‹ La jeunesse de NapoléonChapitre 4 sur 109 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Les Lettres sur la Corse.

Patriotisme corse. — Aimer son pays par-dessus toutes choses. — Entretien avec Desmazis sur l’amour et le devoir envers l’État. — Haine de Gênes et de la France. — Influence de Germanes et surtout de Boswell.

— Anglomanie. — Lettre de Théodore à Walpolc. — Les réfugiés de Gorgona. — Lettres à Paoli (12 juin 1789) et à Giubega. — Projet d’un ouvrage sur les maux de la Corse et de dédicace à Brienne, puis à Necker. — Corrections et lettres du Père Dupuy (15 juillet et leP août 1789).

— Refonte de l’ouvrage. — Hommage à Raynal. — Valeur historique et littéraire des Lettres sur ta Corse. — Eloge de Paoli. — Paoli, modèle de Napoléon.

Au milieu de ses études et dans l’exaltation où le jetait la lecture de Rousseau et de Raynal, le lieutenant Bonaparte restait Corse, Corse de cœur et d’âme, Corse des pieds à la tète. A cette époque, le futur souverain de la France, l’homme qui la saluera du nom de grande nation et qui prendra pour principe et devise la France avant tout, n’est pas Français; il méprise ces Français qu’il devait estimer par-dessus tous les peuples et proclamer le premier peuple de la terre; il refuse ce titre de Français qu’il déclare plus tard le plus beau titre du monde. Il se dit « obligé de servir », et il assure que s’il avait eu de la fortune, il aurait habité Paris en simple particulier, non pour jouir des plaisirs de toute sorte que la ville offre aux étrangers, mais pour mieux faire entendre aux Français les p-émissements des Corses!

Pourquoi Rousseau et Raynal sont-ils ses auteurs de prédilection? Parce qu’ils affectionnent la Corse et lui souhaitent

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