ACTE ni, TABLEAU V
*”• DE MORVAL, SC levant.
Mon Dieu, ne vous emportez pas, général. C’est précisément Ik ce que monsieur Jules a fait. '
LE GÉNÉRAL
Ilslse son battus ?
M”« DE MORVAL.
Ce matin.
LA COMTESSE, toujours assisB, à part.
Ahl mon Dieu I
M”® DE MORVAL.
M. de Morval en allant à neuf heures chez M. de Grandchamp pour lui demander des renseignements sur une affaire qui fait grand bruit dans tous les journaux... une société nouvelle de dix personnes, au cafiital d’un million... une espèce do tontine... d’assurance sur la vie., je ne sais... je ne comprends rien à tout cela... M. de .Morval, dis je, a trouvé M. de Grandchamp dans son lit, grièvement blessé d’une balle à l’épaule.
LE GÉNÉRAL
Blessé? c’est bien fait, j’espète qu’il profitera de la leçon. Rien de danjgereux cependant?
' M“* DE MORVAL.
Non.
.LA COMEBSSE.
Et monsieur de Saint-Evremond?
M““ DE MORVAL.
Sain et sauf heureusement. C'est peut-être mal à moi de m’en féliciter en présence du malheur de son adversaire.
LE GÉNÉRAL
Mal? pourquoi donc?sa conduite est honorable et digne. J’aurais fait des vœux pour lui comme vous. Je le dirai h Grandchamp en face.
m“® de morval.
Général, si vou.« conservez dans vos nouvelles fonctions celle franchise qui vous va si bien, avant six mois vous serez mis 'au bail de la diplomatie.
LE GÉNÉRAL, SOUriont.
Je ne suis pas encore diplomate, madame...
M“® DE MORVAL.
On assurait que le Moniteur...
LE GÉNÉRAL
Le ministre m’a fait appeler... voilà tout... de là à ma nomination, il y a tout l’intervalle de la prétention au mérite.
LA COMTESSE, SB levant et venant à son tour en scène.
Ah ! mon ami, mon ami ! ceci est une venté moins vraie que ce que vous disiez tout à l’heure. On vous a fait des promesses
sérieuses. Pourquoi ne pas en convenir? Je né suis pas dans les secrets de mon mari , mais je les devine ; il compte avoir avant trois mois le titre de ministre plénipotentiaire. Aussi je ne serai nullement étonnée quand cela arrivera. .
UN DOMESTIQUE
La voiture de monsieur le comte.
LA COMTESSE
Tenez... il va faire sa cour au ministre... Suis-je bien informée ?
LE GÉNÉRAL
Peut-être. Laissez-moi croire cependant , ma chère Amélie, que malgré votre pénétration, j’aurai encore le plaisir de vous causer une surprise. ( Il lui baise la main. — Saluant JM'”® de Morval.) Madame... {Il sort.)