‹ La jeunesse de Napoléon (volume 3)Chapitre 35 sur 86 · XV. Ricard (p · texte numérisé non relu

XV. Ricard (p

Ricard (Étienne-Pierrc-Silvestre), né à Castres le 23 décembre 1771, souslieutenant au 52° régiment d’infanterie (15 sept. 1791), lieutenant (1er juin 1792), capitaine (20 août 1792), témoigne en Corse de talents militaires qui sont attestés par le représentant Lacombe Saint-Michel. Adjoint à l’adjudant général Francescbi (21 mars 1797), puis aide de camp de Suchet à l'armée d’Italie (24 février 1799), nommé par Masséna chef d’escadron à la suite du 4e régiment de chasseurs à cheval (12 juillet 1799), promu général de brigade le 13 novembre 1806, baron de l’Empire (7 juin 1808), il devint aide de camp de Soult et son chef d’état-major en Portugal. Admis au traitement de réforme (21 février 1810), il se retire à Villefranche d’Aveyron; mais il se plaint d’être puni pour avoir exécuté l’ordre d’un général en chef qui est, lui, comblé de témoignages d'estime et de satisfaction; Soult prie l’empereur d’oublier que Ricard a eu le malheur de déplaire et demande que le général soit employé d’une manière quelconque; Ricard est remis en activité (20 mai 1811) et envoyé au siège de Tarragone comme aide de camp de Suchet. Le 10 septembre 1812 il fut nommé général de division. En 1815, il se rendit à Vienne pour vanter l’attachement de l’armée française à Louis XVIII. Admis à la retraite le 8 janvier 1831, Ricard mourut le 6 novembre 1843 au château de Varès, près Recoules, dans l’Aveyron. Il n’avait jamais été blessé. Le témoignage le plus favorable qu’on ait sur lui, est celui de la comtesse Potocka [Mém., 162), qui insiste sur 1’ « incontestable supériorité de ce général, jadis ami et compagnon de Napoléon ».

XVI. Jugements divers sur l'administration de la Corse (p. 59).

Le rapport de Monestier et le Précis de Volney ont été notre principale source. « L’ile est malheureuse, disaient des paysans à Volney, parce qu’elle est faible; servez-nous d’appui; instruisez-nous, car nous sentons que l’instruction nous manque; gouvernez-nous, car avec notre esprit de parti jamais un Corse ne rendra justice à un autre. » Mais le maréchal de Vaux n’avait-il pas remarqué qu’ « on ne doit attendre du Corse aucun bon service dans sa patrie » ? Chauvelin ne déclare-t-il pas qu’on ne devrait jamais donner à un Corse le commandement d’un corps corse parce que les partisans de ce chef y serviraient seuls et que les autres Corses ne voudraient pas y entrer? Lacombe Saint-Michel n’affirmait-il pas qu’un Corse ne peut être juste dans son pays, ni comme administrateur, ni comme juge, ni comme militaire, et que l’ile ne devait être administrée que par des étrangers? Le général Saint- Martin n’écrivait-il pas que tous les obstacles disparaîtraient lorsque les commissions et les premières places seraient déléguées aux Français du continent à l’exclusion de tout Corse, qu’il ne fallait pas fomenter chez ces insulaires l’esprit de parti, et que les patrons dont le peuple subissait aisément l’influence, ne se rangeraient jamais autour d’un des leurs? Constantini et Ferrandi ne proposaient-ils pas, « pour éviter l’esprit de parti », de ne conférer le commandement des troupes de Corse qu’à un général du continent? En 1796, en 1797, en 1800, en 1801, Bonaparte ne prescrivait-il pas de ne donner de commandement dans l’ile à aucun Corse, d’y mettre des commissaires des guerres qui ne seraient pas nés dans le pays, de ne jamais employer les indigènes dans les places et fonctions dont disposait le gouvernement, de composer le tribunal criminel de jurisconsultes du continent étrangers aux inimitiés de la contrée? Chiappe et Ambert ne disent-ils pas, l’un, qu’un général français sage et estimable doit au moins pour quelque

temps être employé de préférence dans le pays; l’autre, qu’il ne faut pas avoir en Corse de généraux corses, que toutes leurs décisions sont dictées par l’esprit de parti, par un sentiment dont il est impossible de les détromper?

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