ACTE I, TABLEAU
pour vous. {j4percevant Jules.) Ah! monsieur Jules de Saint- Evremond, vous êtes ici !
JULES
Le bonheur de la surprise est pour moi, madame.
DE MORVAL, à part.
Je crois en effet qu’il n’en est pas fâché I
LA COMTESSE
Voici donc le grand jour ! le moment des vives émotions 1 Je suis sûre que le cœur vous bat!
M™" DE MonvAL, à mi-voix.
Ah! ma chère amie!... j’ai une peur affreuse que mon mari ne gagne.
LA COMTESSE
En vérité !
M“* DE MORVAL.
Je vous reçois dans un haras ; s’il a un succès, et ce sera le premier, nous logerons tous dans l’écurie.
M. DE MORVAL, Cil dehors.
Excusez-moi, général; je suis à vous dans l’instant.
LE GÉNÉRAL, en entrant.
Faites, baron, ne vous gênez pas pour moi, je vous en conjure. deMorval.) Madame... Ah! c’est vous, Grandchamp!
grandchamp.
Mon oncle, soyez le bienvenu.
LE GÉNÉRAL
Mon cher neveu, vous êies à bon droit très-fier dos succès de votre Fortunata ; mais aujourd’hui , pour lui disputer le prix d’honneur, votre jument va trouver on M'ctortons un adversaire digne d’elle, je vous on préviens. On achève sa toilette pour le conduire ensuite à son jockey. Quel corps souple ! Quelles jambes d’acier 1 quel feu dans les naseaux et dans le regard ! Méfiezvous, mon neveu, méfiez-vous I
M“* de MORVAL, has à la Comtesse.
Ma chère amie, votre mari me fait peur.
UN DOMESTIQUE, mystérieusement à Af“* de Morval.
Le coupé de madame la baronne l’attend à la petite porte du jardin.
M“* DE MORVAL.
Combien de temps pour aller au champ de course et en revenir?
LE DOMESTIQUE, haS.
Dix minutes.
M“® DR MORVAL, buS.
Bien. {A la Comtesse.) Mon amie, je vous emmène avec moi.
XA COMTESSB, bas.
Où?
M“® DE MORVAL, baS.
Vous le saurez.
LA COMTESSE, bos.
Du mystère ?
M“® DE MORYAL, baS.
Une séduction, un guet-apens, une trahison domestique. 3e vais corrompre le jockey de mon mari.
LA COMTESSE, baS.
Afin qu’il se laisse battre î
M“® DE MORVAL, boS.
De trois longueurs de chevaux. Je veux pour M. de Morval une défaite publique, humiliante, écrasante, qu’il ne s’en relève jamais. 11 en fera une maladie, mais il en revi,endra.
LA COMTESSE, boS.
Quelle idée!
M“® DE MORVAL, ba$.
, Silence! [Haut.) Général, vous connaissez monsieur de Saint- Évremond, un de nos bons amis.
LE GÉNÉRAL
Je remercie madame de Morval de nous avoir fait trouver ensemble chez elle, monsieur. [Le Général et Jules causent ensemble.)
LA COMTESSE, bas, à Af“® de Morval.
Quel beau triomphe il a obtenu aux dernières courses de Ghantillyl
m“® de morval.
Je sais que vous vous intéressez infiniment à ses succès.
LA COMTESSE
Oh! infiniment 1...
M“® DE MORVAL.
Pourquoi ne pas en convenir? il ne vous a presque pas quittée cet hiver ; chez la duchesse de Volnay, aux bals, aux soirées, dans nos réunions intimes même. J’ai cru un instant qu’il vous faisait la cour. Cela m’a fait peur, car il est charmant.
LA COMTESSE
Vraiment 1 vous en parlez avec un feu...
M“* DE morval.
Et VOUS avec une discrétion...
VOIX, dans la coulisse.
Laisse ! laissez-le 1 Lâchez les rênes !
LE GÉNÉRAL
C’est la voix du baron I