ACTE 11, TABLEAU 111. 8l
l’appartement... elle ouvre la porte de la salle h manger... la -voila dans la bibliothèque... F.lle revient... (U a peu à peu gagné la porte de la chambre à coucher et se cache derrière la portière.)
MARTHE, entrant par la porte de dégagement et avec le plus grand
effroi.
Personne! et la porte de l’escalier fermée!... personne!
GR\NDCHAHP.
Mademoiselle...
MARTHE, reculant de terreur avec le flambeau qui tremble dans sa main jusqu'à la porte par laquelle est entré Granchamp. Ahl...je n’étais pas seule!
GRANDCHAMP
Votre terreur est grande, mademoiselle.
MARTHE
N’approchez pas! oh! n’approchez pas!
GRANDCHAMP
Ecoutez-moi, du moins I
MARTHE
Vous écouter, monsieur!... Comment êtes-vous ici? pourquoi m’y a-t-on retenue?... Et cette dame, cette dame, qu’est-elle devenue ! Ah ! vous le savez ! S ortez, monsieur ! non : c’est à moi à sortir...
GRANDCHAMP
Mademoiselle, vous l’avez vu, les portes sont fermées, la rue est loin d’ici... et dans ce vaste appartement il n’y a que vous et moi.
MARTHE
Ah!... je vous ai été livrée... livrée par cette femme!.,.
GRANDCHAMP
Mademoiselle...
MARTHE
Livrée! pas une croisée pour se précipiter! Oh! la mort! la mort ! [On sonne à la porte de l'escalier.)
GRANDCHAMP
On sonne !
Quelqu’un! je suis sauvée! {On sonne plus fort.) A moi! à mon secours! {Grandchamp s'est précipité sur Marthe et étouffe sa voix avec la main. Le bruit de la sonnette cesse. Menthe, s'échappant des mains de Grandchamp et se trouvant près du canapé sur lequel elle s'appuie.) Au secours! au secours! h moi! GRANDCHAMP, écOUtant.
Plus rien, on est descendu. Mais qui donc?...
HAUTHB.
Plus rien! on ne m’a pas etilendue! Je n’ai plus que vous! que vous seul, ■ô mon Dieul ne m’ontendrez-vous pas non plus? {On frappe violemment à la porte.)
MARTHE
Il m’a entendue I
JULES, en dehors.
Ouvrez 1 mais ouvrez donc!
MARTHE
iM. de Saint-Evremond ! Jules!
GRANDCHAHP.
De Saint-Evremond!
JULES
Ouvrez 1 ou je brise cette porte! ouvrez ! {Moment de silence.)
' Ouvrez donc !... (On entend du bruit : la porte cède.)