Souvenirs et portraits, in-12, Hachette
Ce voyage fit grand bien à l'enfant. Sa santé se raffermit. Mais des inquiétudes d'une autre sorte devaient bientôt bouleverser le jeune ménage.
La Révolution devient menaçante. Le roi n'est pas en sûreté dans son palais. Le chevalier de Lamartine, au 10 août 1792, accourt auprès de lui comme simple volontaire. Blessé aux Tuileries, poursuivi par les Marseillais, il traverse la Seine dans une barque et est arrêté à Vaugirard. 11 va être passé par les armes quand il est reconnu et sauvé par un officier municipal de cette commune, un jardinier de M. Ilenrion de Pansey, grand-oncle de sa femme.
Revenu à Màcon , dans sa famille, il est, sous la Terreur, jeté en prison. Cette prison est l'ancien couvent des Ursules ou Ursulines, dans la rue de ce nom, et se trouve en face de la maison qu'il habitait et qu'habitent sa femme et son fils. Chacun a lu, dans les Confidences, les pages émouvantes où le poète raconte le stratagème ingénieux des deux époux, des deux amants, pour se réunir, la corde à nœuds tendue le soir des nuits sans lune, cachée des l'aui-ore.
Dans son manuscrit ', M™8 tic Lamartine se borne à parler tics visites au guichet tic la prison où elle portait son fils à embrasser ii travers les grilles.
« Ma mère me nourrissait alors z », dit Lamartine, ce qui n'est pas bien exact, car le registre d'écrou déposé aux archives municipales de Maçon constate que le père du poète a été écroué le 9 pluviôse an II, c'est-à-dire le 28 janvier 1794; l'enfant avait donc plus de trois ans alors.
Un état général des détenus dans la maison d'arrêt des « cy devant Ursules » constate qu'il v était encore incarcéré le 30 germinal de la même année, c'est-à-dire le 19 mars 1794 3. 11 n'était pas seul de sa famille dans cette prison. Son frère aîné François-Louis s'y trouvait aussi, aussi son autre frère, le futur abbé de Montculot, aussi un grand-oncle, ex-chanoine, François de Lamartine, qui avait été pourvu d'un archidiaconé à Màcon, en 1725.
Ce dernier est mentionné avec François-