‹ La jeunesse de Napoléon (volume 2)Chapitre 179 sur 188 · CCXXX. Le Pelletier de Montéran · texte numérisé non relu

CCXXX. Le Pelletier de Montéran

Jean-Marie Le Pelletier de Montéran, né le 15 novembre 1771 à la Basse- Terre, île de la Guadeloupe, fils d’un capitaine dans les troupes d’artillerie des îles du Vent et chevalier de Saint-Louis, petit-fils et petit-neveu de deux Le Pelletier morts lieutenants généraux dans le corps royal. Lieutenant en second (1er septembre 1786) et admis le 14e sur 61 au concours des officiers, premier lieutenant (1er avril 1791), remplacé le 6 février 1792, après avoir abandonné son emploi, il prend part aux campagnes de l’émigration, et lorsqu’il rentre en France avec les Bourbons, obtient le grade de capitaine, daté du 21 moi 1809, et un emploi au régiment d’artillerie à pied de Rennes (18 avril 1816); malade, ne pouvant presque plus sortir de sa chambre, désespérant de jamais rétablir sa santé, il donna sa démission (10 mai 1816) et fut admis à la pension de retraite de son grade.

NOTES ET NOTICES

CCXXX bis. Pièces concernant l’arrestation prétendue de Le Pelletier de Montéran.

Le Premier Consul a t général Brune.

23 ventôse an VIII.

L on m assure qu’un nommé Pelletier de Montéran, qui sort du régiment de La 1ère, a été pris dans le Morbihan; je désirerais avoir un rapport sur ce jeune homme.

Brune au Premier Consul.

1er germinal an VIII.

Je n ai pas entendu parler du nommé Pelletier de Montéran. Peut-être est-il du nombre de ceux qui se sont échappés et sont retournés en Angleterre. J’écris à Vannes pour savoir s’il y est détenu. Je vous ferai part de ce que j’aurai appris à son sujet.

Brune au Premier Consul.

25 germinal an VIII.

Le général Dutruy a fait de vaines recherches pour découvrir le citoyen Pelletier-Montéran ; je vous envoie copie de son rapport et la lettre de Mrae Daminois à ce citoyen.

Le général Dutruy au général Brune, conseiller cl'Etat et général en chef.

Vannes, 18 germinal an VIII.

J’ai fait et fait faire infructueusement toutes les recherches et perquisitions possibles pour découvrir le nommé Pelletier-Montéran, conformément à l’ordre que vous m’avez adressé à cet effet par une lettre du 3 du courant; l’on a consulté tous les registres des greffes et vérifié tous les rapports des chefs d’arrondissement, sans qu’aucune de ces mesures nous ait éclairés. Je vous renvoie sous ce pli la lettre que je devais lui remettre. Je suis fâché de n’avoir point réussi dans cette recherche, puisque vous y mettiez de l’intérêt. Salut et respect.

Dutruy.

Au citoyen Pelletier-Montéran, détenu en la maison d’arrêt à Vannes.

A Paris, ce 23 ventôse, à l’hôtel Notre-Dame, rue Grenelle Saint-Honoré, où je compte bien vous voir.

Nous avons appris, mon cher ami, que par suite de la guerre en Bretagne vous avez été arrêté. Nous nous sommes empressés d’en faire parler au Premier Consul, qui, se rappelant d’avoir été lié avec vous dans le régiment de La Fère, où vous serviez ensemble, a paru prendre un grand intérêt à ce qui vous regarde. 11 a accueilli notre demande et promis votre liberté. Nous avons, mon cher ami, le plus grand espoir de vous embrasser bientôt. En attendant cette douce satisfaction, donnez-moi tout de suite de vos nouvelles, et des détails sur votre affaire. Vous ne doutez pas que c’est à qui de nous s’empresse de contribuer à votre liberté. Cette pacification va enfin vous rendre à vos amis, ainsi que tous ceux qui, comme vous, ont fait la guerre au gouvernement sans sortir de leur patrie. Je vous embrasse comme je vous aime, et c’est de tout mon cœur.

Desgrigny-Daminois.

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