenir faictes ainsv quil sera requis, ladite Dame Duchesse d'Urbin sera traduite et amenée en France et délivrée es mains dud. Seig. Roy. tant pour

1 Nicolas P.ninr<>. V mai 1531. (Fonds Bélhune, 3040.)

icelle faire nourrir et endoctriner avec Mesdames ses filles que pour parachever le demeurant de ce qu'aura esté traicté.

En faveur et contemplaôn dudit mariage, aura icelle Dame Duchesse d'Urbin, qui est dame de ses droits, tout et chascun les biens, soit meubles et immeubles, qui luy compétent et appartiennent à cause de la succession de ses feuz père et mère et tante Comtesse d'Auvergne, tant deçà que delà les monts, et sera fait un inventaire de tous ses biens meubles, tant deçà que delà les monts, par celuv ou ceulx qui a ce seront commis et députez par nostred. S' Père, et seront iceulx meubles mis en seureté et garde entre les mains de celuy ou ceulx que Sa Sainteté commettra pour iceulx bailler et délivrer esdits mariez, quand leur mariage sera par parolles de présent fait, solemnizé et consommé.

Et quant aux biens immeubles, ils seront baillez à régir et gouverner par bon et loyal inventaire à ceux que nostred it S' Père ordonnera, soit deçà ou delà lesdits monts, et sera ordonné des fruits, et comme ils seront distribuez un chacun an par les mains d'iceux commissaires, c'est ascavoir pour lentretenement délie, pavement des debtes si aucunes en y a , entretenement et réparations des chasteaux, maisons et autres choses requises et nécessaires, et le reste sera mis es mains de celuv ou ceux qui auront les meubles en depport, pour les délivrer avec ieeux meubles au temps que dit est: et sera advisé quelle somme se prendra sur lesd. meubles et le reste desd. immeubles le jour de la consommation dud. mariage, pour vestir et enjoailler ladite Dame Duchesse, attendu son Estât et Maison où elle entre.

Et led. Sgr Rov donnera à sond. fils, pour la part et portion qui luy peut competer et apartenir, tant pour la

succession de feue de bonne mémoire Dame Claude de France ; et de lny en avancement de houairerve, et pour entretenir son état et de sa femme et des enfans que deux , avec lavde de Dieu , pourront yssir, la somme de trente mil livres de rentes au tiltre de Duché.

Et succédera esdits biens paternels et maternels laisné masle qui vssira et naistra deux , lequel sera tenu de partager les autres et marier les filles, en regard au nombre quelles seront et faculté des biens, et deffaillant l'aisné masle sans enfans viendra icelle succession au second, et ainsi de l'un à l'autre Tordre successif et de primogeniture gardez.

Et ou laditte maison, a faute de masles viendrait à filles, elles diviseront laditte succession par egalle portion, hors lapanage qui seroit provenu de la Maison de France, qui retournera où il doit retourner, selon luzage et lov du royaume de France.

Et baillera et constituera en douaire led. Sgr Duc d'Orléans sur son avancement de houairerie, et ce du consentement dud. Sgr Rov son père, à lad. Dame son espouse la somme de dix mil livres de rente annuelle, ou il v aura chasteau ou palais suffisamment meublé pour son état, qui ne sera précompté sur lad. rente, duquel douaire elle commencera à jouir advenant dissolution dudit mariage, et elle survivant à sondit marv, en jouira durant sa vie tant seulement.

Et nostredit S' Père donnera à sade niepce, en augmentation de dot, avant regard à la maison ou elle entre, ce qu'il plaira à Sa Sainteté.

Et au cas que led. Sgr Duc d'Orléans survive à lad. Consorte et ny ait enfans dud. mariage, tous les biens meubles luv demeureront, ensemble les acquêts et conquets, et il sera tenu de paver les debtes, et le propre

immeuble délie sera rendu à ses hoirs et héritiers, si autrement elle nen avoit disposé, et au contraire où elle survivrait sond. espoux et ny auroit enfans dud. mariage, elle recouvrera son dot soit meuble ou immeuble, et quant au meuble telle quil sera lors et si aura son douaire tel que dessus, duquel douaire elle jouira sa vie durant; et esdits deux cas de survivance, s'il v a enfans, ils succéderont à leur père et mère ainsi que dit est cy dessus. Fait à Annet le 24e jour d'avril , l'an 1531 .

Autres articles secrets.

Plus diront lesd. Sgrs d'Albanve et Cardinal de Gramont à nostre Saint Père que le plaisir de Sa Sainteté soit leur bailler par eseript et signer de sa main, seulement affîn que la chose soit secrète, les promesses quelle fait et veut faire à sa niepce, en faveur et contemplation du mariage, scavoir outre le contenu aux autres articles pour icelles promesses mettre en exécution quand S;id. Sainteté verra et cognoistra, et aussi led. seigneur, que le temps sera à propos pour ce faire, et reviendra le tout à la gloire, honneur et exaltation de la maison de Médicis et fortification d'icelle.

Premièrement, donnera à sad. niepce et par conséquent à son futur époux, en augmentation de droit, Pise, Ligorne (Livoume), Rege (Reyyio), Modene et Rubiere, et promettra les délivrer en temps oportun et convenient ainsi que dessus.

Promettra aussy de donner avde et secours tel qu'il sera advisé entre Sa Sainteté et lesd. Duc d'Albanye et Cardinal de Gramont aud. futur époux pour luy ayder a recouvrer l'Etat et duché de Milan, et la seigneurie de

APPENDICES ET COMMENTAIRES. 30i

Gennes, qui luy appartiennent comme appert par les investitures cy devant faites par l'Empereur, à feu <le bonne mémoire le Roi Louis dernier, décédé, avec la cession qu'il aura de Messeigneurs ses frères.

Donnera aussi Parme et Plaisance sils ne sont du patrimoine de l'Église, et là où ils en seroient baillera récompense.

Plus, promettra Sad. Sainteté de donner ayde telle quil sera advisé comme dessus, and. futur époux, pour recouvrer Urbin.

Fait à Annet le xxmj jour d'avril, l'an 1531.

Ainsi signé :

François.

Et plus bas :

Breton '.

Nostre Saint-Père le Pape Clément VIP de ce nom, après avoir veu la forme du coutract apporté par Mons* d'Auxerrc, Ambassadeur, signé Breton, pour le traicté de mariage d'entre Monseigneur le Duc d'Orléans, fils du Roy, et madame d'Urbin, niepce de nostredil Saint-Père, Sa Sainteté a trouvé bonne ladite forme du contract, sinon en ce qui contient lad' dame d'Urbin devoir estre menée et conduite en France le mois de may prochain, et aussv par ladite forme les biens de Florence à icelle Dame apartenans de son patrimoine, ne sont compris en la somme de cent mille ecuts que Sa Sainteté donne à ladite Dame pour augmentation de dot; et sur les deux points dessusdits s'est arrestée Sadite Sainteté sans vouloir passer plus avant au faict dudit contract, disant n'avoir jamais entendu nv accordé icelle Dame sa niepce,

' Fonds Clérambault, 46, f<> 4499.

devoir estre menée en France que quand préalablement le mariage ne soit consommé, et que, à ces fins, il avoit tenu et arresté ce mesme propos avec Monseig* le Cardinal de Gramont. C'est asseavoir que madite dame d'Urbin, passé que fust le movs de may, que mondit Sr d'Orléans seroit en estât de pouvoir accomplir et consommer ledit mariage, seroit conduite sur les confins de France, en quelque lieu qu'il seroit convenu et advisé entre Sadite Sainteté et ledit Sgr Rov, là où se trouveroit mondit Sgr d'Orléans pour ledit effect , et de là ledict mariage fait et consommé, seroit conduite en France, au bon plaisir dudit seigneur Rov, et non autrement et suyvant ce que dit est, lacceptant et approuvant ledit seigneur Rov comme dessus, Sadite Sainteté incontinant le movs de mav prochain venant passé, sera contente et promet envover madite dame d'Urbin, sa niepce, bien accompagnée de gens et serviteurs de Sadite Sainteté en la ville de Nice ou autre lieu qu'il sera convenu entre icelle Sa Sainteté et ledit Sr Rov, a leffect et condicion que dessus, ou pour ce faire la bailler et mettre èz mains de mondit Sr d'Àlbanve; si ainsv semblera bon à Sadite Sainteté et audit Sr Rov, et quil luv plaise envover ledit Sr Duc par deçà pour ce faire, et voulant, ledit Sr Rov, se contenter de ladite condicion en la manière que dict est, et ne voullant pas différer les fiansailles jusques audit movs de mav, renvoyant Sa Majesté ledict Sr d'Albanye ou autre personnage par deçà pour faire lesdictes fiançailles, Sa Sainteté sera contente qu'elles soyenf faictes avec le temps et condicion qu'il sera advisé entre Sadicte Sainteté et ledict Sr Rov avant ledict movs de mav a ce consentant ledict Sr Roy de différer lesdites fiançailles jusques audirt movs de mav, ce que a Sa Sainteté semble estre pour pour le mieulx, ne de Sa Sainteté veult et entend que les-

dictes fiançailles et contrat soyent lors faicts et solemnisez publiquement, en la manière et forme que dessus, priant et requérant icelle Sa Sainteté audict Sgr Roy que en ladicte somme de cent mille cscuts pour augmentation de dot, soit entendu estre comprise la part et porcion des biens de Florence à ladicte Dame, appartenais pour les causes que dessus, et iceulx biens, décharges et quicter au bon plaisir de Sa Saincteté, suyvant ce quil en a tous pour ce entendu, et quil en dit et arresta avec mondict Sgr Reverendme de Gramont, et que Sa Sainteté a encores dit et chargé à mondict Sr d'Albanye dire de sa part audict Sr Roy quil espère Sa Majesté trouvera raisonnable et ne leur refusera, actendu que ladicte part et porcion est dassez moindre valleur que Ion ne pense, remectant cela à en faire à ce bon plaisir de Sa Majesté, et entend Sadicte Sainteté le contenu en ce présent escript durer et estre vallable pour tout le moys de juillet prochain venant. Ainsi signé :

Raince '.

Notre Sainct Père ayant veu les articles secrets concernant le fait du mariage, signez de la main du Roy, à Annet, le xxmj jour d'avril 1531, contresignez fireton, les a trouvé et trouve très-raisonnables, et en désireroit l'exécution dès à présent, si, sans altération de la chose publique chrestienne, se pouvoit faire; toutefois, Sa Saincteté, espérant que le temps pourra produire quelque bonne et juste occasion, connoissant ainsi le grand honneur et bien que la maison de Médicis aura du mariage de madame d'Urbin sa niepce avec un fils de France, pour de sa part donner occasion audit Sgr Roy de plus se con-

» Juin 1531. (Fonda Clérambaalt , &6, I" 4429.)

tenter, et and. Sgr d'Orléans de mieulx traiter sad. niepce

à l'advenir, est content donner, comme dès à présent

il donne à saditte niepce et par conséquent à son futur cspoux, en augmentation de dot, Pise, Ligorne, Modene, Rege et Rubiere, et promet sur sa foy les délivrer loyaument et de fait, quand Sad. Sainteté verra et connoistra, et aussi ledit Seigneur, que le temps sera à propos pour ce faire la consommation dudit mariage, toutefois préalable.

Et dautant que Sadite Sainteté voudroit plus accommoder sadite niepce et son époux, et quelle ne voit cbose plus à propos pour ce faire que les villes de Parme et Plaisance, lesquelles elle ne pourroit purement ne simplement donner pour icelles estre du patrimoine de l'Eglise, Sadite Sainteté sera content en faire eschange avec ledit Seigneur Roy en faveur dudit époux.

Toutefois, et en prendre récompense a lequipollent, selon quil sera ad visé et conclut entre Sad. S"5 et led. Sgr Roy ou leurs commis ayant de ce faire pouvoir suffisant, lesquelles villes de Parme et Plaisance Sad. S,é sera tenue et promet délivrer en luy délivrant aussv de la part dud. Seigneur Roy la récompense qui par entre eux aura esté advisée au contentement de lun et de lautre.

Item et dautant que le duebé d'Urbin apartient à lad. Dame Duchesse sa niepce, et que de pût elle se trouve occupée par le Sgr Francisque Marie, si led. Sgr Roy veut faire entreprise aucune en temps qui sera jugé oportun par Sad. Sté et led. Sgr Roy : comme dessus Sa S1' sera content frayer, et est tenue a la moitié dautant de la dépense que fera led. Sgr en lad. conqueste, en ce non compris la solde des hommes d'armes françois pour iceux estre ordinaires dud. Sgr.

Fait à Rome, en la chambre de notre Saint Père, estant avec Sa Sainteté pour le Roy Messeigneurs les Cardinal de

Gramont et Duc d'Albanye, le vendredy ixc jour de juin 1531. — Mo y soubsigné p"',

Raince.

Double de la condition des articles secrets baillez à M. d'Albanye par Nostre S1 Père le Pape.

Aujourd'huy 14 de juin 1531 , nostre Saint Père le Pape baille à Monsr d'Albanye, présent Mr le Cardinal de Gramont et le secrétaire Raince, la response signée de sa main, aux articles secrets que ledit Sr Cardinal de Gramont a apportez à Sa Sainteté de la part du Roy, et icelle response close en cire rouge, et scellée de deux cornalines avec condicion que si led. Sr est contant de se fier à la parolle de Sad. Sainteté quant au contenu desd. articles, led. Sr Duc sera tenu les luy rendre, et au cas que led. Sr Duc fust content en partie, et en partie non, led. S' Duc fera entendre à Sad. Sainteté le vouloir et intention dud. sieur, suyvant lesquels Sa Sainteté accordera ou desniera lesd. articles, et en cas de dénégation, led. Sr Duc sera tenu de les luy rendre, les parolles du mariage et articles veues demourans de nul ef'fect et valeur, si comme dit est, suyvant le commandement dud. Sr Roy, autrement n'est convenu entre Sad. Sainteté et led. Duc, et sera aussy tenu led. Sr Duc rendre lesdits articles à Sad. Sainteté, au cas qui! n'ayt response dud. Sr Roy, dedans le temps de deux mois. — Ainsi signé :

Raince1.

1 Rome, 14 juin 1531. (Fonds Clérambault , 46, f° 4497.) Voir au même fonds, même numéro, f° 4S81, une longue lettre de N. Raince au Roi en date du 2(5 septembre 15^3.

Minute du texte du contrat de mariage de Catherine de Médicis, avec les corrections et les additions écrites de la main de François Guichardin*.

Cura diutius inter Sanctissimum D. Clementem VII Pontificem Maximum ex una parte, et Excellentissimura potentissimumque Principem Franciscum Dei gratia Francorum Regem Christianissimum ex altéra parte tractatum fuerit de matrimonio contrahendo ac celebrando inter Illustrem Principem Henricum Ducem Aurelianensem Christianissimi Régis filium, Ulustremque Principem Catherinam Ducem Urbinj, ipsius Summi Pontificis neptem secundum carnem, cupiantque nunc prefate Sanctitas et Majestas, annuente Deo, tractata perficere in conditiones, capita et pacta infrascripta concorditer et unanimiter consensere.

In primis inter Sanctitatem et Maiestatem prœdictas pactum et conventum extitit, ut matrimonium inter prefatos Illustres Henricum Ducem Aurelianensem et Catberinam Ducem Urbini contrabatur quamprimum per verba de présent i in facie Sancte Matris Ecclesiae, et inde quamcitius ad consumationem matrimonij inter eos deveniatur.

Promittit autem Summus Pontifex tum pro singulari suo in praedictam Ducem Urbinj neptem suara amore, tum etiam habita ratione splendoris ac fortunarum domus,

1 Archives de Florence. Carte strozziane, filza I , appendix n° 19.

in quam recipitur, se ei dotis nomine et in accessionem dotis persoluturum Centum millia aureoium solarium ejus estimationis, bonitatis, ac ponderis, quitus statuto cavetur in Gallia : que Gentummillia sibi persolyerint ultra ius hereditatis materne predicte Duci competens, et ultra ius etiam paterne hereditatis : quam paternam hereditatem pro maiori commoditate omnium predictorum Sanctissimus Pontifex et Rex Cbristianissimus cum consensu eorundem Ducis Aurelianensis et Ducis Urbini estimaverunt trigintamillibus aureorum solarium eiusdem qualitatis : quam et quantitatem aureorum Trigintamillium Summus Pontifex promisit persolvere, pro pretio omnium et quoruncunque bonorum, que ad eam pervenire possent ex hereditate paterna. Et idcirco praefata Dux Urbini sentiens et cognoscens sibi de hereditate prœdicta abunde satisfactum interveniente auctoritate, venia et consensu praefatorum Summi Pontificis et Régis Christianissimi ac etiam Ducis Aurelianensis futuri coniugis sui eidem hereditati paterne, ac omnibus, et quibuscumque bonis, iuribus et actionibus sibi eius occasione obvenientibus et quae obvenire possent, renuntiavit ad commodum Summi Pontificis, in quem cessit et transtulit omnia iura et actiones tam directas, quam utiles et mixtas sibi ad hereditatem praedictam compétentes ita tamen quod tali renuntiatione et cessione non comprehendatur ius quomodolibet sibi competens in Ducatu Urbini.

Vel sic pollicetur autem Rex Christianissimus quod (jiiandocumque voluerit Summus Pontifex prefala Dux Urbini interveniente auctoritate, venia et consensu utriusque ac etiam Ducis Aurelianensis futuri coniugis sui eidem hereditati paterne, ac omnibus bonis, iuribus et actionibus sibi eius occasione obvenientibus et que obvenire possent, renuntiavit in forma iuris valida ad commodum Summi

Ponlificis cum cessione etiam omnium iurium et actionum et cum pacto etiam de ulterius non petendo.

Quant quantitatem aureorum Centum trigintamillium debitorum ex causa dotis et pro pretio hereditatis paterne promisit idem Summus Pontifex hoc modo solvere et erogare Régi Christianissimo recipienti nominc predicti Ducis Henrici (seu predicto Duci recipienti cum consensu Régis Christianissimi). Quinquaginta millia aureorum Massiliae sive Lugduni, uti commodius visum fuerit : intra... Quadraginta vero millia aureorum solarium intra sex menses post primant pensionem : Reliqua autem quadraginta millia infra sex menses a die secunde pensionis : De quarum pecuniarum solutione ut cautum sit Régi Christianissimo Sanctitas Sua promitlit idonee cavere per aliquem numularium, qui sit solvendo in Civitate Lugduni.

Quantum vero attinet ad cultum muliebrem Summus Pontifex Illustrem neplem suam arbitratu suo omabit vestitu , mundo ac gemmis : quae gemma? estimari debeant ac de earum estimatione confici publica scriptura, ut si evenerit casus restitulionis, consultum sit eidem nepti suae.

Apponantur nunc Capitula pertinentia ad assignationem fiendam Duci Aurelianensi per Regem Christianissim um et ad successionem filiorum E.

Postremo Illustris Dux Aurelianensis ex supratlicto annuo redditu sibi assignato constituit iamnuin de consensu Régis Christianissimi nomine dotalitij Illustri Domina' futurae consorti suae decemmillia librarum an nui proventus cum Palatio oppidi Gyemi convenienli supellectile adornato pro ipsius constituenfis dignitate : quod palatium non impulabitur in huiusmodi proventn : quae quidem bona dotalitia si l'ortasse Dux Aurelianensis prior e vita migra verit, eidem Duci Urbini statim soluto matri-

inonio assignabuntur, ut ers ad libitum utatur et fruatur, quoad vixerit duin taxât.

Sequentur nunc Capitula conceruentia restitutionem , seu lucrum dotis et aliorum bonorum in casa soluti matrimonij . de quibus est concordandum.

Subsequuntur conditiones, capita, et pacta inita, transacta et conclusa inter Sanctissimum D. Clcmentem VII Ponteficem Maximum ex una parte, et Excelleutissimum , potentissimumque Principem Franciscum Dei gratia Francorum Regem Christianissimum ex altéra etiam parte , super matrimonio quod annuente Christo contrabendum est ac celebrandum in praesentia , inter Illustrent Principem Henricum Ducem Aurelianensem Ghristianissimi Régis Glium, Illustreitique principem Gatberinam , Ducem Urbinatem, ipsius Summi Pontificis neptem secundum carnem.

In primis pactum est, convenitque inter Sanctissiituim Pontificem Maximum, et Regem Christianissimum ut matrimonium, cumpuimum alter ab allero ici petierit, contrabatur per verba de presenti , in facie Sanctae Matris Ecclesiœ inter supradictum Illustrem Ducem Aurelianensem, et Dominam Ducem Urbinj.

In curas inatrimonij favorem et contemplationem Summus ipse Pontifex spopondit et spondet se dotis nomine persoluturum praedicte nepti suae, praeter ius materne bereditatis et paterne, quoad mobilia illi competentis, Centum et triginta millia aureorum solarium eius aestimationis, bonitatis, ac ponderis, quibus statuto cavetur in Gallia : videlicet Triginta millia aureorum, loco bonorum iiitiiiobiliuni, quae ex hereditate paterna eidem obvene-

runt; Cui quidem hereditati Illustris ipsa Domina Catherina idcirco renuntiavit ad commodum Suinmi Pontificis interveniente auctoritate , venia , et consensu praedicti Summi Ponlificis simul et Régis Ghristianissimi. Quae vero restant Centura millia aureorum Summus Pontifex nepti suae donavit, atque etiam donat in accessionera dotis, tum pro singulari suo in illam amore, et charitate, tum etiam habita ratione splendoris et fortunarum domus, in quam eius neptis admittitur.

Rex vero Christianissimus dédit et assignavit, dat itidemque assignat illustri Domino Henrico filio suo pro ea parte ac portione bonorum quae debentur ei iure hereditario ob felicis raemoriae defunctam Claudiara raatrem Franciae Reginam, et qnae possunt eidcni contingere post obitura patris Régis Ghristianissimi, donec ad ipsius patris bereditatem perveniat, tum ut intérim habeat, unde dignitatem, coniugemque et futnros liberos decenter alat, assignavit in qua Dominiura Ducatus Aurelianensis : a quo singulis annis proveniant quinquaginta millia librarum Turonensium , alioquin promisit Rex Cbristianissimus se aliunde praestiturum siquid de annuo illo redditu defuerit.

Pecuniae autera summa doti superius constitnta per Summum Pontificem hoc modo debebit erogari, ut quinquaginta millia aureorum solarium pendantur seu Massiliae, sive Lugduni uti coramodius visum fueril : pars vero, quae supererit, numeretur scilicet diraidia, idest quadraginta millia aureorum solarium intra sex menses post primam pensionem : reliqua autera quadraginta millia, sex aliis mensibus elapsis, persolvantur, ita taraen, ut universa summa pensitetur non aliis nummis quam aureis eiusdem aestimationis, conitalis et ponderis, quibus ex statuto aurei solares cudunfur in Gallia. De cui us quidem

pecnniae repraesentatione ut cautum sit Régi Cbristianissimo, Snmmus Pontifex curabit numularium quempiam, qui sit solvendo, vadem fieri Lugduni.

Maior natu filius ex boc futuro matrimonio orilurus, modo militiae aptus existât, neque sit sacerdotio addictus, paternain pariter ac maternam adibit bereditatem bac eondictione , ut reliquis fra tribus suis legitimam eorum bonorum partem concédât, sorores vero in matriinonium rite collocet, dotemque assignet tum pro earum numéro, tum pro copia rei familiaris.

Hereditati filii maioris natu destituti proie mascula ex legitimo matrimonio suscepta sucçedet proximus frater, nisi fiierit ecclesiastico astrictus vinculo, et ad arma minime idoneus : Deinceps mortui bona excipiat alius ordine successivo semper et primogeniture servatis : Et, si continuât, ut nullis existenlibus maribus bereditas cadat in filias filiae bona in ter se partiantur ex sequo prêter eam portionem seu appanagium, quod provenerit ex Corona et patrimonio Regni Franciae : quod appanagium quidem restituetur, unde profectum fuerat, secundum consuetudinem et legem Francorum.

Quantum attinel ad cultnm muliebrem, Summus Pontifex Ulustrem suam neptem arbitra tu suo ornabit vestitu , mundo ac gemmis; aestimabuntur autem gemma?, idque scripto constabit, ut si forsan ipsa marito superstes fuerit, illas, aut illarum pretium possit recuperare.

Postremo Illustris Dux Aurelianensis ex supradicto annuo redditu sibi assignato de consensu Régis Christianissimi iam mine constituer nomine dolalitii sive dovarii Illustri D. futurae suae consorti decem millia librarum annui proventus cum palatio oppidi Giemv convenienli supellectile adornato pro ipsius consorlis dignitate : quod palatium non imputabitur in huiusmodi proventu. Quibus

quidem bonis dotalitiis prcediota Dux Urbinj si maritus fortasse prior de vita migraverit, statim perfruetur post dissolutum matrimonium , et quamdiu ipsa vixerit dumtaxat. Si Aero Illustris Dux Aurelianensis, extincta nxore supervixerit nullis ex ea procréât is liberis, tune universa bona mobilia et quaecumque obvenerint partaque fuerint stante matrimonio retinebit sibique habebit, creditoribus tamen tenebitur satisfacere : quod autem fuit proprium immobile predictae Domine Ducis Urbinj videlicet Trigiuta millia aureorum semel soluta pretium bonorum immobilium aestimate pâternae hereditatis, simul et iuiis materne successionis reddetur eius heredibus, nisi aliter ipsa disposuerit : Contra vero si ea superstite maritus prior mortem obierit, nullis ex boc coniugio relictis liberis, tune ipsa recuperabit proedictum suum proprium et bona materna, de quibus agat, ut libuerit; pariter recuperabit vestimenta, mundum, et gemmas cum dimidio piaediclorum Centum millium aureorum.

Lettre italienne écrite de Marseille au Duc par un témoin des cérémonies qui eurent lieu pour célébrer le mariage de Catherine de Médicis avec Henri d'Orléans1 .

Alli 23 ^octobre) fù, intrô la Duchessina domesticamente; quai intrata fù molto bella. Prima li erano olto pagii del Revereudissimo deMedici molto ben vestiti soprà octo cavalli molto ben forniti, cosa che fo molto bella. Dapoi seeuivano la famiglia di Cardinali como da viagio, dapoi 6acbinee de la Duchessina quale hereno meuate a mano e fra le quelle li hera una biancha tuta fornita de tela d'argento molto richa.

Dapoi vene la Duchessa sopra una chinea tuta coperta

1 Ce document, écrit sans apprêt de style ni sans égard pour l'orthographe contemporaine, est le plus précis de tous ceux qui sont venus à ma connaissance. Il est curieux à consulter pour le cérémonial en usage alors à la Cour, et pour l'indication des costumes des personnages. Un peintre d'histoire pourrait surtout l'utiliser. J'ai rencontré et copié diverses autres lettres, dans différentes archives, concernant les cérémonies de ce voyage du Pape avec Catherine de Médicis; il m'a paru inutile de reproduire ces copies. Citons seulement pro memoria 1 les Avvisi conte mili in le leltere dell orator Cesareo appresso il Papa a di 20 ottobre da Marsiglia al Signor Protonotario Caracciolo ; 2° Avvisi mandati al Signor Protonotario Caracciolo da Genoa da un rjentilhomo che scrive haverli kavuti da la corte; 3° Avvisi del matrimonio sequito in Marsiglia conienuti in letlere di 30 ottobre da D. Antonio Sacco sentit al Mro Présidente de Milano. (Archives de la maison Donà délie Rose à Venise.)

de tella doro tessuta de seda carmexina; eosi hera la veste de dita Signora. Appresso li hera la Signora di Gamerino, la Sra Maria de Medici che fa rnoglie del Signor Johane et altre damiselle tute ornate a la italiana molto richamente vestite.

La Signora Duchessa dismontata che fu andè a basar li pedi a Nostro Signore in caméra sua dove hera il Re e Monsignor d'Orlians et Monsignor Dangolleme. Basato chebbe li pedi a Nostro Signore, Il Re la preso e la basô, poi la fece basar a Mr d'Orlians quai è suo marito e Monsr Dangolleme. Dapoi se parti e andô visitar la Regina.

Quella sera il Re vene a cena con Nostro Signore e al lavar de le mane si lavarno in uno medesimo bacino; Monsr Dorlians dete la servieta a Nostro Signore, Mons* Dangolleme al Re, e non cenô a la tavola de Nostro Signore se non il Re. À una altra tavola in un altra salla cenorno Mons' Dorlians, Monsr Dangolleme, lo Reverendissimo Cardinal de Lorena, Monsr il gran maestro di Franza, Monsr Ladmiraglio, lo Signor Cagnino de Gonzaga e doi altri baroni de Franza. Al levar de la tavola de Nostro Signor, ognuno lavé al suo bacino e li medesimi li deteno le serviete. Da poi vene una bellissima musicha et uno clavacibele et uno a lvra, dapoi li pif fa ri di Castello fia li quali li.be uno che si domanda Moscatello che stava cum il Duca de Milano quai sona de corneti e sa cose maravigliose. Poi sopravene uno buffone del Révérend issimo Signor Medici quai ballava et faceva cose mirabile, dove il Re ne pigliava gran piacere. Finita la musicha, ognuno ando a la sua caméra. Nostro Signore accompagné il Re fino a la porta de la salla dove mangiorno, et il Re con granda reverenza se partite.

Ali 26 che fu Domenica cenorno ancora tuti inseme e conclusseno lo matrimonio del Mons1 Dorlians con la

S" Duchessa. El luni sera fu fato il contrato : fato dilo confrato in caméra de ÎVostro Signore, présente il Re, Regina e molti altri Signori , tuti de compagnia andorno nela sala del coneistorio. Et Nostro Signore prese per la mano Monsr Dorliens et ÏMonsr il gran maestro pigliô la Sra Duchessa. Da una banda liera il Re, dalaltra la Regina, et Mous1" Cardinale de Rorbon dise le parole del matrimonio e dite le parole e data la fecle, Monsr Dorlians basé la Signora Ducbessa e comcnzorno a sonare pif'feri, tromboni, corneti et altri soni, cosa molto delletevole da sentire e comenzorno a ballare. Et hereno tanti 11 signori e dame che ballavano cbe non se podevano voltare per la salla. Monsr Dangolleme ballô con la Sa Dncbesa, Monsr Dorlians con una damisella spagnola, e finito il ballo oguuno ando al suo logiamento.

El marti damatina N. S. ando ala messa in capella per benedire lo anello alla Signora Ducbessa e Monsr Dorlians. Il Re mené per la mano la Signora Ducbessa quai liera molto ben ornata. Ilaveva una veste di brocbato rizo soprà rizo, da poi una veste de vclluto pavonazzo fodrata a la ducale de armellino cbe la domandano veste ducale. Lornamento délia testa baveva una corona doro tonda una scuffia tanto richa cbe vale uno regno. Cosi Nostro Signore fece la beneditione e Monsr dise la messa. La regina liera tanto richamente vestita cbe non se posseva conoscer di cpial collor fusse la veste : tante bereno le gioie cbe li baveva intorno. Al basar lo Evangelio da poi cbe N. S. bebe basato per mane del Cardinal di Sena, fu portato da uno vescovo di Franza al Re, quai non lo volse, et volse céderai Papa, cosi de la pace. Dapoi finita la messa, el Papa mené a disnar seco Monsr Dorlians e Monsr Dangolleme. El Re menô a disnar seco la Signora Ducbessa, M' de Medici, Monsr Salviati e Mr Rodolphi.

Alla sera Nostro Signore fcce il bancheto gênerai al Re, ala Regina, a Monsr Delfino, a Monsr Dorlians, a Monsr Dangolleme, a la figliola del Re, a Monsr Cardinal «le Lorena, a Monsr Cardinal de Rorbon, a Monsr Cardinale Ridolfi, a Monsr Cardinal Salviati, a Monsr Cardinal Medici, al Dnca d'Albania, al Re de Navarra, al Sr Marcbese di Sallncio, al Sr San-Pol , a Monsr de Yandomes, a Madama de Yandomes, a la Signora Duchesa nostra, quale se domandô la Signora Duchessa Dorlians.

Lordine de la tavola : hereno tre tavole, la prima la tavola del Papa e délia Regina liera in capo délia salla, dove non liera se non il Papa e la Regina a mano drita , liera la tavola del Re quai sedeva in mezo de Monsr Reverendiss0 Cardinal Ridolfi e Monsr Révérend0 Cardinal de Medici , dapoi la prima fîola del Re, dapoi Monsr Dangolleme; dapoi la seconda fiola, dapoi Mons" de Yandomes, el Cardinal de Rorbon, il Re di Navarra, la S" Duchessa Dorlians, el Duca d'Albania, il S. Marchese di Sallucio, et al fronte al Delfino, lo R° Cardinal Salviati.

De le sorte de le vivande non m' extenderô in scrivere che séria tropo lungo. Fu cosa molto richa e superba, più che cosa mai fata a mia veducta con tanta moltitudine de la gente che non se poteva finire.

Finita la cena , subito parti lo Re e prima parti Lorena.

Dapoi comparsero da 40 maschari rnolto ben ornati et se comenzô a ballare a la gagliarda.

Subito vene il Re e Cardinale de Lorena e Cardinale de Medici tuti tre a una livereva fata a onde a la impresa del Re, de tella d'argento e tella doro, texuta de seda cremesina e velluto pavonazo, li capelli a uno medemo modo con pcnaci grandi tuti a la impresa tanto grande che coprivano da noi quando se parlavano a concluder mai fu vista tanta superba de maschari , ne séria possibile de

l'aria più sumptuosa. Il pi ù débile liera roxo longi imo in terra con li capuci a la medema impresa, salvo quelli del Re e de Lorena e de Mons* de Medici quali hereno de filo fato a treze doro e darzento molto superbi, lie se ballô fino a meza notte, dapoi ognuno andô al suo logiamento et bereno tanto stracbi che non volseno aspeltar la Gollacione.

In mi altra sala furono aparate Ire tavole dove mangiorno le damiselle e molti gentilhomeni quali se levorno de tavola (che non sera mezo servito), tanto berano fastiditi da le vivande che se portavano in tavola, dapoi finila la festa il Papa se retiro. Il lie sera retirato in inascliara , la Regina con tutle le damiselle acompagno la Sra Ducbessa in caméra sua dove liera preparalo uno letto tanto ricbo che se extimato 60 millia scudi; la caméra dove hera dito letto tuta tapezata de brochato rizo soprarizo. Cosi questa note pasata bano doimito insema e consumato il matrimonio '.

Questa matina la Santità de Nostro Signore li lie andati visitai- al letto a bon bora, e li a trovati molto de bona voglia luna présente c laltra, e Nostro Signore sta tanto allegro che mai vidi tal cosa, cosi fa lo Re e tuta la corte maxime la corte del Papa quai sta allegra de la partita nostra quai sara fra -4 giorni al mancho avanti sancto Martino et torneremo per mare fino a Yillafrancha con le galère de Franza dapoi se montera sopra quelle de Andréa

1 Dans une lettre à la date du 30 octobre, écrite par un D. Antonio Sacco au Président de Milan, je rencontre ce détail sur le fait de la consommation de ce mariage : « Finito di danzare, et ito ciascuno alli loro allogiamenti , il Re volse lui proprio metterc a letto li sposi , et alcuni dicono , che li volse vedere {postrare , cl che ciascliuno di loro fu Valente in gioslra. » (Miscellanee manuscvilte aux archives de la maison Doua délie Rose à Venise.)

Doria. Se dice se mandata a stampar tuto qnesto triumpho '. Venendo prima de la nostra partita , ve ne mandera una dozena. Prego ne fati far copia e prima la manderete da mia parte a Monsignor de Vercelli con le mie recomendatione.

Da Marsilk ali 29 dotobre 1533.

1 II résulte de ce passage qu'on aurait imprimé à Marseille ou a Paris le récit de tout ce cérémonial. Cette plaquette existe-t-elle? Je ne l'ai jamais rencontrée.

APPENDICES El' COMMENTAIRES. 325

Projet de traité secret entre François Ier et le Pape

Clément VII pendant son séjour à Marseille

tan 1533.

(Chapitre XVII, page 182.)

Ce curieux spécimen de traité secret existe eu original autographe de la main du Roi au département des manuscrits à la Bibliothèque impériale. Il est à croire que si le Pape l'eût signé et qu'il n'eût pas ensuite mis obstacle à son exécution, l'Italie eût été de nouveau et témoin et victime de luttes plus acharnées encore que les précédentes entre l'Empereur Charles et le Roi François. Le cinquième et le sixième point , en effet, n'auraient pu que faire éclater de violents orages sur le Milanais, déjà si éprouvé depuis l'idée malheureuse qu'avait eue Louis XII de s'en emparer, sous le vain prétexte d'une hoirie rien moins que justifiée. Signé ou non signé , il est certain que ce traité n'a pas même reçu un commencement d'exécution. Catherine de Médicis ne fut point en effet la duchesse de Milan, et le Pape son parent mourut environ un an après le voyage de Marseille, jeune encore, peut-on dire, pour un Pontife.

Le premyer poynt. — Le temps est lymyté de dyx-hùyt inoys pour entendre à la payx par la mayn de Rostre Saynt Père.

Le second poynt. — Que au boult dudyt terme de dyxhuyt moys lardent que chascun doyt fournyr et mectre ensemble soyt prest, quy est, des troys pars, les deux pour le Roy.

Le tyers poynt. — Que Nostredyt Saynt-Père ne se déclarera ouvertement mays de conseyl et d'ayde, secrètement, de tout ce qu'yl pourra.

Le quart poynt. — Que Nostredyt Saynt-Pere peult estre asseuré qu'yl a entyèrement ledyt Roy à son commandement, pour luy et sa mayson, deslybere d'employer sa personne et toute sa puyssance, tant pour deffendre et conserver Sa Saynteté et mayson que pour ycelle acroistre et augmenter.

Le cinquiesme . — Que la conqueste de la duché, de Mylan se fera pour le duc Dorleans... (une ligne et demie effacée)... en laquelle duché Nostre dyt Saynt-Père pourra commander et estre obey, comme père des Duc et Duchesse.

Le sixîesme. — Que la conqueste fayte, Nostredyt Saynt- Père ne fera dyffyculté de Parme ne de Playsance.

Le Vil™ artycle. — Que à la conqueste de Vrbin, Nostredyt Saint-Père et le Roy contribueront chascun par moytyé l .

1 L'analyse (les dépêches de l'Envoyé de Milan à Rome, en date des 12, 13 et 14 décembre 1533, contient un- paragraphe qui semblerait assurer que le Pape ne voulut rien entendre sur le fait de la cession du Milanais. L'Andreasi, en effet, en annonçant à son maître le retour du Pape dans Rome, à la date du 10 décembre au soir, dit qu'il est allé à son audience du lendemain, et qu'entre autres choses Sa Sainteté lui parla de la volonté qu'avait le Roi de France de reprendre Milan et de l'y faire accéder. « Che Nostro Signore li disse chel primo ragionamento havuto il Christianissimo in Marsilia con Sua Santità fù soprà la pratica del stato di

Milano, ma che essa trovando la Maestà Cesarea constantissima al slabilimento tli Va Excellentia non volse passar più oltrà in questa pratica del Christianissimo quale sta di questo con pessima satisfattione, et quando havesse potuto havere la investitura in caso che Va Excellentia fusse manchata senza legitimo herede si séria contentato, haveria aiutato contra infideli et haveria fatto tutti li altri partiti. » (Archives de Milan. Ex litteris Andreasi, 12, 13, 14.)

Il convient du reste de faire observer que, politir/uement, le Pape, en admettant même que ses intentions véritables ne fussent pas stables , ne pouvait parler autrement au personnage qui représentait le Duc de Milan à la Cour Pontificale. Rien n'obligeait, en effet, le Saint-Père à mettre cet Envové dans la confidence de ses affaires secrètes avec le Roi Très-Chrétien.

Lettres de Catherine de Me'dicis à Mesdames des Murales,

à Florence '.

(Chapitre XI, pages L09 et 110.)

Madame des Murâtes. Ayant Francisque le pellisse présent porteur si apropos quil sen va par delà il ma este grant plaisir pour le désir que javons (sic) tousjours de vous faire savoir et entendre de mes nouvelles qui sont si bonnes quil est possible pour la très bonne saute de Monseigneur et de mov grâces a Dieu. Vous priant que vous et vostre bonne societte de relligieuses vueillez tousjours avoir en singulière affection de voz dévotes prières mon dit Seigneur et mov pour recommandez, me faisant savoir de voz estât et disposition et si aucune cbose soffre ou je vous puisse faire plaisir je my emploieray de très bon cueur. Priant Dieu vous avoir avec vostre dite compaignye en sa très saingte et digne garde. Escript a Escïeron le XIIe your de juing MDXLII.

La byen vostre Caterine.

a Madame des Murattes de Florence.

1 Ce» lettres se trouvent aux Archives de Florence, clans les cartons des « Couvents supprimés, monastère délie Minute . » Elles ont été publiées pour la première lois par M. tle Reumont, sauf la lettre IV, « De par lu Roy ne, •> que nous avons rencontrée dans le cours de nos recherches à Florence, en avril et mai 1865, ainsi crae le document : Donation aux darnes des Murales.

APPENDICES ET COMMENTAIRES. 3î9

Madame Labbesse jay receu voz lettres par lesquelles jay bien cogneu que je nay point este froustree de mon oppinion que jay tousjours eue que vous favsiez prier Dieu et Nostre Dame de la conception pour moy vous priant bien affectueusement de vouloir continuer et que voz Relligieuses a qui je men sens tant atténue vueillent persévérer les asseurant comme vous devuez estre de vostre part que je noublieray point le playsir que vous et elles mavez faict et que jespere feront encore et le recognoistrav vers vous et elles en telle manière et endroict que me vouedrez employer soit en gênerai ou particullier. Vous remertianl aussi du beau présent que vous mavez envoyé (pie jextime beaucoup, la recompence du quel jespere vous donner a cognoistre en lieu , ou vous aperscevercz que jay eu souvenance de vous et que je vous feray tousjours tout le plaisir que je pourray. Priant Dieu Madame Labbesse après mestre recommandée a vous quil vous donne ce que desirez. Escript a Paris le vime jour de Juillet MDXLiiij.

La bien vostre Catep.ine„ A Madame labbesse des Immurates de Florence.

De par la Royne,

Chères et bien aînées, nous avons receu par messer Nicole de Medicis présent porteur, les lettres que nous avez escriptes, et entendu par luy ce quil nous a dict de votre part, mesmes la volunte en laquelle vous persévérez ordinairement de pryer Dieu pour la prospérité du Roy

Monseigneur, de nous et de noz enffans, vous prians bien fort de voulloir continuer, estans asseures que nous les recognoistrons vers vous, nous luy auons donne charge de vouz dire de notre part quelques choses. Vous nous ferez bien grant et singullier plaisir de le voulloir entendre et croyre pour estre homme de foy et créance, asseures comme vous mesmes le congnoissez de bonne et entière suffisance. Et a tant chères et bien amées, nous prions Dieu vous avoir en sa saincte et digne garde. Donne à Lyon le premier jour d'octobre mvcxliiii.

Caterine.

Bertauld.

Madame Délie murate jay receu les lettres que vous mavez escriptes qui mont este fort agréables tant pour avoir entendu par jcelles de voz bonnes nouvelles et de tout votre monastère que pour la bonne souvenance que vous avez de moy en voz bonnes prières et oraisons des quelles je masseure pour estre continuelles et assidues faictes par vous de bonne et devotte affection ne peuvant faillir destre agréables a nostre seigneur. Je vous prie de continuer tousjours et vous souvenir de mov et de tous mes enffans en vostres oraisons, affin que tout ainsi que en mes jeunes ans jav este conservée en vostre monastère je puisse a présent par voz bonnes intercessions et prières estre conservée en la grâce de Dieu le quel je prie vous tenir en sa saincte garde. Escript A paris Le xxijme jour de Septembre 1573.

Caterine.

Chantereau.

Madame L'abbcsse délie Murate de Florence.

Revda Madré in Christo. Il raro et continovo zelo al servitio di Dio con la honestà et intégrité di vita che sino dalla mia tenera età io ho vedulo et inteso regnare nel vostro Monistero, dove forse anchor vive qualcuna di quelle che mi vi veddono giovinetta, Mi hanno indotta a mostravimi grata verso il vostro Gonvento délie continove et dévote orationi che voi havete fatte et fa te per il Re mio Signore et per me, et a darvi occasione di perseverare in quelle per Pavvenire col donarvi per sei inila scudi di béni stabili nello stato del mio Cugino il Gran Duca di Toscana, che io intendo di coinperare et donarvi, corne io scrivo con questa al detto mio Cugino, pregandolo per amor mio affinche voi habbiate quel più di liberarvi dalla gabella délia compera de detti béni ch' io intendo donarvi e di più sgravarli in perpetuo délia décima, secondo che più ampiamente lo contengono le lettere che sopra cio glene scrivo, et vi mando con queste, le quali da mia parte voi gli farete presentare et procurerete di haverne risposta che voi mi manderete spcrando ch'ella sarà taie che io la desidero, dovendo ridondare tal gratia in utile et honore del vostro Monistero. Hauta con la vostra, sua risposta, io vi dichiarero che uffity et che orationi io voglio si celebri et faccino perpetuamente per l'anima del Re mio Signore et per la mia ogni anno nel vostro munistero con gli paramenti et ornamenti che io vi donerù destinai! a taie effetto. Et qui senza più farô fine Ra Madré pregando lddio che voi con tutta la vostra devota coinpagnia conservi nella sua santa gratia. Da Mesieres alli sei di Lugiio 1583.

(De (a main de la Reine) Rda Madré questi pochi versi da

mia mano sieno per acertarvi più de la mia buona volontà verso del vostro Munistero et del desiderio che io ho che voi continoviate de pregare Idio per el Re mi Signore et hi Re mia fillouli et per questo che vive et per me et perchio posa vedere avanti morire questo regno ritornato per 1' honor de deo et toute laltre cose corne io lo trovai quaudo ci veuui, con darmene ocasione mediaute la elemosina che io intendo di farvi per farvi piacere.

Catekine.

Alla Rda in Christo Madré V Abbadessa del Munasterio délie Murate a Fîorenza.

Mes dames je vous envoie présentement le contract de lachapt et acquisition que jay faicte des S" Del Renne, des possessions et heritaiges, que je vous escrivis lannee passée que je vous voullois donner avecque mes lettres patantes contenant le don et délaissement que je fais a tousjours a vostre Couvent des dites terres. Je vous prie agréer en cella mon zelle et pieté et recepvoir la dite donation aux charges et conditions qui y sont contenues les quelles je désire que vous exécutiez en mémoire de moy et de l'amitié et bonne volunté que je vous porte. Oultre cella Jay faict remectre en la banque du Sr Martelly la somme de mil escuz d'or ditalie des quelz jentendz quil en soit emploie par vous cinqcent escuz en achapt de bestial pour garnir les dites Mestairies, et le surplus au paiement d'une statue de marbre qui me reprcsantera la quelle sera mise en vostre église suyvant le pourtraict que jen envoie a Mon Cousin Monsieur le Grand Duc de Toscane au quel jescrips pour le prier de voulloir descharger les sus dites posses-

sions que je vous donne de toutes charges et gravesses tant ordinaires que extraordinaires. Et mesmes de tout ce que pourroit monter la Gabelle de lachapt d'icelles, tant pour le regard du vendeur que de lachepteur. Chose que je masseure quil fera bien voluntiers pour lamour de moy a qui il a desja par ses lettres donne espérance de vous gratisfier en cella. Je suis ben marrie quil ne sest pas présente meilleure occasion de vous faire parroistre l'amitié et grande affection que je vous porte a toutes et le désir que jay d'estre continuée en voz bonnes saintes et dévotes prières et quelles je vous recommande a tousjours la bonne santé et prospérité du Roy Monsieur mon Filz de la Royne Madame ma fille et de moy, priant Dieu mes Dames vous avoir en sa s,e garde. Escript a Paris le xiiij" jour d'Aoust 1584.

Caterine.

De Laubespine.

Mes Dames les Abbesse et Religieuses des Immurees de la ville de Florence.

1 présentera moien de vous pouvoir faire paroistre

l'amitié et bonne volunte que je vous porte. Ainsy que jay faict alendroit de Mon Cousin Monsieur le Cardinal Grand Duc de Toscaine (Ferdinando I) aiant donne charge au Sieur Horatio del Monte luy parler en mon nom pour vous donner et remectre les gabelles que vous luy debuez. Je vous envoie une lettre que je luy escrips encores à cest effect la quelle je suis daduis que vous luy faictes presanter. Masseurant que vous trouverez en luy

1 Le commencement de la lettre a été lacéré.

toute la gratiffi cation que vous pouvez espérer. Je donneray ordre a faire envoier en vostre Couvant ainsy que je la vous ay promise, non ma statue de marbre pource que cela est tropmalaize mais un portraict au vif de moy très bien faict. Le quel sera mis et apose dans peu de temps en vostre Eglise vous recommandant en voz prières La santé du Rov monsieur mon filz et de la Roine ma fille. Et quil plaise a Dieu leur donner des enffans, au bien de cest estât et de toute la Xpieîît (Chrétienté). Je prie Dieu Mesdames les abbesse et religieuses vous avoir en sa s,e et digne garde. Escript a Paris le iij Jour de Januier 1588.

Caterine.

De Laubespine.

Mes dames les abesse et relligieuses des enmarates de Florence.

Donation faite par Catherine de Médicis au monastère des Murâtes à Florence l .

(Chapitre XI, page 110.)

Caterina, per la Iddio grazia, Regina di Francia et già moglie d'Enrigo 2do et madré di tre Re, salute a tutti cosi presenti corne futuri. Havendo noi più tempo fa, disposto di lasciar ricordo del nostro singulare amore, benevolenza et grato animo inverso le sacre vergini dedicate a Iddio nel munistero délie Murate (cosi vulgarmente chiamate) posto nella città di Firenze, ricordandoci noi anchora del'essere state in quello tanto bene et coh tanta amorevolezza ricevuta et da loro benignamente allevata dalle e 7 insino a' x. anni délia nostra età, in quel tempo apunto che Firenze per le sedizioni e guerre civili era assediata ; haver con gran sollicitudine e vigilanza procurato la nostra salute, et per difenderla haver fatto continove orazioni e voti con ogni sorte d'amorevolezza e diligenza; per la quai liberalità inverso di noi usataci restamo loro sommamente ubligate, et havendo anchora desiderato d'agumentare le dote e entrate di detto Munistero non molto grande, et sollevarle e alleggerirle di qualche scomodo,

1 Ce document offre beaucoup d'intérêt, et je regrette de ne pas l'avoir rencontré dans le style original fiançais que la Reine a dû cm ployer pour le dicter. Catherine rappelle d'une façon assez touchante les temps de son enfance écoulés doucement et heureusement dans ce bienfaisant cloître de sa patrie. J'ai copié cette pièce aux Archives de Florence. (Cartons du couvent délie Murate.)

(inalmente essendoci vcnuta l'occasione più fa desiderata, in virtù délie présente soscritte di nostra propria mano, doniamo in perpetuo aile dette religiose l' Abadessa e altre vergini délie Mura te di Firenze la possessione di Santa Maria Lancialberti posta in Valdelsa contado di Firenze divisa in quattro ville, la prima chiamata il Casone, la seconda la Grotta, la terza la Casetta, la quarta la Golpaja con tutte le masserizie e cose mobili che in dette ville si ritrovono , et inoltre vi haviamo aggiunto e nomi , azioni et tutte le ragioni délia villa chiamata la Cappella di Santa Maria per le dette stanze del casone. Le quali tutte ville e possessioni e béni soprascritti haviamo comperi da Bartolomeo del Bene Consigliere e agente ordinario délia carissima nostra sorella, la quai si riposa nel Signore, Ducessa del Piamonte; e da Giuliano del Benesuo figliuolo Cavalière di San Maurizio e Lazzaro e dalla Caterina de' Tornabuoni nostra matrona e moglie di detto Bartolommeo venditori non solo per loro e in loro nomi proprij , corne anchora in nome d'Alfonso del Bene figliuolo di detto Bartolomeo Dottore di legge, limosiniere del Be nostro carissimo figliuolo e Abbate d'Àltacomba in suo nome; per il quale promessono de rato , siccome più largamente si dispone per la legge e contratto sopra di ciô fatto : e le dette possessioni cosi comperate le doniamo (corne è detto) alla detta Abadessa e convento, a fine che per l'avvenire sia lor lecito, e possino usarle e goderle con tutti e mobili di qualsivoglia pregio e valuta, et quelle liberamente possedere nell' istesso modo tome se loro medesime l'havessino di lor proprio compère : et in dette Monache talmente transferiamo il dominio ch' è appresso di noi, che doniamo, e nostri heredi non rimanga ragione ne azione alchuna in dette possessioni e ville. Con questi legge e patto nondimeno, che ne la Abadessa e convento possa

in modo alchuno i detti béni inmobili o parte di quegli venderc, alienare impegnare o obbligare, e contrafacendo, hora per alhora voltiamo queslo nostro dono benefizio c liberalità allô spedale degli Innocenti di Firenze, con facoltà di potere ricuperare detti béni e torgli da cbi gli havessino comperi, ricevuti o ubligati, e in qua- 1 unique modo gli possedessino. E a questa nostra donagione aggiungniamo anchora l'infrascritte condizioni : che la Badessa et convento predetto délie Murate ogni giorno sieno tenute da sera dire la Salve Reçjina per la sainte, sanità e conservazione del nostro carissimo figliuolo Henrigo 3° Re di Francia. Ogni anno, poi il di 9 di Luglio, dichino il Vespro e Mattutino con l'altre pièce e oragioni che si sogliono dire per i morti. 11 giorno poi sequente si faccia un offizîo de' morti solen ne con la messa cantata, nella quale il diacono e subdiacono ministrano, per 1' anima di Henrigo 2d0 Re di Francia nostro Signore e Carissimo IMarito. La vigilia poi di santa Gaterina si canti il vespro, e il giorno délia festa la messa solennemente con il diacono e suddiacono, acciochè, mentre saremo vive, il signore Iddio ci con servi sane e salve à popoli alla nostra fede e governo commessi et raccomandati. E doppo morte, in luogo del ufizio e festa di detta santa, in quell' istesso giorno, nel quale saremo cbiainati dal Signore a miglior vita, si canti la vigilia, il vespro e mattutino de' morti, e la mattina del sequente giorno del nostro passaggio ail' altra vita, si canti solennemente Voffizio e messa de' morti ogni anno in perpetuo (corne è detto) i quali tutti caricbi, condizioni e comandamenti, acciô sieno con diligenza e fedelta, eseguiti dalla detta Badessa e convento, li raccomandiamo alla lor fede, conscienza e religionc. Et acciô che nessuno pretenda ignoranza di questa nostra volontà, comandiamo che questa nostra

donagione, scolpita in tavola di marmo o di bronzo si ponga nel muro di detta chiesa, in luogo più eminente e aperto. Preghiamo dipoi il nostro cugino il Gran Duca di Toscana, che comandi à suoi Magistrati , che mettino la detta Badessa e Monache in possesso di detti béni, e che da nessuno sieno iinpedite di potere liberamente goderli. Le quali tntte cose che le sieno rate e vere e ne facciamo più certa fede, habbiamo comandato che le présente nostre lettere sieno segnate col nostro sigillo.

Date in Parigi di Francia del mese di Giugno, l'anno délia nostra salute MDLxxxiiij.

Caterina.

Consultation relative aux droits cC hoirie de Catherine de Médicis ' .

Quum civitas Florentina super iorem aliquem non recognoscit, suaque habet particularia statuta et leges, que vult ante omnia servari, quicquid iure communi disponatur, ideo in hac causa dicam quid sentiam secunduin dispositionem illorum, discurrendo singulatim , ad quem hereditates istorum de Medicis predefunctorum devenerint.

Primus qui decessit fuit Julianus (qui quatenus detur quod Hyppolitus Cardinalis de Medieis natus non fuerit ex legiptimo matrimonio) successere Léo X frater ac Laurentius ex fratre nepos; exclusis sororibus el filiis sororum dicti Juliani. Et hoc statutuni , statuto Florentino quod eas excludit stantibus fratribus vel filiis fratrum predefuncte persone. Hyppolitus autem excluditur, et pariter, cum nullo modo admittantur filii non nati ex legiptimo matrimonio.

Laurentio vero qui ij° loco decessit, successit Catberina eius unica filia, que licet sit foemina, a statuto Florentino non excluditur in casu nostro, ex quo non adsunt filii masculi nec ascendentes, nec descendentes alii, et minus fratres carnales, vel filii fratrum carnalium, que persone tantum vigore statutorum excludunt filias foeminas ab hereditate patris.

1 Les biens de Catherine Je Médicis ont été plus d'une fois l'objet de contestations, et cette pièce est une preuve des difficultés rjui ont eu cours. •

Et hoc modo tola hereditas Magnifici Laurentii veteris, pro medietate devenit in Leonem et pro altéra medietate in Caterinam filiam Lanrentii junioris.

Leoni autem successere Lucretia soror et fil i i aliarum sororum predefunctarum de iure comunî, cum dicto Leoni non essent filii vel alii descendentes nec ascendentes, nec fratres nec filii mascnli fratrum, nec patrui, que persone tantum , vigore statuti Florentini excludunt sorores vel sororum predefunctarum filios. Unde cum non sint, standum est disposition! communi ; et ideo Lucrelia tanquam proximior admittitur, et quia agïfur de hereditate patrui filii predefunctarum sororum in locum maternum subintrant amitini (?) post fratres.

Si vero volumus presupponere Hyppolitum Cardinalem deMedicis natum exlegiptimo matrimonio; prefatus Hyppolitus Juliano successit, excluso Leone et Laurentio.

Caterina vero Laurentio successit, nec fuit exclusa ab Hyppolito, cum non esset de personis, qui vigore statuti haberent excludere filias foeminas ab hereditate patris.

Leoni vero, stante Hyppolito legiptimo, ipse Hyppoli tus successisset et non Lucretia soror et filii aliarum sororum, cum nulla mulier possit fratri succedere ex dispositione statuti Florentini, stante fratre predefuncte persone vel filiis fratrum.

Nec Caterina ad aliquam partem admictitur, nam in respectu ipsius agatur de hereditate patrui magni, ipsa non subintrat in locum patris, et ideo tamquam remotior in gradu ab Hyppolito excluditur.

Quisnam Hvppolito successerit, standum est dispositionijuris communis, cum in hoc statuta Florentina non disposuerint. Reliquit enim Hyppolitus Lucretiam amitam et fratres amitinos ex predefunctis amitibus.

t quod supradictum est procedit in bonis in territorio

APPENDICES Et COMMENTAIRES. 3M

existentibus : in bonis autem sitis extra territorium, persone, que supra per statutum excluduntur excludi non debent, cum statuta talia non operentur extra territorium, secundum communem scntentiam.

Et quicquid sit pro vitanda violentia, de qua ad presens dubitatur mibi occurret, quod attento quod Illustrissima Delpbina babet interesse in hac hereditate ad minus pro nj^ parte, quod instaretur per Oratorem Christianissimum apud Siiam Sanctitatem, ne aliquid fieret de facto in preiudiciurn iurium prefate Illustrissime Delpbine. Et quia scio quod babet cum Sanctissiino Domino iSostro super bac re loqui, libenter faciat, et boc modo alii heiedes beneficio eius tutabuntur.

Posset ctiam Magnifica Domina Lucretia adita hereditate cedere ad favorem filiorum suorum vel nepotum et constituere, se nomine eorum tenere et possidere, et hoc secrète. Nam quando postmodum tempora oportuniora essent, prefati filii vel nepotes, in quorum favorem cessisset, possent tamquam spoliati agere ad reintegrationem remedio possessorum. Et hoc modo non esset postmodum primitus disputare de petitorio, et minus nunc velle me defendere, quia posset ob adversariorum potentiam in neyocio principali tota causa periclitari. Xon enim tutum est coram suspecto judice litiyare.

Stir le Palais Médicis.

(Chapitre VIII, page 75.)

Une monographie du palais des Médicis est encore à faire. Il faudrait pour la pouvoir écrire avec succès s'entourer de toutes les pièces écrites relatives à ce monument, qui fut un centre merveilleux de collections précieuses en tous genres au temps de Côme et de Laurent. Le document capital serait un inventaire , fait en 1466, à la mort de Côme, ou en 1-472, à la mort de Pierre son fils. L'histoire des arts et de la curiosité rencontrerait dans un tel document un des témoignages les plus intéressants pour cette époque. On ne saurait apporter trop de soins à la recherche des inventaires des hiens des familles célèbres pour avoir protégé et encouragé les beaux- arts : ils contiennent des titres et des indications du plus grand prix, qui permettent de déterminer des dates demeurées incertaines. Quels éloges entre autres ne saurait-on trop donner à M. le comte Carlo d'Arco pour la publication qu'il a faite des Inventaires des collections et galeries formées par T Isabelle d'Esté, cette patronne charmante et cette inspiratrice incessante qui, depuis 1-490 qu'elle vint à Mantoue, jusqu'en 1537, époque de sa mort , attira vers elle tant d'artistes éminents et mit sa gloire de souveraine dans la possession de leurs

œuvres ! Que serait donc un inventaire des objets réunis dans la maison de Médicis depuis que Côme le fit élever, jusqu'à l'époque fatale de la mort de Laurent, 1455-1492! Une lettre de Galeas Maria Sforza adressée de Florence à la Duchesse de Milan sa mère , et que nous avons rencontrée dans les papiers de Mantoue, entre en quelques détails sur cette belle et riche maison de Côme l'Ancien. Le Prince raconte son voyage de Milan à Florence, et à son arrivée la visite qu'il fit au grand Médicis :

« Gionse qui, dit-il, in Casa del Magc0 Cosmo, ove ho trovato una casa si per bellezze de telle, alteza de mure, aconzeza de uschi, et de finestre, numéro di Camere et Salle, ornateze de Studioli, dignité de libri , polideza et ligiadria di giardini, et si per ornamento de tapazarie, Cassone de inextimabile manifactura et valore, maestà de sculpture, disegni de infiniti modi, et d'argento inextimabile : la più bella che vedesse may, ne credo di potere vedere. Ora a dire di questa Casa chi ne volesse dignamente rasonare, et descrivere le parte sue non mai lingua, non spatio de uno giorno, non de uno mese ma de molti con la eloquentia de molti oratori gli séria necessario. Visitaij el M°° Cosmo quale atrovaij in una sua Capella non mancho ornata, et bella chel resto délia Casa, mi abrazô con grand issinia carità, et amorevoleza, et quasi piangendo di letitia, e di dolcezza : disse che in questa sua età niente poteva havere havuto, che più le piacesse, perché desyderando luy sopramodo di vedere la Ex" del prefato S" mio padre, vedendo mi in questa maynera, gli paria de vedere quela, et jo anchora con quelo megliore modo che io sepe, gli respose non daltro perô che cose générale

per qnesta volta : dopo al che reduclo a la Caméra, et dimorato nno pezo ritornav una altra volta da luy qnale pur anche ne la dicta Capella de la quale non si poteva movere ritrovay con dny suy abbatini picoli da li quali factome dire due oratione, l'iina in prosa laltra in versi, in modo certo digne et quase incredibile a la età de queli puti, che sono in età tenerissima tute due in laude del Ul"10 D. mio pâtre, et letitia de la venuta mia me ritornay a la caméra, non havendo anche in questa volta dicto altro che parole générale '.

1 Archives de Mantoue, E. xix. 2, Milano. Lettre en dnte tlu 17 avril 1459.

Sur le retour à Florence de la cassette donnée par Clément VII à Catherine de Médicis.

(Chapitre XVII, page 180.)

D'après tout le contenu de la page 180, on voit qu'on a toujours ignoré comment ce merveilleux objet était revenu de la Cour de France à la Cour de Toscane. On s'est demandé si ce ne fut point à l'époque où tant d'objets disparurent, au temps des guerres de religion. Je crois pouvoir affirmer que cet objet a fait retour fort naturellement en Italie, et qu'il y fut rapporté par une princesse qui eut part au testament de Catherine de Médicis, je veux dire Chrétienne de Lorraine, élevée en Cour de France, petite-fille de Catherine, puis mariée à Ferdinand de Médicis, troisième Grand-Duc de Toscane, au printemps de l'année 1580.

Il existe à Florence une archive dite de la guardarobba, archive de la Cour, archive privée des princes; j'ai eu occasion de la consulter au sujet de quelques recherches concernant des tableaux et des objets d'art, et le marquis délia Stuffa, qui a charge de les conserver en sa qualité d'intendant du Palais, m'a fort obligé en m'en permettant l'accès. Les inventaires y sont nombreux, et j'ai pris note entre autres de celui de cette Grande -Duchesse Chrétienne, ainsi désigné

au catalogue : Inventario di robe venute di Francia alla Serenissima Christiana di Lorena, Gran duchessa di Toscana stateli lasciate per testamento dalla Christianissima Regina Madré del Re Enrico IIP stimale l'anno 1589.

Le numéro 254 indique xina cassetta dargento dorato con alcuni fregi di filo d'oro smaltati con compartimenli di colonne et qiiadretli informa d'ali e per piedi con arme et impresa di Papa Clémente VII.

Assurément la description est écourtée, mais n'est-il pas permis de reconnaître la célèbre cassette, ouvrage admirable de Yalerio Vicentino?

Le même inventaire porte au n° 288 « un ritratto délia Regina Caterina fanciuletla con ornamento doro. » Qu'est devenu ce portrait de Catherine petite fille ? Et que sont devenus aussi cinq cent cinquante et un portraits de divers Princes et Princesses, Dames et Seigneurs renfermés dans une cassette carrée, et laissés en don à cette fille de Lorraine par la Reine Catherine? « Una cassetta quadra dentro la quale vi sono n" 551 ritratti di diversi Priîicipi e Priîicipesse , Signorie Dame '. C'est bien là une indication faite pour exciter aux recherches les plus minutieuses le savant si distingué auquel nous devons des ouvrages aussi intéressants que la Renaissance des arts, le Palais Mazarin, Notice sur les émaux du Louvre, etc. : je veux dire le bienveillant directeur des Archives de France, marquis de Laborde. Retrouver ces cinq cent cinquante

1 Pafje 40 diidit Inventaire. Ârchivio di Carte e délia guarda-

robba .

et un portraits serait, et pour l'art et pour la curiosité, un événement de toute importance. Tous les personnages les plus marquants, soit à la cour, en effet, soit aux cours étrangères , devaient se rencontrer dans une collection de la sorte, formée et commandée par la Reine Catherine ' .

1 Chrétienne de Lorraine avait hérité de la Reine mère de beaucoup d'objets et de souvenirs vraiment charmants et d'un goût admirable, parmi lesquels je trouve encore à citer celui-ci : « Un libriccino dentrove una sfera e un rilralto del Re Arrigo 3° e tutto coperto doro da una banda ve un cammeo grande con il Giuditio di P a ride con 16 castoni di diamanti e 8 di rubini et una rosa di 17 diamanti con una catena per attacarlo di bottoni doro smaltati et 12 compassi di perle. »

3<8 ATPEISDICES ET COMMENTAIRES.

Jean de Médicis, des Bandes noires, et Côme de Médicis,

son fils, second Duc et premier Grand-Duc

de Florence.

(Chapitre XVII, page 168.)

Jean de Médicis, dit plus tard Jean des Bandes noires en raison de la couleur sombre qu'il avait adoptée pour l'uniforme des vaillantes troupes qu'il commandait, naquit à Forli le 6 avril 1498, de Gaterina di Riario Sforza, fille naturelle du Duc Galeaz, et de Jean de Médicis, son second mari. Orphelin à onze ans, il épousa en 1517, âgé de dix-neuf-ans seulement, Marie Salviati, fille de Jacopo, sage conseiller et parent de Léon X et de Clément VII. Ses destins furent ceux d'un homme de guerre, et bien que mort dans la fleur de l'âge, à vingt-huit ans , ce Jean de Médicis est l'une des physionomies guerrières les plus prononcées et les plus glorieuses qui se sont distinguées pendant les trente premières années du seizième siècle. Il fut au service du Pape dans la guerre d'Urbin, au service de l'Empereur dans ses campagnes en Italie en 1523 , puis à celui du Roi de France , au temps du siège de Pavie. L'Arétin, qui l'accompagnait au titre d'ami et de lettré, pendant la guerre de 1526, assista à ses derniers mo-

monts, et il les a racontés dans plusieurs lettres avec une rare éloquence; la première et la plus détaillée est adressée à Messer Francesco degli Albizzi , et la seconde à Madonna Maria de Medici , veuve de ce grand capitaine, l'une et l'autre en date de Mantoue, le 10 décembre 1526. Nous avions d'abord eu l'intention de reproduire ici ces deux remarquables documents, persuadé qu'ils n'avaient pas été publiés en dehors de l'édition assez rare à rencontrer des Lettres de l'Arétin, parues à Paris, en 1G08 et 1609, mais les ayant trouvées réimprimées dans les œuvres récentes concernant la vie et les actions de Jean de Médicis ', ainsi que dans la nouvelle édition des Lettres de l'Arétin, publiée en 1864, à Milan, par Daelli 2, nous avons estimé plus convenable de renvoyer le lecteur curieux de les connaître, à ces différents ouvrages.

Jean de Médicis des Bandes noires ne laissa qu'un fils, auquel le destin si rapide des Médicis delà branche aînée réservait la souveraineté. Côme de Médicis, dont la vie politique offre tant d'intérêt à l'historien, est le chef ducal de cette branche de Médicis qui, avec le titre de Grand -Duc, régna sur la Toscane jusqu'au dix-huitième siècle, alors qu'éteinte dans la personne de Gaston , elle céda la place à la maison de Lorraine. (Juillet 1737.)

1 Voyez Lu nita e le gesta di Giovanni de' Medici o storia délie Bande nere e dei celebri capitani che vi militarono , (la Costantino Mini; Florence, 1851.

- Biblioteca rara} Milano, G. Daelli eC. editori. Un seul volume de cette réimpression des Lettres de l'Arétin a été publié.

Côme de Médicis, fils de Jean des Bandes noires , quatre jours après la mort violente d'Alexandre (9 janvier 1537), avait été élu, à l'instigation de Francesco Vettori et de Guicciardini, « supremo reggitore délia ciltà di Firenze e suo dominio. »

Son élection fut déclarée légitime au nom de l'Empereur, par le comte de Sifontes, ambassadeur, le 21 juin, et il prit le titre de Duc de Florence le 20 septembre 1537.

Il épouse Éléonore de Tolède, fille de Don Piedro di Toledo , Vice-roi de Naples, en 1539. Naissance de son fils François, 25 mars 1541.

Son entrevue avec l'Empereur à Gènes, en 1543.

Naissance de son fils Ferdinand, 1549.

Expédition de Sienne et lutte contre la France représentée parle Prieur de Gapoue, Lione Strozzi, capitaine des galères, 1554. — Capitulation, avril 1555. — Côme reçoit la ville en fief de Philippe II et prend possession formelle le 19 juillet 1557.

Voyage de Côme à Rome, octobre 1560. — Son retour en 1561 par la Valdicbiana.

Mort de la Duchesse Eléonore à Pise, 1572.

Côme renonce au gouvernement en faveur de François son fils aîné, se réservant le titre ducal et le pouvoir suprême, 1er mai 1564.

François de Médicis régent, 11 juin 1564, marié le 16 décembre à Jeanne d'Autriche, fille de Ferdinand Ier.

Côme prend le titre de Grand-Duc de Toscane, en vertu de la Bulle du Pape Pie IV, 27 août 1569.

11 est couronné Grand-Duc à Rome par Pie V, 18 février 1570.

Epouse Gamilla Martelli, le 29 mars 1570. Meurt le 21 avril 1574 ' .

1 Un ouvrage très-curieux à consulter sur Cônie, premier Grand Duc, est un mémoire de Doinenico Moreni , « Ricordi intorno ai costumi , azioni e governo del Seren. Grau Duca Coaimo I, scritti di commissione délia Serena Maria Cristina di Lorena. Sur les essais biographiques concernant la personne de ce prince remarquable, voyez le Giornale degli Archivi Toscan i. An no 1862. Janvier et mars, p. 58 et 60.

De la maladie et des derniers moments du Pape Clément Vil en août et septembre 1534 '.

(Chapitre XVIII, page 197.)

Illm0 et Rm0 Sigr niio Col,no.

Mo : terzo giorno scrissi a V. S. Illma et Rma quanto occorreva sino ail' hora circa la prima indispositione di N. S. La sapera poi, che quel giorno medesimo un frate Carmelita procnrato qui in corte del suo Ordine, detto fra Jambapla Confalonerio, che... d'andar al Prête Jarsi? havendo delto più volte, chel sapea certo che Nre Sigr prefato non morria di questa infirmità, et che quando li medici lo tenessero per morto, e glielo consegnassero pertale che lui eum certa sua aqua lo voleva guarire. Tandem colla autorità di Madonna Lucretia, assentendo Monsr Rmo et Illmo de Medici, et non dessentendo Maestro Scipio, ge ne dette un cuchiaro di detta aqua quai riceputa parve, chel parosismo che v' era il maior cessasse, la voce se li chiarisse lo intelletfo et vigor pristino li ritornasse , et

1 Cette lettre et les suivantes ont été adressées au Cardinal de Mantoue par un Evèque d'Apruzzo, son familier, demeuré à Rome pendant son absence. Ce Cardinal fut du reste renseigné à tous moments pendant la longue agonie du Pontife, et le carton des dépêches de Rome, année 1534, conservé aux Archives de Mantoue, est plein de lettres à ce sujet. Pendant plus d'un mois, au Vatican, on était persuadé, chaque matin, que le Pape ne vivrait pas un jour de plus. Cela dura jusqu'au 25 septembre, et les phases de la maladie du Pontife moribond offrirent à l'observation les symptômes les plus singuliers.

anche se li movesse el corpo : in tanto che vedendosi tanto snbita mutatione, et vedendo che si erano aperti li mensi de la golla per ricever alcnna sustanzia, snbito si fece festa da tnti, dicendosi che 1' aqua lhavea guarito : ma la notte non fu bona, et prese maie snstantie, et venneli dei acidenti epilofici molto bene. Heri mattina poi , ch' era il giorno solito a venirli il parosismo piccolo li furno dati dal detto frate doi cuchiari délia detta aqua, quai difficilmente S. S'a prese, ma essa non obstante pur li vene il parosismo solito, et volendo Mr Rmo de Medici prefato forzar Sua S" in pigliare un rosso d' ovo, quando si vide sforzare a tenir per le brazza intrô in tanta colera, che non solamente non prese cosa alcuna, ma se li remforzô il parosismo : in tanto che corne dovea esser il piccolo, fu il grande, et cossi cum gemiti, muggiti, et clamori grandissimi con molti accidenti d' epilepsia se ne passô sino aile hore 24. Slanzandosi per il letto con furia grand™13 in tanto che se non fusse stato moite volte tenuto si saria gietato fuori del letto, ma quando stava un poco in quiète, pur pigliava qualche poco di zuccaro bagnato nel stillato misto con aqua. Or quando fu aile 24 hore tornai di sopra alla guardia di S. S'3 dove stetti fino aile otto hore : fra il quai tempo li vennero più de LXla simili accidenti ut supra, perdendosi in tutto, et retirandosi tutti li membri, et pensavamo che ogni volta il dovesse finirla. Per il che tenevamo li Penitentieri in caméra con la croce, aqua santa , et candele benedette per far il bisogno nel suo estremo, ma ogni volta ritornava in se, et cognosceva ogni cosa, parlando anche qualche poco, dimostrando un occhio vivacissimo con doe labre rosse, et volto poco sbatuto, che facea stupire ogniuno, et dura cossi fino aile xi. hore, essendoli poco inanzi alentato i! parosismo. Onde che stando cosi un poco in quicte : bute

l'occhio alla finestra, che guarda verso Belvédère, et viste un Frate di San Domenico Penitentiero, et dimandando chi era quel homo longe- : essendoli risposto, che era il Mastro sacri Palatij , parve che si turbasse, et monstrasse segno con la bocha, che non li piaceva chel fusse li, et cossi fu mandatofuorail frate. «Di poi viste Mastro Matheo, e lo chiamô per nome, et lui li disse, Padre Santo , voleté qualche cosa da me? Rispose S. S,a, Si. lo vorria cos'e, non de'hiarando altramente. Àlhora replico Mro Matheo, Ben Padre Santo voleté manyiarel Rispose si maynare. Allora incontinente, essendo già passati sei giorni, che non havea mangiato cosa alcuna li fu portato tre detta di pane lavato, et lo magnè : di por fu portato artanto biscotello, et un bicchiero di bon Trebbiano : et cosi bagnandolo in esso lo magno, et si bevette tutto il vino saporitamente, et di poi dormite per doe hore con assai quietudine. Aile 14 hore prese artanto pan lavato, et biscotello con meggio bichiero di Trebbiano, et aile 18 ha preso artanto. Et perche aile 20 hore e meggia vel circô stando io di sopra domandô da bevere, anche che fosse senza febre, et havesse dimandalo Trebbiano si contentô di bere meg(;ia tazza.de aqua d'orzo inzucherata, havendo mangiato prima un bon pezzo di zuccaro, et nel partir mio Sua S,a già si era accomodata di dormire un poco, havendo parlalo qualche poco con bon senso et intelletto con noi altri , sicchè ho voluto partecipare il tutto di questa nostra hodierna consolatione con V. S. Illma et R",a aciô che la ne senti anche lei piacere, et contentô con render giatie al nostro Signr Dio delli segni, chel' ne manda di volerse in tutto consolare délia vitadi S. Sla perche li Medici dicono, che se S. Sla persévéra ad aiutarsi col cibo, che onninamente guarirà. Coiiolano il frate da laqua et il Medico de' Santi-quattro lianno dato fuori scomesse, che Sua Saut1

non morirà di questa malattia, e che si risanerà si che stiamo da questa mattina in quà tutti allegri et pieni di speranza, che Dio ce la vogli augumentare, nonobstante che già in bona parte sieno già fatte le cere funerale, et l'oratione sia già meggia composta da Mon1" Grana, che ha ambilo molto la Provincia di laudare S. S,a in funere, quantunche già lei oie proprio 1' havesse comessa a Mr Blosio.

Da Roma aile hore 23 di agosto 1534.

Illa"> et Révérend. Sor mio Colm°.

De xxi del présente scrissi distinte quanto sin alhora era occorso circà la indispositione graviss" di N. Sro. Sapera da poi quella che il giorno sequente, corne si temea che fn il sabbato li venne un grossismo parosisino, quai pensassimo che l'havesse a portai- via, perché si alieno in tuto et non cognosceva et zavariava et cominciô a non voler pigliar sustantia : pur quando si fu sulla meza notle parve che se li stalasse la febre et riposasse alquanto, et pigliasse un poco de pisto cosi fra denti. Quando fu poi heri, che fu la Domenica, stette netto di febre sino aile 23 hore, et ora tornato in se et parlava a proposito et sempre si raccoinandava a Dio et nostra Donna cura le più pie apostrofatione alloro che si potesse pensar, ma mai volse pigliar cosa alguna dicendo che non poteva passar il canale délia gola : preseno partito di portarli fruti d' ogni sorte, acque...(?) tandem coinentiô a prender pezzi di zuccaro bagnato in un consumato mixto di acqua fresca, ma ciuchiava un poco, le gettava nella tazza. Intanfo che solo le labra se humectavano, et nulla andava a basso. Quando poi fu sulle 23 hore li venne el parosisino de la terzana picolo, quale anche fu minore del suo précédente respondente assai, et cosi ha passato tutta la notte passala pur ripo-

sando qualcke poco, ma gustando nulla al solito : or qnando i stata questa mattina, et standosi in expectatione del parosismo grande, essendose li poste le magnate de dricto delibererne sforzarlo a magnar, et alzato su Monsr di Medici tenendolo altri per li brazzi con un steco li volse aprir li denti, ma lui se difenso et con li denti, et cum le brazza , gridando : Ha rubaldi, ha Iradltori, a questo modo mi assassinale : se non cbe insieme tuti si delibero non martirizzarlo più , ma lassarlo alla misericordia di Dio, et a benefficio di natura. Et quantunque più volte hoggi Monsr di Medici, et più volte babbi provato cum la ampola dal becco volerli dar consumato mixto cum aqua, pur sempre ba facto poca operatione, corne le altre volte. Intanto cbe si computa cbe a quest' hora, cbe sono le 22, sono bore 60, cbe non ba pigliata sustantia alguna, et cbe la natura vive solo de la flegma cbe ba in corpo. El parosismo de oggi cbe dovea esser el grande è la mita manco del précédente suo respondente. Ma è venuto due bore prima, tamen cum poco vigor; et boggi quantunque S. Sta sia alquanto alienata da se, tamen non è tanto como a l'altro parosismo : tiene bonissimo ochio, si volta per lo leto da se, et ba un polso et una virtù berculea. Intanto cbe li medici tengono per fermo, cbe sel si potesse adiutar cum el cibo, cbe senza un dubio si prevaleria di questa infirmità. Tamen credesi, cbe Nostro Sigr Dio, li habia eonslituito questo fine qui preteriri non possit, et temendosi cbe queslo parosismo non el porti questa note, si è deliberato su le bore tre di darli la extrema unzione, che Dio Nostro Signore faci se è per il meglio, cbe la sia la total sainte del corpo, et poi de l'anima, et percbè penso cbe non restara da advisarsi alla Sria V. Rn,a allro cbe la passata de l'anima de S. . S'a a meglior vila : per questa dico amen; sapendo cbe il caso li volarà da mille

bande, et interea starô aspettandola qui con desiderio

(Roma, alli 24 di agosto 1534.)

Illmo et Rmo Sr mio Colend0.

Da poi le mie ultime che furono del 24 del présente havendo havute le sue di 17 del medesimo ancor che le scrivessi per le anledette non le haver a scriver più, pur ancho scrivo quesla, sapendo ch' ella giungerà avanti la partita sua di li per ragguagliarla minutamente di tutto circà li progressi del miserando Nostro Signore, la rui anima stenta tanto a passar a rniglior vita. Sapera dunque quella che la notte sequente a quel giorno che scrissi, su le tre hore di notte vennero certi spaventi a Sua Santa et tremoii li quali indussero il suo Penitentiero a darli con l'assistentia di noi altri la estrcma untione. Et Sua Santa per due vol te rispose Amen, et parve poi che riposasse alquanto, et anche verso il giorno pigliasse da tre ampollette da Mcssa di stilato misto con acqua et cinciasse qualche poco di zuccaro, cosi hieri hehbe il paroscismo piccolo, et passé la giornata con dormir qualche poco, ma pigliando perho cosa di sustantïa : la notte poi su le cinque e mezza le venne una'gran sincopa, che lo tenessimo per morto un gran pezzo, et le fu raccomandata l'anima : et da poi le sopragiunsero parechj altri accidenti di epilepsia con tre mori , et spaventi assai : poi parve che se rihavesse, et tornasse in se, et questa mattina teneva una virtù gagliardissima ; parlava, et parla, conosce, et si vol ta per lo letto da se, et sputa, et se raschia, ma non vol pigliar cosa alcuna , non more, non campa, et ognuno sta stupido, corne viva, non essendosi cibato da cinque giorni in quà. La colpa di tutto il maie, prima più volte Sua Santità, poi la université degli altri attribuisse esser

eausato dalla imprudentia di Maestro Mattheo da Corte, che non lia evacuata in tempo : che se egli le dava medieina in tempo saria prevaluto benissimo. Ma forse il Nostro Signor Dio ha voluto, che la vadi cosi per salute di sua anima.

Roraa sta quietissima, et si fanno gran guardie a tutte le porte, et non si lasciano entrar soldati , o altre persone di suspetto d'armi. Et sono stati presi quattro Spagnoli, che foravano le mura di Roraa per entrare, et dicono se giustificaranno : altro non occorre : resto baciando le mani a Vostra Signoria Illma et Révérend"13, et a Monsr mio di Verona, che penso sia già tornato de li.

Di Roma aile 23 hore e mezza il di 26 di Agosto del 1534.

Di V. S. 111™ et R™.

Ilumiliss0 Serre.

Il Vescovo m Apruzzo.

Indication des différents documents officiels, manuscrits , que j'ai consultés dans les Archives de Florence et à la Magliabecchiana pendant le séjour que je fis en Toscane aux mois d'avril et mai 18G5, tous documents relatifs au temps des Médicis avant l'avènement du premier Duc '.

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