‹ La jolie parfumeuseChapitre 28 sur 53 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

RAVOLET, hors de lui.

Mon parrain! ah! mon parrain!

Qu’avez-vous fait de ma femme?

POIROT

Qu’avez- vous fait de sa femme?

BAVOLET

Je l’ai mise en voire main ;

Voyez ! j’ai la mort dans Tàme !..

Mon parrain ! ah ! mon parrain!

Qu’avez-vous fait de ma femme ?

POIROT

Qu’avez-vous fait de sa femme ?

BAVOLET

Le cœur tout plein d’espérance, Je quittais le cabaret.

POIROT

Nous quittions le cabaret!

Pensant à l’impatience De madame Bavolet !

POIROT

De madame Bavolet !

BAVOLET

J’ai trouvé la porte close !

Ma femm’ n’avait pas paru !

POIROT

Sa femm’ n’avait pas paru !

BAVOLET

Et j’ai crié : Rose ! Rose !

Personne n’a répondu !

POIROT

Personne n’a répondu.

BAVOLET

Mon parrain ! ah ! mon parrain !

Qu’avez-vous donc fait de ma femme ?

Etc., etc.

LA COCARDIÈRE, en passant, & Clorinde.

Sa femme? je ne sais pas ce qu’il veut dire..,,

BAVOLET

J’en ai la tête perdue !

Depuis ce moment je cours !

POIROT

Depuis ce moment, il court !

BAVOLET

Aux attardés dans la rue,

Je réclame mes amours!

POIROT

Il réclame ses amours !

BAVOLET

Et criant mon infortune,

Me sentant d’venir idiot !

poinoT.

Se sentant d’venir idiot !

Je marche au clair de la lune,

Avec mon ami Poirot !

poirot.

Avec son ami Poirot !

BAVOLET

Mon parrain ! ah ! mon parrain !

Qu’avez-vous donc fait d’ ma femme?

Etc., etc.

BAVOLET

Mon parrain, qu’avez-vous fait de ma femme?

POIROT

Oùsque vous l’avez mise, voilà la question?

CLORINDE

Mais, répondez donc, monsieur, qu’avez-vous fait de sa femme?

ARTHÉMISE et MADELON.

Oui, qu’avez vous fait de sa femme?

LA COCARDIÈRE

Mais rien, je no sais pas ce qu’il veut dire... Elle est chez lui, elle est chez toi... (criant.) Rue Tiquetonne, 86, au coin du Chat-qui-Pelotte.

BAVOLET

Allons donc, vous vous moquez !... Ah! Poirot, est-ce quo tes soupçons...

Quels soupçons?

BAVOLET

Rien !

LA COCARDIÈRE, A part, pendent que Bardot remonte.

J’en ai chaud!

BAVOLET, revenant, d’une voix calme d'abord, mai» que la colère envahit

peu à peu.

Écoutez... vous voyez comme je suis calme...

LA COCARDIÈRE

Nous sommes tous très-calmes.

BAVOLET

J’aime mieux que vous me disiez tout... Voyons, ma femme a été malade en route, n’est-ce pas? Il lui est arrivé un accident, hein? Elle est morte? Oui, j’aime mieux que vous me disiez cela que n’importe quelle autre chose... parce que l’idée que, cette nuit même, elle aurait pu être ici avec Ces femmes... (Mouvement de» femmes.) Que vous et elle m’auriez indignement trompé... Ah ! cette idée-là, mon parrain, cette idée-là me rend foui

LA COCARDIÈRE

Bavolct!

MADELON

Jeune homme...

ARTHÉMISE

Vous n’êtes pas aimable pour nous.

CLORINDE

Mais c’est égal. Monsieur La Cocardière, si vous avez désespéré ce pauvre garçon... c’est mal.

ARTHÉMISE et MADELON.

C’est très-mal!

LA COCARDIÈRE

Mais ce garçon ne sait pas ce qu'il dit... Il se sera trompé de rue... il aura trop bu à sa noce...

POIROT

Trop bu? Ah! permettez!... C’est moi qui le conduisais... et je ne suppose pas qu’un suisse il puisse s’éprendre de boisson.

BAVOLET

Ah ! certes, j’aurais défoncé toutes 1rs futailles de maître Ramponneau... que j’aurais le cerveau moins troublé !

LÀ COCARDIÈRE

Je vous disais bien... il a le cerveau... et j’ajoute, sur l'honneur, qu’à l’heure présente, sa femme doit être chez lui!... 11 sera parti avant notre arrivée... (Brun do marteau au dehors.)

BAVOLET

Quel est ce bruit?

POIROT

On dirait qu’on essaye d’enfoncer une porte ?

LA COCARDIERE, à porU

Les imbéciles! ils n’auront pas pu ouvrir! (Bout.) Ne faites pas attention, je sais ce que c’est, c’est...

CLORINDE

C’est sans doute Germain qui...

BAVOLET, remontant vers la porta.

Ah! c’est Germain qui...

LA COCARDIÈRE, barrant la porte.

Arrête !

BAVOLET

Je veux passer!

LA COCARDIÈRE

Bavolct, je te défends d’entrer là.

Pourquoi?... Pourquoi que vous lui défendez?...

LA. COCARDIÈRE

Mais .. parce qu’il y a du monde... et qu’il n’en faut quelquefois pas plus pour... déranger.

BAVOLET

Parce que... parce qu’il y a là une femme, n’est-ce pas? Eh bien, moi, je veux savoir si cette femme n’est pas la mienne, si cette femme n’est pas la traîtresse qui m’a abandonné... qui m’a déshonoré h première nuit de

mes noces!... (il ta pour se précipiter, la porte s’ourro. — Roso, en grande toilette, parait sur le seuil.) C’est elle !

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