SCÈNE XXI
NoEL, MADAME DES AURBIERS.
MADAME DES AUBIERS (à Noël). Ferme ls Porte,
Eh bien! Noël, on a des nouvelles de mon fils! NoEL (s/{upéfait). Ah! madame, qui est-ce qui
vous a dit une chose pareille ?
MADAME DES AURIERS. C’est Blanche
me eine D
mn —
NoEr. Mademoiselle Blanche à eu tort de vous dire ça...Ce n’est peut-être qu’un faux bruit qui vous donnera une fausse joie.
MADAME DES AUBIERS. Comment?
NoEL. Oui, il y a quelque chose... (Madame des Aubiers chancelle. Il la fait asseoir sur le fauteuil, à droite.) Et si vous étiez tranquille, si vous pouviez être tranquille, je vous dirais tout.
MADAME DES AUBIERS. Oh! Noël... vois comme je suis calme!
NoEz. Vous n’en avez pas trop l’air: au premier mot que je vous dis vous tombez...
MADAME DES AUBIERS. Je t'en prie, je t’en supplie... c’est un bonheur impossible; mais depuis une heure que Blanche m’a jeté cette idée en espérance, je l'ai comprise, acceptée... je...
NoEL (avec une fausse bonhomie). Alors, je peux vous dire la vérité.
MADAME DES AUBIERS. Oui, mon bon Noël, mon vieil ami... toute la vérité... Eh bien? ...
No. Voilà ce que c’est: un voyageur a débarqué ce matin au Havre, et ce voyageur a raconté, par hasard, qu’il avait rencontré dans ses voyages un jeune voyageur... avec qui il avait voyagé... et que ce jeune voyageur se nommait Adrien des Aubiers... Alors, on lui a dit que nous avions appris sa mort,
u’il avait péri à...vous savez... Mais non, a-t-il dit, c’est depuis cette affaire que nous avons voyagé ensemble, et il n’y a pas quinze jours que je l’ai laissé vivant et très bien portant. .
MADAME DES AUBIERS (ivre de joie). Où?
NoEz. Où?
MADAME, DES AUBIERS. Oui.
Noxz. À...(Apart.) Il me fandrait un nom de pays.
MADAME DES AUBIERS (exaspérée). Maïs où donc, Noël, où donc l’a-t-il laissé ?
NoEL (effrayé). En Perse!
MADAME DES AUBIERS (e” colère, se levant et passant à gauche). Ah! tu es absurde!... En Perse...ilya quinze jours... c’est impossible!
NoEz. Mais, dame! aussi c’est votre faute... vous me grondez, madame!... Vous en devinez plus qu’il n’y en a, vous me faites perdre la tête.”
MADAME DES AUBIERS. Noël!... Dieu! quelle idée!... Oh! mon pauvre cœur!...si cela était!... on l’attend?...
NoEL. Non, madame, non, ma parole d’honneur, on ne l’attend pas!...
MADAME DES AURIERS. Alors, il m’a écrit?
NoELz. Îl ne vous à pas écrit.
MADAME DES AUBIERS. Il t’a écrit à toi?
NoEz. Non, madame, pas lui... mais il m’est impossible de vous confier la lettre.
MADAME DES AUBIERS. Pourquoi?
NoEL. Parce que je ne l’ai point reçue.
MADAME DES AUBIERS (exallée). Ah! tu me fais mourir!... C’est par charité qu’il me torture ainsi... Pauvre homme...tu as raison, cette joie m’écrase. (Elle tombe accablée sur le fauteuil.)
NoELz. Madame...
MADAME DES AUBIERS. Laisse-moi... laissemoi...
NoEL (à part). Que faire?... Faut-il?...je vais les appele. (Z/ va à la fenétre.)
MADAME DES AUBIERS (se levant). Mais si on les avait trompés...s’il me fallait perdre cet espoir! Non, Blanche ne me l’aurait pas donné... la nouvelle est certaine. Oh! oui, j'en crois ina joie!... Cette joie délirante qui m’enivre est ru pressentiment, c’est une preuve!... Dieu ne permettrait pas cette sublime joie a une mère dont J’esufant serait au cercueil... Si je l’éprouve, crtte joie, c’est que mon fils est vivant... Oui, il vit, je ie sais, je le sens!