CXC. Philippe-Robert du Colombier
Philippe-Robert Grégoire du Colombier, frère de M0'" de Bressieux, était né à Lyon le 19 octobre 1760. Sous-lieutenant à la légion de Lauzun (1er mai 1777), lieutenant et aide de camp du chevalier de Boufflers (4 mai 1786), il servit neuf ans dans l’Inde et six ans en Afrique. Dans la campagne de 1778, il reçut deux coups de feu, l’un à la jambe droite, l’autre à la poitrine. Sous-lieutenant au 1er régiment de hussards (25 janvier 1792), puis lieutenant (10 mai 1792), il fit les deux premières campagnes de la Révolution, et dans un engagement, à la veille de Jemappes (29 octobre 1792), fut blessé de onze coups de sabre. Il émigra de Saint-Arnaud avec Dumouriez et tout Berchiny (5 avril 1793) et prit du service d’abord dans la légion de Bourbon où il fut capitaine (7 avril 1793), puis dans le régiment des hussards de Barco où il fut également capitaine (1er mai 1802), enfin dans le régiment des cuirassiers de Charles de Lorraine ou 7e cuirassiers autrichiens où il fut capitaine (5 janvier 1803) et ensuite major (3 mars 1805). Grâce à sa sœur, il fut nommé le 12 mai 1806 au régiment de La Tour d’Auvergne ou 1er régiment étranger, où il arriva le 1" novembre suivant. A la fin de 1809 il désira passer en Espagne comme capitaine adjoint à l’état-major général, et il assurait que son habitude des langues étrangères et particulièrement de la langue espagnole le rendait plus propre à ce service qu’à tout autre. Mais, à la revue de 1808, Pille l’avait noté « peu raisonnable », et Napoléon refusait alors par principe de rappeler les officiers des régiments étrangers. Du Colombier fit donc à l’armée de Naples les campagnes de 1806 à 1812. Passé au 14° hussards (15 septembre 1813), il fut chargé de la remonte en Toscane. Il était au commencement de 1814 à l’armée de Lyon. Le général Vedel le prit le 19 février pour second aide de camp et Augereau lui conféra provisoirement le 1er avril le grade de chef d’escadron. Ces nominations furent confirmées : il fut reconnu le 27 juillet aide de camp de Yedel, pour prendre rang du 18 mars, et le 15 décembre, chef d’escadron. Mais il avait cinquante-quatre ans et ne semblait plus capable d un service très actif. Le 7 février 1815 î*l était inscrit comme chef d’escadron sur le tableau des officiers de son grade qui devaient concourir pour des commandements d’armes, et, en attendant, mis à la demi-solde. Sous les Cent- Jours, il ne servit pas et ne demanda pas à servir. La commission des émigrés le proposa pour la retraite, et le 27 août 1817, après que Canuel eut assuré qu il n’avait que de bonnes liaisons à Lyon et ne méritait pas le moindre reproche, il fut nommé chevalier de Saint-Louis; ses vœux étaient exaucés, car il se plaignait dès 1814 de « n’avoir d’autre décoration que ses cheveux blanchis dans le métier des armes ».
NOTES ET NOTICES