Corr, Il
3. « Je n’ai aucun goût pour la musique purement instrumentale. La seule
mélodie vocale me semble le produit du génie. » (FH. Br., II, 97-98.)
Mademoiselle Cubly logeait tout près de chez lui, dans une petite rue sombre et tortueuse, la rue des Clercs, parallèle à la rue des Vieux-Jésuites. En ses « jours de grand courage », l’amoureux osait y passer : « le cœur me baïtait, je serais peut-être tombé si je l’eusse rencontrée 1... »
Or, un jour qu’il ne s’y attendait pas, Beyle rencontra Mademoiselle Cubly. Ce fut au Jardin de Ville, sur cette longue terrasse monumentale où les dévots du maître pourront encore aujourd’hui retrouver la précise image de son premier tête-à-tête avec une femme aimée ; car lui-même nous a dessiné le croquis le plus exact ? de cette mémorable entrevue.
Il se promenait seul, un matin, du côté de la rue Montorge, à l’ombre des grands marronniers, « pensant à elle, comme toujours ». Soudain, il la vit apparaître à l’autre bout de la terrasse, vers l’Isère. Elle venait à lui. « Je failis me trouver mal, dit Beyle,.… enfin je pris la fuite, comme si le diable m’emportait, le long de la grille 3...» Et il nous assure que, par bonheur, Virginie Cubly n’aperçut pas ce gamin qui détalait si bien, et qui devait lui donner une espèce d’immortalité.
Ce fut leur seule rencontre. Il ne la revit jamais d’aussi près, et bientôt il ne la revit plus. Elle quitta Grenoble : €. Pendant longtemps je ne pus plus aller au spectacle 4». Il souffrit.
Beyle ne devait point oublier de si tôt la première mattresse de son cœur d’enfant. « Durant de longues années » 5 les caractères usés des affiches théâtrales, où il avait lu si souvent son nom, lui resteront « chers et sacrés ». Et ül raconte qu’ ( en arrivant à Paris, en novembre 1799, la
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