‹ La jeunesse de Napoléon (volume 3)Chapitre 56 sur 86 · XLII. Le sergent Pétout (p · texte numérisé non relu

XLII. Le sergent Pétout (p

Jean-Ignace Pétout naquit a Russey (Doubs) en 1/67. Son père, Simon Pétout, avait été maréchal expert dans les dragons de Baufifremont et vint se fixer dans les Basses-Alpes à Castellet-lès-Sausses. Le 25 mars 1789 Pétout entrait au régiment d’artillerie de Grenoble, et ses camarades de la compagnie n° 6 reconnaissent qu’il .< s’est toujours comporté en brave et honnête soldat, en bon citoyen zélé pour son service ». Le 16 avril 1793, à Valence, il passait dans 1 artillerie à cheval et devenait sergent ou maréchal des logis de la compagnie n° 16. Il assure qu’au combat d’Ollioules, le 7 septembre 1793, il remplaça Dommartin blessé, et que trois jours après, lorsque le capitaine Rozé tomba malade, il reçut, avec l’autorisation verbale de Carteaux et le vœu unanime de l’artillerie, le commandement du parc. Bonaparte le chargea de construire la batterie des Hommes sans peur. A l’assaut du Petit-Gibraltar, Pétout marchait à la tête de ses canonniers qui s’élancèrent après lui, le sabre à la main, dans la redoute. Les représentants le nommèrent après le siège garde d’artillerie de lrc classe à Toulon, avec un traitement annuel de 1 200 francs (28 janvier 179^). Bonaparte, qui voulait 1 employer dans un service plus actif, le fit conducteur principal des charrois d'artillerie de l’équipage de montagne de 1 armée d Italie (19 février 1795) et l’emmena dans sa campagne de Lombardie. Mais le 18 septembre 1796, au combat de Saint-Michel, devant Vérone, Pétout lut pris par l’ennemi. A son retour, il quitta volontairement le service et lut rayé des contrôles comme démissionnaire (1796). Il voulait, disait-il, se lixer dans une petite commune et se dévouer à l’instruction publique. Il s’établit à Thorame-Haute, dans les Basses-Alpes (arrondissement de Castellane), et y vécut longtemps comme instituteur primaire. Pourtant, il regrettait sa place de garde d artillerie à Toulon, et il la demanda, d’abord au premier consul (voir la pièce suivante, lettre du 25 octobre 1800), puis au ministre de la guerre, auquel il écrivit jusqu’à douze lettres dans les mois de juillet et d’août 1801; mais le ministre lui répondit que cette place était exclusivement réservée aux sous-olficiers d’artillerie qui avaient au moins vingt ans de service dans l’arme. Pétout ne se rebuta pas : le 1er août 1814, il demandait de nouveau la place de garde-magasin général d'artillerie en ajoutant que sa famille avait servi le roi; le 20 septembre 1829, il sollicitait une pension de retraite- enfin à plusieurs reprises, en 1830 et en 1831, il priait Louis-Philippe de le ’réintégicr comme garde d artillerie. Le ministère du gouvernement de juillet répondit que Pétout, retiré volontairement en 1790 et considéré comme démis-

NOTES ET NOTICES

sionnaire, ne pouvait rentrer en possession d’un emploi auquel il avait renoncé et que les règlements n’accordaient qu’aux sergents-majors ou maréchaux de logis chefs en activité de service dans l’arme de l'artillerie.

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