‹ La joie fait peur [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 40 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

toutes roses !... d’un si joli rose ?.… j'ai reconnu que c'était celles que. alors... je ne m'y attendais pas et cela m'a saisie; j'ai pensé que lui. ne les verrait jamais, jamais! et cela m’a fait tant de.mal que je me suis enfuie pour que maman ne me vit pas pleurer.

NOBL, en colère.

Oh! pour le coup, c’est de l’enfantillage!... Vous deviez bien vous attendre à cela, que diable! C’est une chose toute simple, et qui arrive tous les jours. On s'amuse à planter un arbuste avec quelqu'un, et quand le printemps vient, la personne avec qui. on l’a planté n’est. plus là..., on cueille les fleurs. sans elle. tout le monde connaît cela.…, il n’y a pas là de quoi pleurer. (11 pleure et se fiche.) Voyons, voyons! soyez donc plus forte, et songez que si vous n’y prenez garde, un nouveau malheur peut bientôt vous frapper. Oui, ma chère Blanche, je vous l'ai dit, votre mère m'inquiète, sa san'é ne se rétablit pas. Elle pleure des nuits entières; elle a, au moindre bruit, des palpitations qui la font rougir et pâlir à tous moments. Il ne faut pas nous faire d’illusion : si nous ne nous entendons pas tous pour la distraire, pour lui rendre un peu le désir de vivre, le chagrin la tuera.

: BLANCHE, Que faire, Noël? comment la guérir?

NOEL

Il faut d’abord ne pas sangloter à chaque instant, comme vous faites ; il faut lui trouver des occupations. la forcer à sortir.

BLANCHE

C’est ce que-j'avais fait, et déjà j'étais bien contente... Elle est avec l'architecte, ils ont parlé des travaux, les ouvriers viendront lundi. Je me réjouissais déjà de ce qu’elle avait consenti à tout ce que je lui avais demandé, lorsque j'ai aperçu ces malheureuses fleurs, et.

NOEL

Encore! Je ne veux plus qu’on prononce devant moi le nom de ces coquines de fleurs! Essuyez vite vos yeux et allez rejoindre madame... en courant... cela vous rendra vos couleurs... Et surtout cachez-lui bien «ue vous avez tant pleuré! Tâchez de lui sourire un peu, inventez quelque chose d’agréable.…; figu

rez-vous qu'un bon jeune homme, qui a l'air de pe pas penser à veus, vien 1out à coup vous demander en mariage.

BLANCHE

Un bon jeune homme?

NoBL.

Je pe parle pas de monsieur Octave.

BLANCHS, souriant.

Monsieur Oetave | NOBL.

A la bonne heure! le voilà, ce joli sourire qui était notre joie à tous. Il y a si longtemps” qu'on ne l'ayait vyl Spuries, sQuriez commé cela à votre mère... ; allez, allez, c'est ce qui peut lui faire le plus de bien.

BLANCHB,

Oh! tu e8 bon, Noël, tu me rends toujours du courage! Nous avions toutes perdu la tête. Tu as été pour nous un sauveur! si délicat dans tes soins pour ma mère, si ingénieux pour la préparer doucement à ce coup terrible! Je ne te dis rien, mais je sens bien tout ce que nous te devons, Oui, Ya, je te connais et je taime bien! Oh! mais voilà que tu pleures à ton tour, je t'y prends! tu ne pourras plus me gronder !.…

NOEL, pleurant. h C'est qu'aussi vous me dites des choses!.. (se facbant.) Allons, allons, ne m'attendrissez pas, ne m’enlevez pas mon énergie.

Comment! ty na veux pas que je te dise que je t'aime et que tu es bon?... Eh bien! je te dirai que tu es très-spirituel.

| NOBL

Moi?

BLANCHE. ‘ Et que, malgré ton air niaï$ et tes boucles d'oreilles... NOBL,

J'ai l'air niaia?

wi à. PEANOGR

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