‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 337 sur 369 · Première notice nécrologique, H. Br., II · texte numérisé non relu

Première notice nécrologique, H. Br., II

se fâcha, Bfeyle] donna sa démission, ce qui le brouilla avec M. Daru 1... »

Beyle embellit et simplifie les événements. Il semble vrai que, pendant les quelques semaines passées par lui à Grenoble, il vit et aima Victorine Mounier. Mais s’il retourne à Paris en germinal, c’est avec le plein assentiment de sa famille, et pour y vivre. Il reste pourtant exact qu’à cette même date l’ancien constituant Mounier et ses enfants s’y rendaient aussi, pour continuer jusqu’à Rennes, où Mounier était nommé préfet ?. Beyle arrive à Paris le 25 germinal (15 avril), et, un mois plus tard seulement, le 25 floréal, Victorine Mounier quitte Paris pour Rennes 3. Mais alors Beyle reste à Paris, et, s’il ne retourne point en Piémont, à son régiment, Victorine Mounier n’en est pas la cause 4.

Est-il vrai que le ministre se fâcha, parce que Beyle prolongeait indûment son congé ? Nous pouvons l’admettre, si nous voyons que Beyle data de Sasigliano, 17 thermidor an X, sa lettre de démission 5, comme s’ileût voulu faire croire qu’il était retourné à son poste. Mais Beyle ne donna point sa démission parce que le ministre se fâcha ; tout au plus a-t-1l pris prétexte des observations du ministre pour envoyer une démission à laquelle il était depuis longtemps décidé 6.

4. Id., 325. Il redit dans Henri Brulard (II, 34), où sa sincérité est plus probable : « Victorine Mounier, qui fut cause de mon abandon de l’état militaire et de ma fuite à Paris en 1803. »

2. Mounier était revenu d’exil en octobre 1801, et vivait dans le Dauphiné, quand il fut nommé préfet de l’Ille-et-Vilaine, le 13 avril 1802. (Rochas, Biog. de Dauphiné.)

3. Journal inédit. L’objection de M. Chuquet : « Mais Victorine avait quitté Grenoble pour Rennes et non pour Paris », n’est donc pas décisive.

4. Ou du moiïfs pas la première cause. Mais il est possible que la pensée de se faire aimer d'elle, entreprise impossible de Saluces ou de Savigliano, ait contribué à décider Beyle. Tout au moins a-t-il soin d’avertir son frère, dès le 17 prairial, qu’il sera « bientôt débarrassé de son uniforme », et en mesure de se « fixer à Paris ». (Corr., I, 27.)

5. Corr., I, 32. Il écrit dans son Journal : « J'ai donné ma démission au commencement de fructidor. » Beyle se trompe d’un mois.

6. L’année suivante, Beyle aurait pu, s’il l'avait voulu, reprendre l’uniforme, et cette fois pour rester aide de camp du général Michaud. Mais la littérature l’emporta ; Beyle refusa. « C’est encore un sacrifice fait à la gloire, écrit-il à Pauline ; et il ajoute cette maxime, de sa part surprenante : € Il faut un esprit de suite dans la vie. » (Corr., I, 68.)

Documents d’archives 1.

Au MINISTÈRE DE LA GUERRE :

19 Archives administratives (dossiers du personnel; registres des régiments).

20 Archives historiques (correspondance des armées ; emplacements des troupes ; historiques et dossiers des régiments).

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