‹ La jeunesse de StendhalChapitre 127 sur 288 · L. Cf. plus bas, p · texte numérisé non relu

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thie pour le goût de sa vieille tante ? Ou plutôt, malgré l'alexandrin, cette générosité héroïque et cette passion romanesque triomphaient-elles de tous ses préjugés ? Mais nous pouvons entrevoir scu^ement ce que pensait Beyle, en 1703 ou 1794, du théâtre tragique. Nous étudierons mieux ses goûts, quelques années plus tard, au moment où il lira Shakespeare.

Sa trouvaille de ce temps-là fut, avec Destouches, un livre sur lequel il mit un jour la main à Claix, et qui le « fit mourir de rire », bien qu'il parût très « vieux )>. — « La découverte de ce livre..., écrit-il, est peut-être la plus grande époque de ma vie ^. » Ce livre était Don Quichotte.

Il nous est bien difficile de savoir ce que Beyle, à pareil âge, put aimer dans le roman de Cervantes. Lui-même ne nous le dit point. La vérité symbolique du livre ne lui était guère accessible. Savait-il discerner dans les deux héros le double aspect de l'humanité ? Etait-il capable de comprendre la mélancolique figure de Don Quichotte, image ridicule et touchante de tous les idéalistes ? Ou pouvait-il aimer cette philosophie si désenchantée et si cruelle, qui lui aurait justement appris à se défier du romanesque? Et c'est là ce qu'il n'apprit point 2.

Sans doute a-t-il recueilli pourtant dans le livre quelques observations morales : « Que pouvais-je savoir sur ce cœur humain ? écrit-il ailleurs ^. Quelques prédictions tout au plus, accrochées dans les livres, dans Don Quichotte particulièrement, le seul presque qui ne m'inspirât pas de la méfiance... » J'ai peine à croire qu'il l'aimât pour ces graves leçons. Il nous l'a dit, Don Quichotte le « fit mourir de rire », et, quand il le recommandera plus tard * à sa sœur Pauline, ce sera seulement comme un

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