CCXXVII. Damoiseau
Marie-Charles-Théodore, baron de Damoiseau, était fils d’un maréchal de camp du génie qui commanda par intérim les troupes royales à La Martinique, au commencement de la Révolution, et qui mourut à Londres « victime de l’émigration ». Il naquit à Besançon le 9 avril 1768. Elève d’artillerie, le 19° sur 41 (1er septembre 1784), lieutenant en second (1er septembre 1785; cf. pièce lxxxix), capitaine (22 août 1791), il fait la campagne de 1792 à l’armée des princes, les campagnes de 1793 et de 1794 à l’armée de Coudé, celles de 1795 et de 1796 à l’armée du roi de Sardaigne. Il entre ensuite au service du roi de Portugal. Le 13 février 1809 il est réintégré dans l’armée française, mais, sur la proposition de Gassendi et puisqu’il est « sorti capitaine au bout de l’an », il ne « rentre qu’à la queue des capitaines ayant alors un on de service dans ce grade ». Le 20 août 1810, il est nommé chef de bataillon, adjudant de côtes de la direction d’artillerie d’Antibes; mais il ne reçoit la nouvelle à Viseu qu’à la fin de septembre, et, les communications étant interrompues avec l’Espagne, il doit attendre le départ delà colonne du général Gardanne; aussi n’atteignit-il son poste que le 24 mars 1811. Il demande vainement le 13 novembre 1812 au duc de Feltre une place de commandant d’armes de quatrième classe; le ministre lui répond que le nombre des demandes est considérable et que ces emplois dans les états-majors de places sont réservés aux officiers
blessés ou infirmes. Arrive la première Restauration, puis l’interrègne des Cent-Jours : « Je me suis trouvé à Antibes, dit Damoiseau, et j’ai été un des
chefs qui ont le plus excité et contribué à la glorieuse conduite des braves
habitants de cette bonne ville. » Il devient le IG décembre 1815 sous-directeur d’artillerie à Digne, le 2 mars 1816, directeur d’artillerie à Antibes, le 23 août 1816 , sous-directeur d’artillerie à Valenciennes . Mais dès le
14 mai 1816 il a été appelé au comité central de l’artillerie à Paris, et le
9 décembre suivant il est chargé d’examiner les officiers de l'arme sortant de l’Ecole de Saint-Cyr. Le 18 mars 1818, il reçoit un brevet de lieutenantcolonel daté du 22 août 1807, et obtient la pension de retraite de ce grade. La commission des grades l’avait trouvé « très en règle » et lui reconnaissait trente-huit ans de services et campagnes. Il est mort le 16 août 1846.
Son frère cadet, le chevalier Victor-François-Louis de Damoiseau, était né à Besançon le 1er septembre 1769. Il fut élève d’artillerie le 1er septembre 1785, lieutenant en second le 20 juin 1788, lieutenant en premier le 1er avril 1791, second capitaine le 6 février 1792. 11 donna sa démission, et fut remplacé le 18 mai 1792.
CCXXVIII. Huon de Rosne.
Joseph-Charles Huon de Rosne, fils de Charles-Antoine de Rosne, ancien officier de cavalerie, et de Marie-Louise de Laage, né le 21 janvier 1769 à Saintes, reçu lieutenant en second le 43e sur 61 au concours du 1er septembre 1786, nommé premier lieutenant au 5e régiment en 1791, émigre la meme année de Fort-Louis à Heidelb erg, entre comme canonnier noble dans l’armée de Condé, et périt à l’attaque des lignes de Wissembourg.