CI. Davin (p
Jean Davin, né à Barratier (Hautes-Alpes) le 15 février 1749, canonnier au régiment de Grenoble (15 novembre 1766), sergent (1er février 1775), sergentmajor (26 février 1789), adjudant sous-officier au 3e bataillon de la Drôme (17 novembre 1791), adjudant-major (20 mars 1792) au même bataillon, lieutenant en second au 4e régiment d’artillerie (1er juin 1792), premier lieutenant (20 décembre 1792), capitaine en second (par un brevet du ministre qui ne porte pas de date), chef de bataillon des volontaires de la Drôme (24 juin 1793), général de brigade (23 décembre 1793) « ensuite de ses services distingués pendant le siège de Lyon où il fut obligé de remplir à la fois les fonctions d’officier supérieur d’artillerie et de commandant de colonne d’infanterie », employé aux armées des Pyrénées-Orientales et d’Italie jusqu’au 19 juin 1797, puis à l’armée de Naples par ordre du général Championnet (25 juillet 1799), passé dans la 7° division militaire en l’an YIIÏ, nommé commandant de la place de Fénestrelle (19 décembre 1800), retiré dans ses foyers (1er juin 1801), admis au traitement de non-activité (23 septembre 1801), destiné à un commandement d’armes tout en conservant le traitement d’activité (27 août 1803), commandant d’armes en Italie (3 octobre 1803), exerce ses fonctions à Modène, puis à Palma-Nova, obtient sa retraite le 19 mai 1808 après quarante-deux ans dix mois vingt-quatre jours de services et huit campagnes, meurt à Paris le 17 décembre 1819.
Cil. Fugière (p. 228).
Jean-Urbain Fugière, né le 8 février 1752 à Valence, soldat su régiment de Barrois (22 mai 1770), caporal (15 février 1773), sergent (25 avril 1775), sergent-major (20 juin 1781), congédié (15 avril 1784), élu capitaine au 3° bataillon de la Drôme (12 octobre 1791 , chef de bataillon (4 août 1793), chef de brigade (13 juin 1795), commandant de la '18e demi-brigade de ligne (en mai 1796), général de brigade (23 mars 1798), blessé à Aboukir et amputé du bras gauche, nommé au commandement en chef de la succursale des Invalides à Avignon (3 juin 1801) et du département du Vaucluse (18 février 1812), mort à Avignon le 17 décembre 1813. Sa veuve reçut (30 décembre 1813) une pension de 1 200 francs dont la moitié était, à sa mort, réversible sur sa fille. Le 29 novembre 1801, le premier consul avait adressé à Fugière, en le nommant à la succursale des Invalides, ce billet inédit : « J’ai reçu, citoyen général, votre lettre de la quarantaine. Au poste d’Avignon comme à la tête de la 18°, vous ferez toujours votre devoir avec honneur et d’une manière distinguée; comptez sur mon estime et les sentiments que j'ai pour vous. »
NOTES ET NOTICES
CIII. Lettres de Paoli au ministre de l’intérieur Delessart sur l’insurrection de Bastia.
Deux jours après mon arrivée dans cette ville, ils s’y sont rendus aussi, tous les membres du Directoire et du Conseil général, pour se concerter sur les mesures à prendre afin que la révolte de la Bastia n’ait des suites hors de l’enceinte de cette malheureuse ville et pour aviser aux moyens les plus sûrs pour en punir les auteurs.
J’avais expédié, monsieur, une personne de ma confiance, aussi bien que de celle de M. Rossi, pour être bien assuré de ses intentions et de la disposition des troupes de ligne, et pour lui dire que, s’il était en son pouvoir, il était de toute nécessité qu’il fit entrer dans la citadelle avec des vivres la plus grande partie de sa garnison, ayant eu des intelligences sûres que les mutins voulaient s’en emparer pour en faire le rendez-vous des séditieux, comme la ville était le foyer du fanatisme. M. Rossi me mande par la même personne et par sa lettre du 14 de ce mois que déjà la citadelle est à l’abri de tout attentat et que lui-même était informé des mauvaises intentions des gens de la Bastia. D’après cette précaution, il ne sera plus difficile à messieurs les administrateurs du département de soumettre aux lois cette ville. Ils vous informeront de leurs résolutions à cet égard, et d’eux vous aurez aussi, Monsieur, les détails circonstanciés de l’insurrection. Quant à moi, je vous prie de me permettre d’insister toujours qu’il nous faut, au moins un quatrième régiment, car les mécontents de notre heureuse Constitution, pour effrayer le peuple, ne cessent jamais de répandre dans l’île des bruits et faux rapports d’une guerre civile dans l’intérieur de la France, et pour encourager leurs partisans, ils assurent de même une ligue de tous les princes de l’Europe intéressés à détruire la liberté de notre monarchie. Pour frustrer leurs projets perfides et pour en imposer davantage, il faudrait encore que quelques frégates fissent des apparitions de temps à autre devant les ports de l'ile.
En attendant, Monsieur, je vous prie d’agréer les assurances du sincère et respectueux attachement avec lequel j’ai l’honneur d’être,
Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Paoli.
Corte, le 16 juin 1791.
Monsieur,
Je m’empresse de vous annoncer que je suis entré aujourd’hui dans cette ville avec nombre de gardes nationales de l’intérieur de l’ile. La nuit précédente, celles du district d’Oletta en avaient occupé les forts extérieurs et tous les environs, et ce matin, à une lieue de distance, le général commandant de la troupe de ligne est venu à ma rencontre avec une compagnie de grenadiers pour m’aSsurer que les habitants effrayés n’auraient osé de faire aucune opposition.
Ceux de la municipalité qui se croyaient les plus coupables et qui n’avaient voulu se présenter devant le Conseil général du département comme leur avait été ordonné, voyant qu'il ne leur était plus possible de porter le peuple à faire résistance à la nation, s’étaient sauvés sur une felouque, et sur des bateaux, plusieurs autres de leurs complices. On apprend qu’ils sont tous arrivés à Livourne; les autres qui n’ont pu trouver les memes moyens pour s’évader par mer, se sont retirés et cachés sur les montagnes des environs.
Messieurs les commissaires du Conseil général du département vous donneront, après, les détails circonstanciés de toutes leurs opérations et mesures
qu’ils seront obligés de prendre pour affermir à l’obéissance des lois cette ville qui les a blessés avec tant de scandale. J’aurai toutes les peines du monde à empêcher que la nation ne tombe sur elle pour la ruiner de fond en comble afin que ses décombres soient un monument éternel de l’indignation publique contre ceux qui s’opposent à notre heureuse Constitution.
Permettez-moi, Monsieur, que je vous réitère les assurances que je vous ai données d’Ajaccio et que je vous prie de les mettre sous les yeux de Sa Majesté. La totalité de la Corse, malgré les insinuations et les intrigues de quelques mécontents, aime les lois qui assurent la liberté de la monarchie; elle est fidèlement attachée à la personne sacrée du roi qui les a sanctionnées et les protège.
J’ai l’honneur d’être avec les sentiments du plus sincère et respectueux attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Baslia, le 24 juin 1791.
Paoli.
Monsieur,
A Baslia, le 30 juin 1791.
Me trouvant dans cette ville avec les gardes nationaux de l’intérieur de l’ile pour la soumettre à l’obéissance des lois et de la Constitution, on m’a cejourd’hui à l’heure de midi remis de Saint-Florent les dépêches que vous avez envoyées au Directoire de notre département qui est maintenant à Corte. Informé d’avance par la voix publique de leur contenu, je les ai ouvertes. J ai voulu parler à l’instant au commandant de la troupe de ligne et à tous les officiers qui sont en garnison dans la citadelle. L’un et les autres m’ont protesté la plus sincère adhésion aux ordres de l'Assemblée nationale pour maintenir toutes les lois qui nous assurent la liberté et notre heureuse Constitution.
Ici sont cinq commissaires et le secrétaire général du Conseil du département. Nous avons fait traduire et imprimer sur-le-champ les deux décrets du 21 de ce mois pour les faire circuler dans l’ile, et je ne risque rien à vous assurer, Monsieur, que la totalité de la nation sera constamment attachée à la Constitution. L’évasion du roi aurait pu ébranler quelque esprit faible et aurait donné un peu de courage aux partisans séditieux de nos mécontents qui sont à Paris ; mais la nouvelle qui nous est arrivée depuis dans la journée et qu’on a eu soin de répandre immédiatement, que le roi avait été arrêté en chemin, les empêchera sans doute de se montrer ouvertement contre le gouvernement établi.
J’envoie cette lettre par un bateau du Cap Corse qui part ce soir pour Toulon, et vous en aurez le duplicata par le premier courrier ordinaire.
Je suis avec le plus sincère et respectueux attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Paoli.
Monsieur,
Bastia, le 16 juillet 1791.
L’objet qui m’a porté dans cette ville avec nombre de gardes nationales, me parait rempli : elle ne peut plus refuser obéissance aux lois. Les plus coupables s’étaient évadés par la voie de mer avant mon entrée, comme j’eus l’honneur de vous en informer par mes lettres précédentes. Les commissaires du Département ont jugé à propos d’en faire arrêter plusieurs qui sont fort soupçonnés d’avoir été complices dans la révolte, et, pour prévenir les ulté-
NOTES ET NOTICES
rieurs attentats des malintentionnés, ils ont cru aussi expédient de désarmer le peuple, trop susceptible d’être la dupe des fanatiques.
Pour mettre la nouvelle municipalité en état d'entretenir le bon ordre dans la ville, on y laisse 150 hommes des gardes nationales de l’intérieur, lesquels, en cas de besoin, pourront se réunir aux troupes de ligne pour la défense de la forteresse.
L’évêque du département est arrivé dans cette ville et y a été assez bien accueilli. Ainsi, tout paraissant calme pour le présent et la commission ayant presque terminé ses opérations, je me décide, Monsieur, à me retirer dans un point central de l’ile pour y soigner ma santé et pour y être mieux à portée de veiller au maintien du bon ordre et de la tranquillité générale du pays, que je regarde comme bien affermie, et j'ai lieu de vous assurer qu’aucun parti ne sera en état de lever la tête contre la Constitution.
J’ai l’honneur d’être, avec le plus sincère et respectueux attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Paoli.
CIY. Élections de la Corse à l'Assemblée Législative (p. 235).
Le 13 septembre 1791, à Corte, dans l’église des ci-devant Observantins se réunirent les électeurs nommés par les assemblées primaires pour élire six députés à la nouvelle législature, la moitié des membres de l’administration générale du département, deux jurés à la Ilaule-Cour, et pour émettre leur vœu sur la fixation du chef-lieu du département et du siège épiscopal. Paoli fut élu président de l’assemblée par 340 suffrages sur 346.
Le 14 septembre, Joseph-Marie Pietri, membre du Directoire du département et électeur de Sartène, fut élu secrétaire. 11 y eut trois scrutateurs : Marius- Joseph Peraldi, Hyacinthe Arrighi et Joseph Simoni, de Sorio, élus respectivement par 327, 194 et 193 suffrages sur 356.
Le 17 commencèrent les élections legislatives qui durèrent jusqu’au 22. Félix- Antoine Leonetti fut élu par 198 voix sur 375;
Le 18, François-Marie Pietri, de Fozzano, par 203 sur 384;
Le 19, Charles-André Pozzo di Borgo, membre du Directoire du département, par 228 sur 378;
Le 20, Pierre- Jean-Thomas Boerio, président du tribunal du district de Corte, par 193 sur 377;
Le 21, Barthélemy Arena, de ITsle-Rousse, membre du Directoire du département, par 214 sur 368;
Le 22, Marius-Joseph Peraldi, d’Ajaccio, membre du Conseil général du département, par 173 sur 371.
Les suppléants furent nommés le 22 septembre : Benoit-François Panattieri, de Calvi, secrétaire général du Département, élu par 225 voix sur 371, et Ho noré-Marie-Regnier du Tillet, électeur de Bastia, élu par 242 voix sur 350.
Deux jurés à la Haute-Cour furent nommés le 23 septembre : Jean-Baptiste Tortaroli, juge au tribunal du district d’Ajaccio (193 voix) et Jacques Pasqualini, juge au tribunal du district de La Porta (216 voix).
Le 24 septembre commença l’élection des membres de l’administration du département; chaque district devait fournir deux membres au moins. Joseph Bonaparte, président du Directoire du district d’Ajaccio, et Dominique Moltedo, d’Ajaccio, furent élus; le premier par 192 voix, le second par 176 (sur 349).
Le 25 septembre furent élus, pour le district de ITsle-Rousse, Barthélemy Bonaccorsi, de Calenzana (324 voix) et Jean-Baptiste Leoni, de Palasca (261 voix).
Le 27 septembre, Furent élus Charles-François Carlolti, de Venaco (187 voix), et Antoine-Louis Poli, de Cervione (178 voix).
Le 28, étaient nommés à la pluralité relative : Jean-Dominique Saliccti, d’Oletta; Antoine-André Filippi, de Yescovato; Jacques Abbatucci, de Zicavo; Ange Chiappe, de Sartène; Marc-Antoine Ferrandi, de Pietra di Yerde; Jules- François Murati, do Borgo di Marana; Jean-Pasquin Giampetri, de Rostino; Jean-Bernard Arrighi, de Speloncato ; Jean-Quilico Casabianca, de Casabianca; Antoine-Paul Giacomoni, de Tallano; Barthélemy Arrighi, de Corte; Pierre- Antoine Baleslrini, d’Algajola; Jean-François Sabiani, de Zicavo.
Le 29, plusieurs membres proposèrent d'établir le chef-lieu du département à Corte et l’évêché à Ajaccio, et de partager les autres établissements publics entre les différents districts du département; 163 voix se prononcèrent pour Corte chef-lieu, et 162 pour Ajaccio siège de l’évêché.