XII * PRÉFACE
ses membres. En 1855 et 1857, M. de Reuiuont, que le Roi affectionnait, suivit Sa Majesté" dans ses excursions en Allemagne, et fut du séjour de Maricnbad. En 1857 et 1858, je le rencontrai à Rome faisant l'intérim de la légation , d'où il fut rappelé pour accompagner le nouveau souverain à Tegcrnsec, en Bavière, puis à Florence, Rome et Naples, où Leurs Majestés le Roi et la Reine passèrent l'hiver de 1858 à 1859. Lors de la chute du Grand-Duc, et surtout à la suite de la mort du Roi Frédéric-Guillaume IV, M. de Reumont se voua plus particulièrement au culte des lettres; il n'a point renoncé à l'Italie, car il est de cet avis que lorsque l'on a goûté aux nuits mûris dans ce pays, pendant tant d'années, la terre en est si séduisante et attirante, que, si on la quille, on la veut toujours revoir, et toujours y revenir. Aussi M. de Reumont est-il à Rome souvent plus qu'ailleurs, et y est-il avec cette plume méritoire et laborieuse, élégante et heureuse, qui a servi avec tant d'honneur l' Allemagne littéraire en Italie, et l'Italie littéraire en Allemagne.
Dès 1835, M. de Reumont publia une Vie d'Andréa del Sarto, puis les Esquisses de voy age dans les pays méridionaux. En 1840, on a de lui les Lettres romaines d'un Florentin; et l'année suivante, les Tables synchroniijues de F histoire florentine, en langue italienne, publiées à Florence lors de la réunion des savants étrangers et italiens. Les recueils périodiques lui durent aussi une collaboration active en ces temps-là; l'un — Y Annuaire de M. de Raumer — contient une dissertation sur la Diplomatie italienne au moyen ù<je (18 VI), V Histoire des derniers temps de F ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1843). Le Kunsthlatt de M. de Schorn renferme de nombreuses éludes sur l'histoire des bcau\-arts en Italie. Sous le litre sympathique d'Itatia, M. de Reumont édita luimême un annuaire en 1838 et 1840, dont les deux volumes contiennent des travaux de MM. Léo, Witte, de Rumohr et
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de la Comtesse Ida Hahn. Ses deux nouveaux volumes de Lettres romaines parurent en 1844, suivis bientôt d'un ouvrage sur Ganganelli, ses lettres et son époque (1847), et successivement, un travail sur les dernières années de Benvenuto Cellini, de nombreux articles dans le Kunstblatt , le Morgenblatt, la Gazette cTAugsbourg, la Gazette de Prusse, et dans le précieux Recueil florentin fondé par l'intelligent et persévérant Vieusseux, YArchivio storico italiano, dont M. de Reumont devint un des rédacteurs habituels : c'est là qu'il a publié la Bibliographie des ouvrages allemands touchant à f histoire italienne. En 1851, sous le titre de Caraffa de Maddaloni, paraissait l'histoire de N a pies à l'époque de la domination espagnole. Six volumes d'Essais sur tldstoire d'Italie, renfermant une partie des travaux insérés dans tant de différents recueils, parurent de 1853 à 1857. C'est à cette dernière période de temps que se rattache la publication des deux éditions allemandes et de l'édition italienne de la Jeunesse de Catherine de Médicis, dédiée par l'auteur à une Française de grande naissance et d'un charmant esprit, devenue par mariage Princesse romaine, mademoiselle Nompère de Champagny de Cadore, aujourd'hui la Princesse Rospigliosi. Il lui dit, dans les termes les plus heureux , comment il lui adresse les pages suivantes, dans lesquelles sont racontés les destins d'une fille de la Toscane, de la maison de Médicis, partie pour la France où elle est devenue Reine. Que l'argument ne l'effraye point, il ne se traite ni de guerres de religion, ni de Ligue, ni de Saint- Barthélémy . C'est le prologue de la vie politique de Catherine; et des fêtes nuptiales à Marseille en sont la dernière scène. Regardez d'ailleurs à la page ci-après, et lisez cette Dédicace élégante à l'adresse de la spirituelle et gracieuse Princesse, sous le patronage de laquelle M. de Reumont a placé son intéressant ouvrage.
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