‹ La jeunesse de NapoléonChapitre 18 sur 109 · XIII. La Ferandière (p · texte numérisé non relu

XIII. La Ferandière (p

Hubert-Casimir Rousseau de La Ferandicre, né à Poitiers le 4 mars 1728, lieutenant en second aux grenadiers de France (5 septembre 1750’) et capitaine (1er mars 1757), lieutenant-colonel du régiment provincial de Bar (16 octobre 1771), lieutenant-colonel du régiment de La Couronne, plus tard le 456 (15 mai 1776), était brigadier d’infanterie depuis le 1er janvier 1784 lorsqu’il fut nommé le 15 février 1786 au poste de commandant d’Ajaccio qui valait 6000 livres. Le 1er août 1791 il était promu maréchal de camp.

XIV. Lettre de la Ferandière au ministre de la guerre (p. 101).

Monseigneur,

Toujours convaincu du peu de liberté qu’a M. le vicomte de Barrin de vous rendre des comptes vrais, étant examiné de près dans sa correspondance, craignant que celle de M. de Gaffori ne soit douteuse, passant par Bastia, je me crois obligé, monsieur le comte, de vous faire savoir que M. Arena, avocat,

mêlé dans la difficulté de Calvi pour l’élection de M. Buttafoco, venant de Londres, de Paris, vient de s’emparer de l’Isle-Rousse et qu’il a refusé la troupe qu’y envoyait M. de Gaffori pour y tenir garnison; de plus, que les habitants ont pillé les effets de M, Turby, commandant. Voilà ce que m’écrit M. Gaffori, de Corte.

La ville d’Ajaccio a eu le bon esprit d’arrêter qu’ils ne voulaient nulle innovation jusqu’à l'arrivée des décrets de la nation et du roi, qu’ils seront soumis et les suivront, et qu'ils seraient tranquilles jusqu’à ce moment.

Malgré ce sentiment presque général, des esprits exaltés par des lettres particulières, par des papiers publics mettent la fermentation dans Pile. A la réception de ces lettres, une douzaine de particuliers illuminèrent leurs fenêtres et on lisait Vive la Nation , vive Paoli, vive Mirabeau sur celle de M. Bonaparte, officier d’artillerie du régiment de La Fère. Ce jeune officier a été élevé à l’Ecole militaire, sa sœur à Saint-Cyr, et sa mère, comblée de bienfaits du gouvernement. Cet officier serait bien mieux à son corps, car il fermente sans cesse.

Au milieu des fermentations partielles de cette ville, il me parvient lettres, avis qu’on veut surprendre la citadelle, les armes, et s’emparer de n oi. Pour ma personne, je n’en puis répondre, car je suis souvent parmi eux. Mais soyez tranquille sur la citadelle, je pourrais même dire autant de moi que l’estime générale, même celle des esprits exaltés, semble garantir. Mais que ne peut l’effervescence causée par les écrits qui parcourent dans l’île?

Si cependant on laisse un particulier intrigant, sans mission, s’emparer impunément d’un poste essentiel comme l'Isle-Rousse, qui peut calculer où cela conduirait? Je finis par cette réflexion, monsieur le comte; elle mérite votre attention.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur,

Votre très humble et très obéissant serviteur Chevalier de La Ferandière.

A Ajaccio, ce 26 décembre 1792.

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