LI. Bollemont (p
Charles-Chonet de Bollemont, né à Arrancy (Meuse) le 20 janvier 1749, aspirant au corps royal de l’artillerie (12 février 1764), élève surnuméraire (16 juillet 1766) et titulaire (31 janvier 1767), lieutenant au régiment de Metz (28 mai 1767), capitaine (3 juin 1779), chef de bataillon au 4° régiment d’artillerie à pied (1er novembre 1792). 11 était, a-t-il dit lui-même, en 1792, à toutes les attaques de l’avant-garde de l’armée des Alpes, et sa vue, particulièrement l’œil droit, s’affaiblit dans celte campagne. Directeur du parc de l’année du Nord, il sauva, de concert avec Boubers et Songis, l’artillerie qui se mit en sûreté à Valenciennes. Chef de brigade le 15 août 1793, et chargé de commander en second l’artillerie de l’armée qui devait vaincre à Wattignies, il obtint, après le débloquement de Maubeuge, le grade de général de brigade (25 octobre 1793). Destitué comme noble (3 février 1794), mais rappelé au service presque aussitôt en qualité de commandant en chef de l’artillerie de l’armée de la Moselle (6 mai 1794), nommé général de division (8 mai .1794), employé sous les ordres de Jourdan qui se souvenait de Wattignies, il rendit de grands services au siège de Charleroi, à la bataille de Fleurus, et à la prise de Maastricht. Aussi Jourdan lui donnait-il les notes suivantes : « Officier général du premier mérite dans la partie de l’artillerie, capable d être auteur
et de donner les plus grands renseignements sur tout ce qui a rapport à cet art, professant le patriotisme le plus pur et les mœurs les plus austères ». Fait prisonnier de guerre à la reddition de Würzbourg (6 septembre 1796), Bollemont fut nommé, lorsqu’il revint en France, inspecteur général de l’artillerie. Choisi en l’an VIII p our commander la place de Brest, il refusa cet emploi. En l’an X il alla siéger au Corps législatif où il représentait le département de la Meuse. Retraité (9 juin 1803) et promu chevalier (26 novembre 1803), puis officier de la Légion d’honneur (22 novembre 1804), il mourut à Arrancy, son village natal, le 17 décembre 1815. II est peu connu, mais, comme dit la Galerie militaire de l’an X, il doit être placé parmi ces hommes utiles qui tracent les plans, choisissent les positions, veillent à l’attaque et à la défense, qui à la fois dirigent et exécutent, obéissent et ordonnent, qui ne doivent une mention qu’à la reconnaissance du général en chef, lequel oublie trop souvent de rendre justice au zèle et aux talents des officiers du génie et de l’artillerie.