SCÈNE VI
toujours du courage! Nous avions toutes perdu la tête... Tu as été pour nous un sauveur !,,, si délicat dans tes soins pour ma mère, si ingénieux pour la préparer doucement à ce coup terrible!.., Je ne te dis rien, mais je sens bien tout ce que nous te devons. Oui, va, je te connais et je t'aime bien !... 0h! mais voilà que tu pleures à ton tour, je t'y prend: ! Lu ne pourras plus me gronder !...
NoëL, pleurant. C'est qu'aussi vous me dites des choses!.., (Se fächant.) Allons, allons, ne iw'attendrissez pas, ne m’enlevez pas mon énergie.
BLANCHE. Comment! tu ne veux pas que je te dise que je t'aime et que tu es bon?.., Eh bien! je te dirai que tu es très spirituel.
NoEL. Moi?
BLANCHE. Et que, malgré ton air niais et tes boucles d'oreilles...
NOEL. J'ai l'air niais?
BLANCHE. Oui.
NOEL. Ah!... Eh bien! m£lgré mon air niais et mes boucles d'oreilles, qu'est-ce que je sais faire ?
BLANCHE. Tu sais deviner des choses mystérieuses que personne ne devine... Tu lis dans la pensée, toi!
NOEL, souriant. Hein! qu'est-ce que cela signifie? Expliquez-vous.
BLANCHE. Non, non, je ne veux rien... je ne “eux rien dire de plus; je veux seulement te prouver que je te connais, que j'apprécie tout ce que tu fais pour nous et que je t'aime bien,
NOoEr, Mais enfin, il faut...
BLANCHE. Assez, assez!... Maman m'attend pour aller l'église, Adieu! (Revenant à la
me.
PA
[al
gauche de Noël, et tout bas.) Tu n’en as parlé à personne, Noël, n'est-ce pas ?
NoEL, avec malice. De quoi donc ?
BLANCHE. De tes découvertes,
5 NoEz. Non...
BLANCHE. Oh! je t'en prie, sois discret !... Si maman se doutait... elle serait encore plus triste... Et puis, moi, Noël, j'ai ma dignité !...
No. Et puis, enfin, ce n’est peut-être pas
10 vrai.
BLANCHE, vivement, Oh! que si.
NOEL, de méme. Ah!... vous avouez donc ?
BLANCHE. Rien..., rien... Adieu, Noël, adieu !
Elle sort et la porte se referme,