‹ La jeunesse de StendhalChapitre 199 sur 288 · Journal de Stendhal · texte numérisé non relu

Journal de Stendhal

;î. L'une des préférées de Beyle. (Voir //. Br., II, 138 ; Tlisl. de la Peint., 240-242, note.)

4. « Le pédantisme de Julie d'Elange me gênait... » (//. Br., II, 192-193.)

5. L'esprit qu'elles meltenl dans l'e.xpression de leur amour n'en est que le brillant vêtement. Si fatigants que soient les concetti de Juliette, elle ne nous en semble pas moins amoureuse.

BEYLE A l'école CENTRALE 277

Plus tard, beaucoup plus tard, c'est encore à leur ressemblance qu'il souhaite la femme de son cœur : un mélange réussi de tendresse et de passion, et le moins d'esprit possible, je veux dire de cet esprit ingénieux, vaniteux, maître de soi, à la française. Aussi préférera- L-il les Italiennes, qui ne connaissent que l'amour. Mais les premières Italiennes qu'il ait aimées, n'est-ce point Desdémone ou Juliette ^ ?

Contre de telles séductions, que pouvaient les froids raisonnements de M. Dubois-Fontanelle ? Il blessait au vif la tendre passion de son élève, et les amoureux ne pardonnent point. « Quand il blâmait Shakespeare..., je rougissais intérieurement ^. » Son enthousiasme n'en fut que plus fidèle. Bientôt, de tous ses livres, il ne garda plus que Shakespeare avec Saint-Simon ^. Eux seuls pourront lutter contre la passion exclusive des mathématiques, qui va saisir Beyle. Aussi le verrons-nous, en 1800, défendre jusqu'au désespoir et « jusqu'aux larmes » son grand poète méconnu contre les injures d'un copiste bel-esprit *.

Ainsi s'achevaient les études littéraires d'Henri Beyle. jVI. Dubois-Fontanelle y présidait sans les diriger. De plus

Page 1