SCÈNE IX
vois! je la vois!... Oh! comme elle est pâle!... comme elle est changée, ma pauvre mère !
Il pleure.
NOEL, allant à Adrien et l’entraînant loin de la
fenétre. Et moï aussi, je suis bien changé... mes
pauvres cheveux sont presque tout gris.
ADRIEN. Quelle douleur ! comme elle n'aime, ma mère! Et ne pouvoir la tenir dans mes bras! l'embrasser... I] lui tend les bras de loin.
NOEL, qui s’est mis devant Adrien, se jetant dans ses bras. Embrassez-moi toujours, ça vous soulagera, (Adrien l’embrasse avec passion.) Tant que vous n'aurez rien de mieux à embrasser, tâchez de vous faire illusion. (Z1 passe à gauche, et Adrien se rapproche de la fenétre.) Grâce au ciel, le danger est passé! (Arrachant Adrien de la fenétre.) Mais “achez-vous donc !.., si elle se retournait...
ADRIEN. Cela me fait tant de bien de la suivre des yeux!... Noël, tu vas dire que je suis un monstre, mais cela me fait plaisir de me voir pleurer comme ça!
NOEL. Vous n'êtes pas dégoûté !... Mais il ne s'agit pas d'être heureux, il faut nous entendre... nous avons une heure devant nous... Mais non! qui est-ce qui vient là!... vite le verrou.
On frappe à la porte.
BLANCHE, au dehors. Noël!...
NOEL, bas à Adrien, C’est votre sœur !
ADRIEN. Blanche!
BLANCHE. Noël!...
NOEL. Ah! bah! à cet âge-là, on «à de là force pour: le bonheur... Laissez-moi seulement la prévenir... cachez-vous derrière la rideau,
Il indique lu fenêtre,
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BLANCHE. Ouvre donc !
NoEz. Voilà! voilà!