‹ La jeunesse de Catherine de Médicis, tr., annoté et augmentéChapitre 5 sur 71 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

toucher aux événements dont elle fut l'innocent et involontaire témoin , il suffirait d'un court énoncé de quelques dates, accompagnées d'un exigu commentaire, pour contenir toute l'histoire de ses jeunes ans, depuis l'heure où elle naquit, le 13 avril 1519, à Florence, jusqu'à celle où elle se maria, le 28 octobre 1533, dans Marseille, avec un fils de France.

A vrai dire, tout ce qui se rapporte à la vie de cette étrange héroïne de la vie politique a un intérêt incontestable, et on ne se peut défendre d'un sentiment qu'il est difficile de caractériser, en considérant tout ce qu'il y a eu de contrastes inattendus — ce que nous pourrions appeler les lignes brisées — dans cette existence de femme, comme enfant, comme adolescente, comme fiancée, comme épouse, comme Reine, comme Régente et comme mère! Partout et toujours du trouble! Dans ses défaites comme dans ses victoires , jamais de repos ! Sa naissance coûte la vie à sa mère, une Française, Madeleine de la Tour d'Auvergne : enfant, elle est le jouet le plus inconstant des circonstances les plus imprévues, le destin s'en sert comme d'un instrument fatalement obéissant; nubile, elle n'épouse pas celui vers qui la portaient ses jeunes inclinations; femme et Reine régnante, une favorite lui ravit l'amour de son époux et l'autorité du trône; Reine régente et Reine mère, elle assiste à d'autres et longs orages, elle voit le désordre et l'impuissance de sa race, elle

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