NOEL, ADRIEN, BLANCHE
ADRIEN (debout sur la fenétre). L'amour a des ailes.
BLANCHE (allant à Adrien). Ah! te voilà!
NoEL (de même). Ah! vous voilà!
BLANCHE. Quelle imprudeuce!
NoëL. Quelle folie! (Z/s le ramènent en scène.)
BLANCHE. Sauter par là fenêtre!...mais maman pouvait te voir!
NoEL. Mais vous pouviez vous casser le cou!
ADRIEN. Tomber par la fenêtre. ..j"y suis habitué, c’est ce que je fais le mieux.
NoELz. Joli talent!
ADRIEN. Je n’y tenais plis! ®...elle était en face de moi...
BLANCHE. Nous n'avons pas le temps de t’écouter. (£lle le pousse vers la petite porte.)
ADRIEN (revenant à Noël). Elle pleurait...
NoEL. La folie est faite, n’en parlons plus...rentrez vite.
ADRIEN. Comme elle est cmbellie! la vrir en deuil...de moi! cela m’a monté la tête.#
BLANCHE. Mais va-t’en donc!
ADRIEN (résistant). Je te le dis, Blanche, si tous les maris qu’on pleure pouvaient voir leurs veuves en deuil d’eux-mêmes...
NoErz. Eh bien! qu’est-ce qu’ils feraient ?
ADRIEN. Ils ressusciteraient tout de suite.
NoEL. Et leurs veuves en mourraient. Rentrez vite,
ADRIEN, Mais comme vous m'aimez tous! mais je vaux done quelque chose ?
BLANCHE, ‘Tu ne vaux rien...Cache-toi; si mamun...
ADRIEN, Eh bien! quand elle me verrait... je suis sûr que la joie...
BLANCHE, La suffoquerait.
ADRIEN (passant & gauche). Je veux voir ma mère,
BLANCHE, Noël, tu l’entends, il veut la voir.
Noël, C’est d’une extravagance!...
BLANCHE, Tu ne la verras pas.
NoEL (lui barrant la porte du fond). Dussé-je employer la force, vous ne la verrez pas!
LANCHE, Sans cœur!
NoEL. Mauvais fils!
BLANCHE. Mauvais frère!
NoEL. Brutal!
BLANCHE, Marin!
NoEL. Savant!
ADRIEN. Oh! mais c’est odieux! Si on me maltraite comme cela, je m’en vais. J’aime mieux les sauvages,
NoEL (écoutant). Prenez garde.
BLANCHE, Mon petit frère, de grâce, encore un moment!
ADRIEN, Allons, puisqu'il le faut.
Norz, On vient!
BLANCHE (poussant Adrien dans la chambre). I] était temps!