La jeunesse de Lamartine
(( de mystère que les anciens choisissaient « de préférence pour y dresser un autel à la « source sacrée, au dieu du fleuve*. »
Nous avons été séduit, nous aussi, par « cet endroit de fraîcheur et de mystère » .
V étude d'un poète à son aube, en son premier essor, est toujours attrayante ; c'est l'heure de sincérité, d'originalité, de verte floraison; chez Lamartine, c'est davantage encore, à ce qu'il nous parait; c'est l heure, entre toutes, féconde. Elle semble, en outre, devoir nous révéler tant de choses !
Mais, nous objectera-t-on, Lamartine, dans ses premières années, est moins que tout autre a infréquenté ». Tout a <:t<: dit et dit par lui-même, on sait avec quelle éloquence, dans les Confidences, /^Nouvelles Confidences, Raphaël, le Cours familier de littérature. Oui, mais ers documents siprécieuxpar leur valeur littéraire, ne doivent, au point de vue biographique, être admis
1 . Portrait» contemporains t Lamartine, t.I, Michel Lévy, in-12.
PREFACE Vil
qu'avec la plus grande réserve. Ils ont été écrits, pour la plupart, longtemps après les faits qu'ils relatent; aussi, réflètent-ils les impressions , non pas du /nom eut oii ces faits se sont passés, mais de celui où ils ont été écrits. Puis ils se trouvent souvent contredits par les publications postérieures .
Il y a là un desiderata/?!, une lacune à combler.
Il nous a semblé utile de rapproche/' les documents nouveaux des documents anciens, de les contrôler les uns par les autres afin d'en dégager la seule vérité. Ces documents nouveaux sont :
Les Mémoires inédits, Les Poésies inédites, Le Manuscrit de ma mère, journal de cette femme délite dont la charité
Vêtissait l'indigence et nourrissait la faim
et qui devait orner sou enfant des trésors de son eccur et des grâces de son esprit.