SCÈNE XXIL
dame! Vous en devinez plus qu'il n’y en a, vous me faites perdre la tête.
MADAME DES AUBIERS
Noël! Dieu! quelle idée! Oh! mon pauvre cœur! si cela était! on l’attend?.… NOEL.
Non, madame, non, ma parole d'honneur, on ne l'attend
pas !.… MADAME DES AUBIERS.
Alors, il m’a écrit?
NOEL
Il ne vous a pas écrit.
MADAME DES AUBIERS
Il t'a écrit à toi?
NOEL, Non, madame, pas lui... mais il m'est impossible de vous
confier la lettre.
MADAME DES AUBIERS
Pourquoi ?
NOEL
Parce que je ne l’ai point reçue.
MADAME DES AUBIERS, exaltée.
Ah! tu me fais mourir! C’est par charité qu’il me torture ainsi... Pauvre homme... tu as raison, cette joie m'écrase. (Elle tombe accablée sur le fauteuil.) NOEL.
Madame...
MADAME DES AUBIERS
Laisse-moi... laisse-moi….
| NOEL, à part.
Que faire ?.. Faut-il? je vais les appeler. (11 va à 1a fenttro.)
MADAME DES AUBIERS, se levant.
Mais si on les avait trompés.. s’il me fallait perdre cet espoir! Non, Blanche ne me l'aurait pas donné... la nouvelle est certaine. Oh! oui, j'en crois ma joie! Cette joie délirante qui m'enivre est un pressentiment, c’est une preuve! Dieu ne permettrait pas cette sublime joie à une mère dont l'enfant se-
| Ed ; ?
rait au cercueil... Si je l’éprouve, cette joie, c'est que mon fils est vivant... Oui, il vit, je le sais, je le sens!