‹ La jeunesse de Napoléon (volume 3)Chapitre 26 sur 86 · IV. Bonaparte à J. -B. Quenza (p · texte numérisé non relu

IV. Bonaparte à J. -B. Quenza (p

Je vous expédie un homme pour vous porter les réclamations des compagnies qui sont ici, enfin que le Conseil d’administration prenne toutes les précautions possibles pour faire droit aux soldats qui se plaignent.

Pianelli que vous avez chargé du détail des autres 6 compagnies qui sont ici et à qui vous avez envoyé 2 0Û0 francs en espèces et 450 en assignats, vous fera les comptes de l’emploi qu’il en fait; il résulte que les compagnies ont le plus grand besoin et que pour ne pas les laisser attendre il est urgent que vous envoyez par exprès un mandat.

Je pense que sans vous restreindre aux feuilles, vous pouvez envoyer à Pianelli une somme dont il répondrait.

Je vous prie également de m’envoyer tout ce qui m’est dû; depuis la formation je n’ai touché que 600 francs en assignats.

Les états pour les chevaux doivent être faits de manière qu’il n’y ait pas plus de 40 francs pour cheval; pour cependant pouvoir couvrir le fonds avancé par le Conseil d’administration, il faut compter le double de chevaux; ce qui peut se faire.

NOTES ET NOTICES

Il faut faire un état général pour les chevaux fournis dans toutes les routes depuis notre départ d’Ajaccio, et un séparé pour les 61 kilomètres de route qui reviennent aux soldats dans les différentes routes qu’ils ont faites.

Les nouvelles sont bonnes; l’on dit que l’armée est sur le point de marcher en Sardaigne. 6 000 hommes sont déjà embarqués à Marseille.

Lille, qui était assiégé parles Autrichiens, a su repousser les agresseurs; les ennemis ont été battus; ils ont perdu 3 000 hommes, 80 pièces de canon et 8 000 bœufs.

L’armée de Custine s’avance dans l’Allemagne et bientôt sera à Coblentz car Spire et Worms sont pris et ont été condamnés à 1 C00 000 francs de contributions.

Le geneial est très mécontent de nos bataillons en general, plus particulièrement du nôtre : il ne faut pas tant se découvrir, la bonne politique veut que l’on agisse autrement. Il faut punir les officiers et soldats qui résistent au bon ordre, mais ne les accuser qu’à la dernière extrémité. Dites aux capitaines de compléter leurs compagnies, parce que sans cela ils s’en trouveront mal et que le général est résolu à prendre des moyens de rigueur et de renvoyer les capitaines qui n’auraient pas leurs compagnies complètes. En se complétant qu ils aient soin de prendre des gens sûrs, sans quoi ils courraient risque d’être abandonnés par leurs soldats.

Je vous embrasse,

Le 27 octobre 1792.

Buonaparte.

Y. Raphaël Casablanca (p. 31).

Raphaël Casabianca était né le 27 novembre 1738 à Yescovato. Capitaine au régiment de Buttafoco (1er janvier 1770), puis au régiment provincial corse (23 août 1772), major (25 août 1773), capitaine des grenadiers royaux (25 juillet 1777), il fut nommé lieutenant-colonel du régiment provincial corse le 19 septembre 1779 et colonel du 49e régiment d’infanterie le 25 juillet 1791. Sa conduite à la retraite de Mous lui valut le grade de général de brigade (30 mai 1792), et il ne fut pas compris dans le travail du 15 mai 1793, bien qu’il fût, comme il disait, la victime de Paoli qui « avait fait piller sa maison et saisir ses revenus », le représentant Lacombe Saint-Michel le réintégra dans ses fonctions (24 juillet 1793). L’année suivante, Casabianca devint général de division (19 mars 1794). Sa nomination au Sénat est du 26 décembre 1799.

YI. Marius Peraldi (p. 28-30).

Le grand-père de ce personnage remarquable était Jean-Gualbert Peraldi qui épousa en 1715 en premières noces Paule-Marie Sorba, et en 1727 en secondes noces Marie-Magdeleine Baciocchi. Son père était Paul-François Peraldi, qui avait épousé en 1739 Maria-Colomba Oltavi, cousine d’Isabelle Ornano, née Bonaparte. Marius Peraldi fut baptisé le 15 mars 1752 et mourut à Palerme le 6 septembre 1799. Il avait épousé sa cousine Laure Peraldi, qui laissa une grande réputation d’esprit comme de beauté, et qui entretint plus tard avec Letizia et Elisa une correspondance très cordiale : le souvenir des luttes locales d’autrefois s’était donc effacé. On raconte que Marius prédit après Campo-Formio, que Napoléon « ne se contenterait pas de ses succès de général ». Cf. notre tome II, p. 102, où nous avons reproduit, sans l’approuver, le mot méchant d'un fonctionnaire français sur la noblesse très authentique des Peraldi.

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