SCÈNE I
BLAVIGNY, SAINVILLE, LE CHEVALIER PAUL, à table. {Au lever du rideau des éclats de rire bruyants et prolongés retentissent dans la salle du festin.)
LE CHEVALIER, dcbout, UH Verre de champagne à la main.
Baron de Morval, portez une santé, portez-en deux, trois, dix, je vous ferai raison jusqu’au bout.
SAINVILLE, debout.
Et à moi, chevalier Paul, à moi aussi! Je commence: Aux actionnaires présents et passés. [Il boit.)
BLAVIGNV.
A vous, monsieur de Sainville, à vos maîtresses !
SAINVILLE
Bien dit, vicomte! voilà parler! {Jl descend en scène ainsique Blavigny et, plus tard, le chevalier Paul.) J’aime mieux ça que les toasts compassés du baron dé .Morval. llâlons-nous pendant que nous sommes jeunes; aimons, que celui qui n’a pas aimé aujourd’hui aime demain ; que celui qui aime aujourd’hui aime encore demain. La mort est là qui nous attend, aimons, buvons, voilà la vie.
BLAVI6NT.
C’est ce que chantait Horace.
SAINVILLE
Et Grandchamp au«si ! A propos, Blavigny, vous reveniez avec lui d’Orient quand son accident lui est arrivé; c’était la nuit; vous aviez donc une mer...
BLAVIGNY.
Affreuse, monsieur.
SAINVILLE
Et il était resté sur le pont?
BLAVIGNT.
Oui... la nuit... et il a disparu.