‹ La jeunesse de Marie StuartChapitre 22 sur 51 · PARTIE I, SCENE XIII · texte numérisé non relu

PARTIE I, SCENE XIII

bien! vous vous taisez... vous refusez de v§jis justifier à mes yeux... Àh ! votre silence vous condamne... Vous avez abusé mon cœur... Vous vous êtes fait un jeu de mes souffrances !... j'aurais le droit maintenant de vous refuser jusqu'à mon estime.

MARIE , t+ câblée et se couvrant le visage de ses mains,

0 mon Dieu !

CHATELARD , voyant le trouble de Marie , se précipite aux pieds du dauphin.

Prince, détrompez-vous... La reine d'Ecosse mérite, plus que jamais , votre estime , votre admiration. LE DAUPHIN , exaspéré.

Chatelard !... c'était lui!... et je refusais de le croire!

CHATELARD.

Eh bien! oui... une folle passion m'a fait oublier le respect que je devais à ma souveraine.*. J'ai pu compromettre son honneur!... mais il me reste un moyen d'anéantir à jamais le secret que vous venez de découvrir... {Mettant la main sur son épée. ) Je saurai l'employer.

MARIE , faisant un mouvement vers lui.

Malheureux ! (

LE DAUPHIN , à Chatelard.

Arrêtez ! . . . L)e quel droit disposeriez-vous d'une vie qui n'appartient qu'à votre roi ? {Chatelard fait un pas pour sortir.) Restez, je vous l'ordonne... ( A Marie.) Marie , à quelle pensée faut-il maintenant que je m'arrête ?

MARIE

A une seule. .. C'est que la reine d'Ecosse avait fait un serment.

LE DAUPHIN

Vous mêle rappelez, Madame.

MARIE

Oui, prince... car je veux l'accomplir aujourd'hui même.

LE DAUPHIN

Que dites-vous ?

MARIE

Le sir Chatelard ne fut qu'imprudent... vous le deviendriez vous-même, en m'outrageant par des soupçons... Mais Marie cessera bientôt de vous paraître coupable. Tout-à -l'heure , vous me parliez de votre amour... du prix que vous attachiez à ma main... Eh! Lien, dès cet instant, elle est à vous... la voici... Oserez-vous maintenant soupçonner l'épouse du dauphin. Mlle je/te un regard sur Chatelard , gui réprime un mouvement.

LE DAUPHIN

Ah! loin de moi des doutes injurieux!... J'osais vous méconnaître... Ah! Marie, pardonnez à mon amour... à mon égarement

MARIE

J'ai tout oublié... mais imitez mon exemple. Grâce pour le coupable !

LE DAUPHIN

Sa grâce!... mais ne vous a-t-il pas outragée?... n'a-t-il pas manqué au respect qu'il devait à sa bienfaitrice... à une souveraine?

MARIE, avec douceur.

Je vous en prie .

LE DAUPHIN, après un moment d'hésitation, et s' approchant de Chatelard.

Chatelard , fléchissez le genou.

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