LXXXVII. Lettre d’examen
A Versailles, le 30 juin 1779.
Je vous donne avis, Monsieur, que vous êtes compris sur l’état des sujets agréés pour subir l’examen nécessaire pour être admis dans le corps royal de
l’artillerie, soit en qualité d’officier, soit en celle d’élève, suivant le degré d’instruction dont vous justifierez. Gct examen doit avoir lieu du 20 au 25 du mois prochain à Metz. Vous vous y rendrez donc à cette époque. Vous vous munirez avant votre départ d’un certificat do bonne conduite et d’instruction que vous présenterez à M. Des Aimons, commandant de l’École d’artillerie à Metz. Cette pièce, qui doit être signée de vos supérieurs ou des maîtres chez lesquels vous avez étudié, est d’autant plus indispensable que, faute de la produire, M. Bezout ne serait pas autorisé à vous appeler au concours. Vous aurez d'ailleurs à lui fournir votre extrait baptistaire et le certificat d’extraction exigés par l’ordonnance du 8 avril dernier. Ces deux pièces ne sont pas moins nécessaires que la première.
Je suis, Monsieur, votre affectionné serviteur,
Le prince de Montbarey.
LXXXV1II. Les professeurs de mathématiques à l’École militaire.
Le Faute d’Àgelet et Louis Monge partirent avec un cadet-gentilhomme, d’Arbaud, à qui le Conseil de l’Ecole donna, outre ses effets et nippes, et ses frais de route jusqu’à Brest (203 livres 84 sols), un trousseau extraordinaire. Un autre jeune homme, récemment sorti de l’Ecole militaire, Las Cases, devait aussi, à ce qu’il dit, participer à l’entreprise; mais il était à Saint-Domingue, et lorsqu’il revint, l’expédition avait mis à la voile ( Mém ., p. 15). Le Paute d’Agelet pria vainement, avant son départ, le ministre de la guerre de lui accorder une année d’avance de ses appointements, à cause des dépenses qu’exigeait une aussi longue campagne. Mais, sur la demande du ministre de la marine, Le Paute d’Agelet et Louis Monge devaient conserver leur traitement pendant leur absence et reprendre leur place à leur retour; leurs suppléants, Prévost et Labbey, étaient payés par le ministre de la marine qui leur donnait à chacun 1 200 livres par an. Le Paute d’Agclet périt dans l’expédition. Louis Monge revint dès le commencement de 1780. « Les souffrances qu’il a éprouvées, disait le Conseil de l'Ecole, l’ont contraint de revenir en France où il arrive en un mauvais état. » Monge reprit aussitôt ses fonctions. Labbey, qui avait fait son intérim et « rempli la place d’une manière aussi distinguée que satisfaisante », fut, le 17 février 1786, nommé troisième professeur de mathématiques de la section d’artillerie pour suppléer Monge et Prévost. Il fallait, écrivait le Conseil au ministre, « un suppléant qui, outre qu’il remplacerait au besoin un des professeurs qui viendrait à tomber malade, serait encore chargé d'être le répétiteur, dans les jours de fête et de congé, de ceux des élèves qui, ayant été malades, seraient retardés dans leurs études et de quelques autres qui auraient de plus faibles dispositions ». L’année suivante, Louis Monge, devenu examinateur-hydrographe de la marine, donna sa démission. Prévost, jusqu’alors intérimaire de Le Paute d’Agelet, remplaça Monge. Delacroix, professeur de mathématiques au Lycée, remplaça Prévost (13 février 1787), comme suppléant de Le Paute d’Agelet, et reçut un traitement de 1 200 livres du département de la marine; mais, lorsqu’il eut déclaré qu’il voulait épouser la seconde fille du bibliothécaire Arcambal, le ministre Ségur lui accorda (PJ mai 1787) un supplément de 1 200 livres sur les fonds de l’Ecole militaire. Delacroix eut donc, comme Labbey et Prévost, le titre et le traitement de professeur en pied.