‹ La jeunesse de FléchierChapitre 16 sur 23 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Bertrand, seul. {Il va les enfermer à clef.)

Ouf! j'ai cru qu'ils ne partiraient pas. Mettons la clef, et réfléchissons si nous pouvons... Quelle aventure!... Ce Florval! ce prince Arsace!... Oh! c'est bien Jui!... Sa fuite à l'arrivée de ces nouveaux venus... le mystère qui l'environnait... Cependant, le prince Arsace... je n'en ai jamais entendu parler... je voudrais bien savoir où est sa principauté. Bref, prince ou non, on doit l'assassiner; ce sont ses afl'aires, il s'en tirera comme il pourra... Mais moi... mais ma fille... surtout moi... A minuit... une lanterne sourde... Ah! que faire? Quel parti prendre? Ma foi, découvrons tout à Son Altesse... c'est un prince... il doit être brave, et lui seul peut nous sauver.

' NOTE SUR m"^ dupré. (Voy. p. 265.)

Marie Dupré était fille d'une sœur de Roland Desmarets, et de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, de l'Académie française. Elle était de Paris, et ayant montré dès sa plus tendre jeunesse une grande inclination pour la lecture et beaucoup de capacité pour l'étude, Roland Desmarets, qui était un homme fort savant, jugea à propos de prendre soin de son éducation. Il dit lui-même, dans une de ses lettres, qu'elle fît voir dès l'enfance un grand éloignement pour les amusements ordinaires à cet âge ; qu'elle avait un génie aisé et facile, beaucoup de mémoire, et qu'après avoir lu une partie des bons livres écrits en notre langue, il résolut de lui enseigner les langues savantes. Après donc qu'il lui eut appris les préceptes et les règles de la langue latine, et qu'il l'eut mise en état de l'entendre, elle lut, avec lui, Cicéron, Ovide, Quinte-Curce, Justin; et M. Desmarets dit que ces auteurs lui étaient devenus familiers. Il lui apprit aussi la langue grecque, la rhétorique, la poétique et la philosophie ; non, dit-il, cette philosophie de l'école, hérissée de chicanes et. de mauvaises subtilités, mais une philosophie plus pure, plus élégante, plus solide. M"^ Dupré avait déjà la réputation d'une personne savante, lorsqu'elle perdit son oncle,

au mois de décembre 1653, et elle eut toujours un grand soin, depuis, de mettre à profit l'éducation qu'elle en avait reçue. Outre les langues grecque et latine, et sa langue maternelle qu'elle possédait parfaitement, et dans laquelle elle écrivait avec autant de facilité que de pureté , elle savait aussi l'italien. Elle étudia avec tant d'application la philosophie de Descartes, qu'on la surnommait la Cartésienne. Elle faisait aussi des vers français très agréables, et elle était en commerce d'amitié et de littérature avec plusieurs hommes savants de son temps, de même qu'avec M"'* de Scudéry et de la Vigne. Les Réponses d'Iris à Climène, c'est-à-dire à M"*" de la Vigne, qui se trouvent dans le Recueil de vers choisis, publié par le P. Bouhours, sont de sa composition. M. Titon du Tillet a donné place à M"^ Dupré dans son Parnasse français, édition in-f", page S07, mais cet illustre écrivain ne s'est pas assez exactement exprimé, lorsque, à la fm de ce court article, il renvoie aux Fpîtres latines de M. Roland, oncle de jW"® Dupré; le nom de Roland n'était que le nom de baptême de M. Desmarets. La lettre où il est parlé de cette demoiselle est la cinquante-deuxième du livre second des lettres latines de M. Roland Desmarets, imprimées, in-8°, à Paris, chez Martin, en 1655, parles soins de Jean-Baptiste de Percy de Monchamp, avocat au parlement de Paris, et neveu de M. Roland Desmarets. On trouve, au commencement de ce recueil de lettres, l'ode latine que Jean de Verjas a adressée à M"^ Dupré, à l'occasion de la mort de Roland Desmarets, son oncle, où il la loue beaucoup. Voyez de plus les lettres de M. le comte de Bussy- Rabutin. (Moréri, Dictionnaire Historique, vol. IV, in-f". Paris, 1759.)

TAELK DES MATIÈRES

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