CCXXXV. Lombard
Jean-Louis Lombard était né à Strasbourg le 23 août 1723 ; professeur de mathématiques à l’école d'artillerie de Metz (3 mars 1748), passé en 1756 au Havre, envoyé le 28 mars 1759 à l’école d’artillerie d’Auxonne, détaché en 1776 à Strasbourg pour travailler de concert avec Brackenhoffer à un nouveau Cours, il ne recevait de Du Teil et de La Mortière que compliments et éloges. Du Teil vantait les « peines extraordinaires » qu’il prenait, et le nommait un « homme de mérite à tous égards, très savant, remplissant ses devoirs avec distinction et zèle, donnant des soins particuliers aux élèves, s’appliquant aux opérations de pratique, étayées de théorie sur laquelle il avait donné d’excellentes choses ».
Le fils de Lombard, Jean-Antoine-Marie, né à Metz le 22 juin 1756, était répétiteur à la même école. Il avait succédé le 28 novembre 1783, à Miquel sous-professeur de mathématiques (mort le 5 septembre 1783). C’était Du Teil qui l’avait proposé : le fils, disait-il, « pourra d’autant mieux occuper cette place que son père l’aidera et le secondera », et il déclarait quelque temps plus tard que le jeune Lombard « s’appliquait avec assiduité et succès, ce qui ne pouvait être autrement, ayant son père pour guide ». Jean- Antoine Lombard devint professeur titulaire de mathématiques à l’école d’Auxonne en remplacement de son père défunt (19 avril 1794), et ce fut là que s’écoula le reste de sa vie, à part un séjour de dix mois à Turin, où il fut détaché en l’an XI pour être « employé extraordinairement ». Il mourut à Auxonne le 18 avril 1828.
Le collègue de Jean-Louis Lombard, Sébastien Collombier, né à Herbéviller (Meurthe) en 1757, maître de dessin à l’école d’Auxonne en septembre 1781, avait été breveté le 28 novembre 1783. Du Teil le regardait comme un « très bon dessinateur en tous genres, fort appliqué à son état », et La Mortière assure qu’en 1788 Collombier « a opéré une espèce de prodige, en parvenant par son zèle, sa douceur et ses soins à montrer à dessiner tous les genres de dessin à 48 officiers qui n’avaient que peu ou point de connaissances en cette matière ». Collombier devint directeur de la fonderie de canons de la Magdelaine, près d’Autun (15 février 1794), inspecteur de la fonderie d’Autun (8 avril 1795), professeur de mathématiques à l’école centrale de Saône-et- Loire (10 février 1796), professeur de dessin et de géométrie descriptive à l’école d’artillerie de Turin (2 octobre 1802), puis à l’école d’artillerie de Valence (19 avril 1806-30 septembre 1815).
CCXXXYI. Naudin.
Jean-Marin Naudin, fils d’un vigneron, né à Bagneux (2 janvier 1736), conducteur de charrois et garde-magasin d’artillerie (14 mai 1759), garde d’artillerie (juillet 17G8), garde général d’artillerie dans l’île de Corse en 1770, commissaire des guerres (11 novembre 1776) et du corps royal de l’artillerie pour le département de la Corse, commissaire pour l’artillerie à Auxonne au mois d’octobre 1783, commissaire-auditeur des cours martiales (1er octobre 1791), fut nommé commissaire ordonnateur le 25 novembre 1792, d’abord à Bayonne, à l’armée des Pyrénées-Orientales, puis à Besançon. Mais sur la dénonciation des sections de Besançon qui l’accusaient d’incivisme, il ne fut pas compris dans la réorganisation du 16 juin 1793. Il protesta : Lacuée certifia de Toulouse qu’il était zélé observateur des lois, très empressé à remplir ses devoirs, très intelligent dans la manière de les remplir; le conseil général de la commune d’Auxonne vanta ses vertus, ses talents et son civisme soutenu; le club de la ville écrivit par deux fois à Bouchotte que Naudin professait un républicanisme prononcé et pouvait encore utilement servir. Garnier et Bassal le réintégrèrent provisoirement, et ce dernier le déclarait laborieux, équitable, bien qu’à force de délicatesse et d’exactitude, un peu indécis dans les affaires et timide dans ses résolutions. Le club de Besançon finit par reconnaître le civisme et la probité de Naudin, tout en lui reprochant de n’avoir pas l’activité suffisante, soit par défaut de moyens, soit à cause de son grand âge. Après avoir passé six semaines à Paris sans pouvoir approcher Bouchotte, Naudin fut enfin remis en activité(25 mars 1794), envoyé à Montpellier, puis à Paris pour liquider les dépenses de la commission des transports (30 juillet 1795) et durant six mois attaché par ordre de Bonaparte à l’hôtel des Invalides, appelé en Italie sur la demande du général en chef (2 novembre 1796), détaché en Corse parce qu’il connaissait le pays, employé à La Rochelle, qu'il jugeait le lieu le plus cher de la République, à Bayonne, et renvoyé en Corse comme inspecteur aux revues. Mais bien que Miot rendit « le témoignage le plus satisfaisant de ses talents distingués et de son zèle constamment soutenu », il se faisait vieux, et de Bastia, le 21 juin 1802, il mandait au ministre Berthier qu’il ne pouvait plus voyager ni à pied ni à cheval dans un pays où l’on ne peut aller en voiture, qu’il n’avait marché pendant dix lieues de hautes montagnes qu’à l’aide d’un domestique, qu’après ces fatigues excessives le repos lui était indispensable. Il fut nommé à Caen, quoiqu’il eût désiré revenir à Paris, son « pays natal », et qu’il eût à diverses reprises sollicité la place de commissaire ordonnateur aux Invalides ou un emploi dans la finance, ou un poste de confiance près de Napoléon. Il mourut à Caen le 4 juillet 1805. « C’était, a dit Dejean, un fonctionnaire distingué, réunissant aux connaissances de son état un caractère ferme et une sévère probité, digne encore de la confiance du gouvernement par son zèle et son dévouement pour le bien de la patrie. »
CCXXXVII. Le général Du Teil l’aîné.
Jean-Pierre Du Teil de Beaumont, né le 14 juillet 1722 à Chàbons (Isère), volontaire au corps de l’artillerie en mars 1731, cadet (18 décembre 1733), sous-lieutenant de canonniers (24 août 1735), lieutenant en second (9 novembre 1743) et en premier de canonniers (29 mars 1746), capitaine en second de sapeurs (14 avril 1748), capitaine en premier de canonniers (1er janvier 1757), employé à Schlestadt (1er janvier 1759), avait déjà pour raisons de santé obtenu sa pension de retraite le 21 mai 1760. Mais il rejoignit volontairement l’armée et prit part à la bataille de Warbourg. Il fut réadmis (20 juin 1761), devint capitaine de bombardiers (25 novembre 1761), et après avoir été détaché à
NOTES ET NOTICES
La Rochelle (13 août 1765), chef de brigade au régiment de Toul (25 août 1765), avec rang de lieutenant-colonel (29 février 1768), lieutenant-colonel sous-directeur à Collioure (11 avril 1770), lieutenant-colonel du régiment de Toul (27 novembre 1773), colonel du régiment de La Fère (1er janvier 1777), commandant de l’école d’artillerie d’Auxonne (3 juin 1779), brigadier d’infanterie (1er mars 1780), maréchal de camp (1er janvier 1784), Il n’aimait pas la Révolution, mais il la servit. Inspecteur général d’artillerie (1er avril 1791), commandant en chef T équipage de l’artillerie à l’armée du Rhin (avril 1792), poste qu’il ne rejoignit pas pour cause de maladie, il était inspecteur général d’artillerie à l’armée des Alpes au mois de septembre 1793. Arrêté à Grenoble par trois membres du comité révolutionnaire de cette ville, il fut envoyé à Lyon aux représentants du peuple Collot d’Herbois et Fouché, traduit devant la commission militaire et fusillé le 27 février 1794.
CCXXXVIII. Floret.
Charles Floret, né le 10 août 1761 aux Granges (Aube), entre au service dans le régiment d’artillerie de LaFère(26 juin 1780), devient sergent le 10 août 1789, lieutenant en second le 10 août 1793, lieutenant en premier le 28 février 1795, capitaine le 23 mars 1801, et fait toutes les campagnes de 1792 à l’an IX (armées des Pyrénées-Orientales, du Rhin, de Sambre-et-Meuse, d’Angleterre et d'Italie), celles de l’an XI et de l'an XII (armées des côtes de l’Océan), celle de Tan XIII (campagne de Montreuil), celle de l’an XIV, et des années 1806, 1807 et 1808 à la Grande Armée. Du mois d’octobre 1808 au mois de juin 1809 il se trouve à l’armée d’Espagne. Le 6 juin 1811 il est nommé capitaine en résidence fixe et à vie à Meusnes, dans la direction d’artillerie de Paris. Deux ans plus tard (15 novembre 1813), il passe en la même qualité, avec assimilation aux officiers employés dans les manufactures d’armes et un surcroît annuel de 400 francs, à Saint-Aignan, dans la direction de Bourges : « Le gouvernement, dit-il, ne voulant plus avoir affaire au commerce pour ses approvisionnements de pierres à feu, j’ai reçu Tordre de prendre cette partie en régie, et pendant deux ans que j’ai fait ce service, j’ai fait une économie de 9 000 francs. » Au bout de deux années, il quitta définitivement et fut admis, après trente-cinq ans, deux mois et cinq jours de service effectif, à la retraite du grade de chef de bataillon (29 décembre 1815).
CCXXXIX. Présences et absences de Napoléon au régiment de La Fère (1786-1789).
Revues faites à Valence les 19 février et 24 juin 1186 par le commissaire
des guerres üuparc.
Compagnie de bombardiers de d’Autume.
Jacques-Philippe-François, chevalier d’Autume, capitaine en premier, présent.
Jean-Alexandre de Coursy, lieutenant en premier, présent.
Napolionne di Buonnaparte, lieutenant en second, présent.
François Grosbois, lieutenant en troisième, présent.
Revue faite à Valence le 18 août 1186 par le commissaire des guerres Duparc.
Compagnie de bombardiers de La Gohyere.
De La Gohyere, capitaine en premier, présent (détaché à l’arsenal de Strasbourg jusqu’à nouvel ordre).
Louis-Farnese-Platon Hennet du Vigneux, lieutenant en premier, présent (détaché à Lyon du 12 août).
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, présent, détaché à Lyon.
François Grosbois, lieutenant en troisième, présent, détaché à Lyon.
Revue faite à Lyon le 29 août 1786 par le commissaire principal des guerres Millin de Grandmaison au second bataillon du régiment de La Fère-artillerie arrivé, sur une route de M. le Duc de Tonnerre, commandant en Dauphiné, le 14 août en cette ville, où il a eu l’étape le 14 et le 15 de ce mois, pour servir au paiement de sa subsistance à compter du 16 du mois d’août.
Compagnie de La Gohyere.
De la Gohyere, capitaine commandant.
Hennet du Vigneux, lieutenant en premier, présent.
De Buonaparte, lieutenant en second, présent.
Grosbois, lieutenant en troisième, présent.
Repue faite à Valence le 12 septembre 1786 par le commissaire des guerres
Duparc.
Compagnie de bombardiers de La Gohyere.
De La Gohyere, capitaine en premier, présent, détaché à l’arsenal de Strasbourg, à payer pour vingt jours.
Louis-Farnese-Platon Hennet du Vigneux, lieutenant en premier, présent, détaché à Lyon, à payer pour vingt jours.
Napolionne de Buonnaparte, lieutenant en second, présent, détaché idem, doit jouir du semestre, est à payer jusqu’au 1er octobre, conformément à l’ordonnance.
François Grosbois, lieutenant en troisième, présent, détaché idem, à payer pour vingt jours.
Repues faites à Douai par le commissaire des guerres Mazelaygue les 29 octobre et 24 décembre 1786. les 25 féprier et 22 acril 1787.
Napolionne de Buonnaparte, lieutenant en second, absent par semestre.
Id., 2k juin 1787.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent par congé de la cour pour trois mois et demi à compter du 16 mai dernier à la suite d’un semestre.
Id., 24 août 1787.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent, par prolongation de congé de la cour jusqu’au 1er décembre prochain.
Id., 17 octobre 1787.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent, par prolongation de congé de la cour jusqu’en décembre prochain, depuis le 16 mai, à la suite d’un semestre.
Repue faite par le commissaire des guerres Naudin à Auxonne le 30 décembre 1787.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent du 1er octobre 1786, ayant joui du semestre de ladite année et de congé de prolongation jusqu’au 1er décembre 1787.
NOTES ET NOTICES
Revue faite par le commissaire des guerres Naudin à Auxonne le 24 février 1788.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent sur un congé de la cour pour six mois sans appointements, à compter du 1er décembre dernier, à la suite du semestre de 1/86 a 1/87, de congé et prolongation de congé avec appointements jusqu’audit jour 1" décembre.
Revues faites par le commissaire des guerres Naudin à Auxonne les 27 avril et 31 mai 1788.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en second, absent sur un congé de la cour pour six mois sans appointements à compter du 1er décembre dernier à la suite du semestre de 1786 à 1787 et de congés de la cour avec appointements, jusqu’audit jour 1er décembre.
Inspection faite par i\I. de La Mortière à Auxonne le lar septembre 1788. Compagnie de bombardiers de Coquebert.
De Coquebert, capitaine en 1", présent, détaché à Charleville. Louis-Farnese-Platon Hennet du Vigneux, lieutenant en 1er, présent. Napolionne de Buonnaparte (sic), lieutenant en 2e, présent.
François Grosbois, lieutenant en 3e, présent.
Revue faite à Auxonne le 30 avril 1780 par le commissaire des guerres Naudin.
Compagnie de bombardiers de Coquebert.
De Coquebert, capitaine en 1er, présent, détaché à la manufacture d'armes de Charleville jusqu’au 1er mai prochain.
Louis-Farnese-Platon Ilennet du Vigneux, lieutenant en lor; absent par semestre du 1er octobre 1788.
Napolionne de Bouonaparte (sic), lieutenant en 2°, présent, détaché à Source du 1er avril.
François Grosbois, lieutenant en 3e, présent, détaché à Seurre du Ier avril.
Revue faite à Auxonne le k juillet 1789 par le commissaire des guerres Perrot,
en l' absence de Naudin.
Compagnie des bombardiers de Coquebert.
Antoine-François de Coquebert, capitaine en 1er, présent.
Louis-Farnese-Platon Hennet du Vigneux, lieutenant en l6r, présent, rentré de semestre.
Napolionne de Buonaparte, lieutenant en 2®, présent, rentré du détachement de Seurre, le 29 mai.
François Grosbois, lieutenant en 3e, présent, rentré idem.
Revue passée à Auxonne le 30 août 1789 par le commissaire des guerres Naudin. Compagnie de bombardiers de Coquebert.
Antoine-François de Coquebert, capitaine en 1er, présent. Louis-Farnese-Platon Hennet du Vigneux, lieutenant en 1er, présent. Napolionne de Buonaparte, lieutenant en 2e, présent.
François Grosbois, lieutenant en 3e, présent.
Revue passée à Auxonne le 31 décembre 1189 par le commissaire des guerres Naudin.
Antoine-François de Coquebert, capitaine en 1er. absent par semestre du 1er novembre.
Louis-Fnrnese-Platon Ilennet du Vigneux, lieutenant en 1er, présent. Napolionne de Buonaparte, lieutenant en 2e, absent par semestre, du 16 octobre.
François Grosbois, lieutenant en 3°, présent.