‹ La jeunesse de LamartineChapitre 180 sur 227 · Le Manuscrit de ma mère, p · texte numérisé non relu

Le Manuscrit de ma mère, p

Sur la femme du poète, sur la rencontre à Chambéry, puis à Aix, voir : .l/me Alphonse de Lamartine, par H. Ch. Alexandre, petit in-8°, Dentu. — Au frontispice du livre est un médaillon qui est le portrait de la jeune femme : jolie figure ovale, un peu longue, front élevé; frisons sur les tempes; triples coques Restauration sur le sommet de la tète, yeux bleus parlants, doux; nez légèrement aquilin ; bouche gracieuse à demi-ouverte; menton petit; attache du cou admirable; épaules tombantes; taille élancée; flots de dentelles croisées sur le sein. — Peu de temps après son mariage, le mauvais état de sa santé la rendit très maigre ; son nez devint rouge, sa figure couperosée. Salomon l'a représentée, à Saint- Point, dans une œuvre fort belle, couchée sur son tombeau, émaciée, presque immatérielle, comme si la mort accomplissant son œuvre l'avait déjà fondue en poussière.

2. Les armes des Birch étaient : trois fleurs de lys d'argent sur champ d'azur ; pour timbre, un bourrelet d'azur et d'ar-

adore le jeune Français, elle en est fière, elle le compare à Byron.

Le mariage pourtant ne va pas tout seul. La jeune Anglaise est protestante. La famille Lamartine exige l'abjuration. Mrac Birch résiste, rompt les entrevues, cpjitte Ghambéry et fuit à Turin emmenant sa fille. L'amoureux déjà un peu transi se décourage, désespère et revient de son côté à Milly, rentrant, comme il le dit, « ses cornes dans sa coquille jusqu'à l'éternité1. » Il n'a pas, on l'a vu, reçu le coup de foudre. Il n'aimera sa femme qu'à force de l'estimer. Ce qu'il cherche dans le mariage, c'est une situation. Cette situation lui échappe. Tout se ferme devant lui. Il regagne « son trou », déçu, grondant.

C'est l'automne, avec ses brumes. Fouetté par la bise, il parcourt les montagnes, un livre à la main. Ce livre, c'est un confident, le reflet de son âme ; c'est un Shelley : La reine Mab, Alastor ou la Révolte de ï Islam ; c'est un Bvron : Lara,

gent sommé d'une fleur de lya d'argent enlacée par une bisse au naturel. — Album du Centenaire de la naissance de Lamartine, par M. L. Lex, Màcon, 1890.

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